Report : Netherlands Deathfest – Day 2

Netherlands Deathfest 2018

Le réveil nous tire d’un sommeil réparateur, et le jus d’orange nous aide à émerger. Une douche, et nous revoilà partis pour Tilbourg, avec l’intention de visiter un peu la ville. Nous apprenons également l’annulation de Vallenfyre et de Root, mais l’architecture imposante et le burger du restaurant dans lequel nous déjeunons nous console finalement un petit peu. Arrêt obligatoire au stand de merchandising, nous déposons nos achats au casier loué pour la journée et nous nous rendons directement devant la Mainstage.

Merci à Niels Vinck & Paul Verhagen pour leurs photos.

Devourment – Copyright : Niels Vinck

Devourment – Copyright : Paul Verhagen

 

DEVOURMENT
Le premier rang est uniquement composé d’un public averti. En effet, les rares passages de Devourment sont guettés par ses fidèles, et certains se sont déplacés des Etats-Unis pour assister à ce concert en particulier. Nous assistons donc aux balances, qui semblent réellement prometteuses, durant lesquelles Ruben Rosas (chant) se voit offrir une bière par un fan. L’homme arpente silencieusement la scène jusqu’à ce qu’il puisse tester son micro avant de partir pour ne revenir qu’au début du show. Et quel show… Alors que Chris Andrews (guitare) et Dave Spencer (basse) tiennent une rythmique au son monstrueux du début à la fin en bougeant pour montrer leur motivation, Brad Fincher (batterie) nous arrose de ses fameux gravity blasts. Ruben est tout simplement une machine à tuer, se courbant à peine pour pousser quelques une des hurlements les plus graves du Brutal Death sur les riffs Slam de ses compères. Malgré toute la puissance délivrée par le groupe, seul le premier rang semble réellement disposé à apprécier le show. Sur la moitié du set, un pit s’ouvre enfin pour faire honneur aux américains, mais il faudra attendre les derniers titres pour que la musique destructrice de Devourment fasse réellement effet à une Mainstage encore un peu endormie. Ruben nous demandera quel titre nous voulons entendre afin de permettre aux musiciens de se réaccorder avant de finalement nous dire qu’ils entament un morceau qui figurera sur le prochain album, qui est sensé sortir cette année. Chris en profitera pour arborer fièrement un masque de cheval sur ce titre. Le concert se termine, et les musiciens quittent la scène sous les applaudissements, alors qu’ils viennent de nous délivrer une performance exceptionnelle.

 

Rectal Smegma – Copyright : Niels Vinck

RECTAL SMEGMA

Alors que vient de se finir l’un des concerts les plus violents du festival, Rectal Smegma vient d’arriver sur la Patronaat. Vous n’avez jamais vu de Grindcore dans une église ? Eh bien moi non plus, mais maintenant c’est chose faite. La minuscule scène est plutôt propice à un jeu de scène Grindcore, avec des musiciens qui bondissent et bougent tout autant que le pit, mais je remarque que le line-up a quelque peu changé. Baard (basse) est passé au chant, et même si je peine à reconnaître les musiciens que j’avais vu lors de leur passage au Motocultor l’été dernier, tous assurent leur poste. Le chanteur s’excusera d’ailleurs d’avoir mélangé les paroles, hurlant “poo” au lieu de “poop”, déclenchant un fou-rire du public, mais le concert repart rapidement après une petite dédicace à un certain Ben pour le titre Fuckface. Le groupe trouve tout aussi étrange que moi de jouer dans une église, et en profitera pour ironiser un petit “Yeah, 666!” avant de reprendre leur rythmique torturée. Cependant je dois partir après quelques titres, la loi du running order obligeant le spectateur à se dédoubler ou à bien répartir son temps.

