Review 2111 : Merrimack – Of Grace and Gravity

Merrimack rampe hors de l’ombre.

Créé en 1994 en Île de France par Perversifier (guitare), le groupe qui rassemble Daethorn (basse, Daethorn, Ritualization), Blastum (batterie, Dawohl, Grist, Nihïlanth, Ritualization…), A.K. (guitare, Decline of the I, Vorkreist) et Vestal (chant, Anus Mundi) fête ses trente ans avec la sortie d’Of Grace and Gravity, son sixième album, chez Season of Mist.

Sulphurean Synods nous emporte sans attendre dans son flot de noirceur dissonante où le vocaliste déverse toute sa haine sous une rythmique vive, mais ponctuée de quelques passages légèrement plus calmes, mais tout aussi entêtants. Le son se transforme peu à peu en complainte lancinante avant de revenir à des éruptions plus brutes qui nous mènent à Sublunar Despondency et à son approche très froide mais aérienne presque envoûtante qui explose de temps à autres avant de revenir à sa langueur ténébreuse oppressante sur laquelle le vocaliste devient presque mélancolique avant de laisser Dead and Distant Clamors revenir à des riffs plus agressifs. Une angoissante morosité s’installe lentement, drapant la composition dans son voile d’apathie martyrisée par une batterie changeante et des parties vocales morbides alors que Wounds that Heal nous propose immédiatement des mélodies plus accessibles sous une rythmique motivante. Le groupe tisse son contraste avec une maîtrise viscérale presque occulte en jouant avec les harmoniques que l’on retrouve à la fois dans la lenteur et dans les accélérations, puis c’est avec Starving Crowns que les musiciens vont nous hypnotiser dans sa toile léthargique relativement simple avant d’y placer d’autres éléments. Elle s’enflammera tout en conservant son atmosphère pesante, profitant de ses huit minutes pour faire varier l’intensité avant de laisser place à Under the Aimless Spheres où la rythmique se montre plus virulente dès le début. Le titre est ancré dans les racines Old School du groupe, ne nous accordant de repos que pour mieux nous piétiner par la suite avant de nous laisser contempler le final apaisant perturbé par les cris, puis par le début d’Embalmer’s Wine, la dernière composition, qui progresse à son rythme dans les ténèbres, d’abord accompagnée de douceur, puis recouverte de cette saturation pesante et lacérante qui sévira presque tout au long de cette instrumentale.

Le retour de Merrimack était attendu dans la scène française. Leur musique a certes évolué, autorisant plus de place aux harmoniques apaisées, mais c’est avec un contraste saisissant qu’Of Grace and Gravity sévit, laissant le groupe nous montrer à la fois leur rage et leur mélancolie.

85/100

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