 

Nunslaughter – Copyright : Niels Vinck

Nunslaughter – Copyright : Paul Verhagen

 

NUNSLAUGHTER

La légende américaine Nunslaughter est déjà à l’oeuvre lorsque nous pénétrons dans l’enceinte de la Mainstage répandant un Death Metal rapide et malsain sur un public qui se contente d’observer. Malgré leur pause d’un an, les musiciens sont à l’aise sur scène, et n’hésitent pas à headbanguer en quasi-permanence sur des titres plutôt courts. Don Of The Dead (chant) est également très actif, profitant des parties rythmiques de ses camarades pour haranguer la foule qui peine à lui répondre par plus que des cris et des poings en l’air, mais ce dernier ira tout de même chercher un drapeau noir avec un crâne de bouc peint sur la toile pour afficher ouvertement les couleurs du groupe. La comparaison avec Legion, chanteur de Marduk, me viennent rapidement à l’esprit. The Mangler (basse) et Tormentor (guitare) semblent nés pour enchaîner un à un tous les classiques du groupe, alors que Wrath (batterie) blaste pour les accompagner. Le groupe finit par feindre un départ de scène, avant de revenir pour un titre rappel, I Am Death, qui sera retardé par un faux départ mais qui permettra finalement au public néerlandais de headbanguer une dernière fois en leur compagnie.

Setlist : Altar of the Dead – Fuck the Bastard – Black Horn of the Ram – God Has Lied – Three Nails, One Liar – Phantom – In the Graveyard – God – Hex – She Lives by Night – Power of Darkness – Cataclysm – It Is I – I Hate Christians – To a Whore – Emperor in Hell – Satanic Slut – Smell the Burning Churches – Raid the Convent
Rappel : I Am Death

 

Skinless – Copyright : Niels Vinck

SKINLESS
Nous profitons à nouveau d’un moment de battement dans notre running-order pour faire quelques emplettes reprendre une bière avant l’enchaînement qui va suivre. Un sampler de country débute pour annoncer l’arrivée imminente de Skinless qui vient nous présenter un set bien Old School. Leur Brutal Death fait immédiatement effet, et si les musiciens sont très énergiques, ils ne sont pas les seuls : le pit s’enrage dès les premières notes. Le très charismatique Sherwood Webber (chant) mène la fosse entière à la baguette, pendant que Noah Carpenter (guitare), Joe Keyser (basse) et Dave Matthews (guitare) nous déversent une pluie de riffs qui flirtent avec du Slam et du Death technique par moments. Sherwood, en plus d’être très expressif, sera plutôt comique ce jour là : il exterminera un bouquet de fleurs sur l’épaule de Joe, il plaisantera à propos des t-shirts du premier rang (“Skinless ? Ca a l’air cool dis donc !”) puis nous expliquera son amour pour Crowbar le logo figure sur sa casquette, mais surtout il hurlera comme un beau diable en arpentant la scène, passant d’un côté à l’autre en quelques secondes. A peine le temps de lancer un deuxième bouquet dans la fosse, qu’il remerciera le public, en nous expliquant à quel point nous sommes différents du public américain, surtout en terme de festivals. Le chanteur s’allonge alors, laissant les musiciens terminer le titre en cours, puis le set continue sous le matraquage de Bob Beaulac (batterie). Lors du dernier titre, Dave Spencer (Devourment) fait son apparition sur scène et Joe Keyser lâche alors son instrument pour aller s’amuser avec lui. Dave finira allongé sur scène, alors que Skinless termine un excellent set qui annonce un nouvel album d’une violence sans nom.

Setlist : The Optimist – Extermination of My Filthy Species – Tampon Lollipops – Deviation Will Not Be Tolerated – Savagery – Fetus Goulash – Skull Session – High Rate Extinction (Crowbar cover) – Foreshadowing Our Demise – Crispy Kids

 

Jig-Ai – Copyright : Niels Vinck

Jig-Ai – Copyright : Niels Vinck

 

JIG-AI

Après cette deuxième mandale spectaculaire de la journée, il est temps de laisser ses neurones de côté pour l’arrivée des tchèques de Jig-Ai. Le trio vient d’entrer sur scène lorsque je m’introduis tant bien que mal dans une Second Stage pleine à craquer, et ils nous envoient sans plus tarder leur Goregrind bien gras en pleine face. Buraak (basse/chant) aligne ses riffs en hurlant alors que son camarade Brain (guitare) headbangue en permanence en maltraitant son instrument. Je ne donne pas vraiment cher des peaux de la batterie de Kaspy, qui se font littéralement tabasser pendant les courts morceaux du groupe. Même s’ils ne sont que deux sur le devant de la scène, l’espace est bien rempli tant les musiciens sont motivés, et la fosse le leur rend bien à travers quelques slams et un mosh pit qui ne redescend que lorsque les tchèques annoncent leur morceau suivant. Le pit redouble d’intensité lorsque le nouvel album est annoncé, mais la chaleur ne redescend pas, et certains spectateurs lancent même des confettis, pendant que les trois compères continuent leur set, dont le son sera excellent de bout en bout.

 

Witchery – Copyright : Niels Vinck

 

WITCHERY

A peine le temps de souffler que Witchery prend d’assaut la Mainstage. L’introduction du dernier album retentit, et le groupe entame sa dernière tuerie intitulée True North. Le Black Metal poignant des suédois retentit alors dans la salle, tandis qu’Angus Norder (chant) déambule entre ses camarades. Son jeu de scène est accentué grâce à son costume et son maquillage fait effet sur un public qui contemple une fois de plus le show qui se déroule sous ses yeux. A ses côtés, Victor Brandt (basse), Richard Corpse (guitare) et Patrik Jensen (guitare) s’investissent pleinement pour rendre le show encore plus vivant. Des titres plus vieux, mais également plus martiaux sont introduits par le chanteur qui nous remercie également d’être venus avant d’être brillamment interprétés avec un son qui frôle la perfection, même lors des passages qui abusent de la double pédale de Christofer Barkensjö (batterie). Alors que le bassiste aide parfois pour les choeurs, la foule s’agite peu à peu, mais de manière assez modérée pendant que le show continue, explorant la large discographie du groupe. La fatigue nous gagne, et nous rejoignons le bar sur le côté de la salle afin de prendre un verre d’eau fraîche et ainsi terminer le concert, qui a visiblement été très apprécié par la fosse.

Setlist : Legion – True North – Nosferatu – Lavey-athan – Oath Breaker – Of Blackened Wing – The Storm – Witchkrieg – Restless and Dead – Awaiting the Exorcist – Witchburner – The Reaper

 

Guttural Secrete – Copyright : Niels Vinck

Guttural Secrete – Copyright : Paul Verhagen

Guttural Secrete – Copyright : Niels Vinck

 

GUTTURAL SECRETE
Un autre show plutôt attendu, du fait de sa rareté, c’est celui des américains de Guttural Secrete. Je me laisse convaincre par les échos que j’en entends, et je me dirige vers la petite salle. La Second Stage est prise d’assaut dès la fin du concert précédent par le groupe menés par Jeremiah Blue Jensen (chant) qui est un véritable monstre. Sans parler de son torse entièrement tatoué, le frontman, qui s’appuie souvent sur un retour pour hurler au plus près du public, est une boule de charisme à l’état pur. Son imposante stature n’efface cependant pas les autres musiciens, entre lesquels il se déplace alors qu’ils débitent des riffs à la fois lourds mais dansants dans la plus pure tradition du Brutal Death/Slam Death. Michael Christian Fitzgerald (batteur) abat ses baguettes à une vitesse impressionnante, alors que Randall James Thompson, Ryan Wechta (guitares) et Bruno Macias (basse) enchaînent sans discontinuer des riffs tous plus gras les uns que les autres, mais plutôt courts. Le chanteur récupère une fan qui commence à slammer, puis encourage le public à faire de même, sans tenir compte des interdictions de la salle, puis lorsqu’un petit souci technique pointe le bout de son nez, il en profite pour présenter Ryan, dont c’est le premier concert au sein de la formation. La fin du set est composée de morceaux tout aussi violents, et qui causent de nombreux mouvements de foule.

 

1349 – Copyright : Niels Vinck

1349 – Copyright : Paul Verhagen

 

1349

Nous prenons le temps d’avaler un repas en vitesse avant de revenir dans la Mainstage pour le show de 1349. Ayant été déçu par leur prestation du Motocultor gâchée par un son abominable et un visuel pire que catastrophique, j’avais tout de même décidé de donner une seconde chance aux norvégiens. Et bien m’en a pris, car même si visuellement, c’est toujours aussi horrible à cause des lumières rouges qui sont allumées en quasi-continu, leur jeu de scène est quand même plutôt intéressant. Tous les membres bougent, et l’absence de Frost à la batterie (remplacé par Dominator à cause de la préparation de la tournée de Satyricon) n’impacte en rien le son, qui est bien meilleur que sur les terres bretonnes. Archaon (guitare) et Ravn (chant) motivent le public, tandis que Seidemann (basse) restera encapuchonné. Tous les titres passent plutôt bien, et la foule se contente d’assister, passifs, au show des norvégiens. Quelques spectateurs motivés essayeront de mosher un peu, mais cette tentative sera assez rapidement avortée. Je quitte donc la salle en m’étant réconcilié avec le groupe.

Setlist : Sculptor of Flesh – Slaves – I Am Abomination – Riders of the Apocalypse – Chained – Exorcism – Serpentine Sibilance – Atomic Chapel – Golem

BLOOD
J’entendais énormément de bien sur Blood, alors c’est dans la Patronaat que je me rends pour me caler sur un côté, espérant profiter du show pour me reposer un peu avant la grande messe. Cependant, les balances commencent à m’effrayer : un son brouillon, un chant assez linéaire et surtout des lumières pires que celles du show précédent à cause d’une dose de fumée beaucoup trop importante. Le concert commence, et malheureusement dès que Martin Witchskinner (chant) s’avance, annonçant “45 minutes pour défoncer votre âme”, il crée un larsen avec son micro. De leur côté, Satanic Taki (basse), Destroyer Eisen et Chuck (guitares) bougent comme ils peuvent devant une Patronaat pleine à craquer qui n’hésite pas à mosher et à slammer à chaque instant. Le Death/Grind du groupe est soutenu par les frappes régulières de Ventilator (batterie), mais leur son Old School que je trouve assez mal mixé par rapport au peu que j’en avais entendu sur album ne me séduit pas. Pourtant, les titres courts du groupe semblent faire mouche dans l’assemblée, et le fait que chanteur tende régulièrement son micro au dessus de la foule (sans larsens après quelques titres) aide beaucoup. Mais je ne resterai pas jusqu’au bout, je prends place dans la Mainstage en espérant rattraper cette petite déception.

 

Emperor – Copyright : Niels Vinck

Emperor – Copyright : Niels Vinck

Emperor – Copyright : Niels Vinck

Emperor – Copyright : Paul Verhagen

EMPEROR

Installé un peu avant le début du set, je remarque que la scène est plutôt sobre, malgré l’écran géant. L’entrée en scène d’Emperor est à la fois millimétrée et à la fois couverte d’applaudissements, les norvégiens sont ici pour nous jouer Anthems to the Welkin at Dusk, leur deuxième album, en intégralité, et c’est un son parfait, à l’exception des claviers lors des premières minutes, qui nous accompagnera tout au long de cette performance. Ihsahn (chant/guitare) maîtrise aussi bien son instrument que sa voix, claire ou saturée, mais ses compagnons ne sont pas en reste. Samoth (guitare) et Secthdamon (basse/choeurs) lui assurent un soutien indéfectible, alors qu’Einar Solberg (claviers/choeurs) s’occupe des orchestrations qui étaient déjà parfaites sur album, tandis que Trym Torson (batterie) assène des coups aussi précis que spectaculaires sur son kit. Oui, j’ai devant moi les pères fondateurs du Black Metal Symphonique, qui nous montrent entre chaque titre à quel point ils sont heureux d’être de retour à Tilbourg. Pendant les morceaux, les musiciens headbanguent seuls, et bougent assez peu, mais on retrouve le même comportement dans la fosse : personne n’ose mosher sur cette leçon d’histoire du Black Metal. Ihsahn et Samoth semblent réellement en transe, alors que Secthdamon ne cesse jamais de remuer la tête, comme possédé. Même lors d’un petit faux départ, le groupe semble serein, chacun connaissant ses notes sur le bout des doigts, et l’album qui fête ses vingt ans prend fin. Il est temps pour les norvégiens de nous offrir quelques titres supplémentaires, principalement issus d’In The Nightside Eclipse, mais également Curse You All Men! d’Equilibrium IX, qui est d’une violence incomparable en live. Lors d’Inno A Satana, le dernier titre, c’est une réelle furie qui s’empare de la fosse. Rares sont ceux qui ne headbanguent pas, l’atmosphère pesante et malsaine nous corrompt tous, et c’est sur un choeur d’une perfection rare que s’achève ce show dantesque. La fatigue nous gagne, et nous décidons de partir sur cet instant qui restera gravé dans nos mémoires.

Setlist : Alsvartr (The Oath) – Ye Entrancemperium – Thus Spake the Nightspirit – Ensorcelled by Khaos – The Loss and Curse of Reverence – The Acclamation of Bonds – With Strength I Burn – The Wanderer – Curse You All Men! – The Majesty of the Nightsky – I Am the Black Wizards – Inno a Satana

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