Review 3083 : Casket – In The Long Run We Are All Dead

Casket a repris du service.

Cinq ans après l’EP signant son retour, le trio allemand mené par Schorsch (guitare/chant), Susi Z (basse) et Marinko (batterie) – soutenu par Neckbreaker Records – nous offre son cinquième album, In The Long Run We Are All Dead.

The Will To Comply attaque sans attendre à bonne allure, laissant riffs Old School et grognements caverneux faire leur œuvre et nous donner immédiatement envie de remuer le crâne avant de cracher son groove poisseux plus lent et presque lancinant. Le morceau est assez simple mais véritablement redoutable avant un final assommant qui nous projette finalement sur Highest Thrones ou la rythmique repart à toute allure, proposant des patterns saccadés accrocheurs et des harmoniques criardes à foison. On retrouve des influences Brutal Death assez grasses sur ce titre avant de s’accorder un temps de répit proposé par Mirrors, sorte d’interlude inquiétant ou une cloche d’alerte est sonnée avant de laisser place à Seeds Of Desolation qui entreprend de nous molester à son tour. La rythmique est toujours aussi puissante, plaçant ça et là des touches Death/Doom oppressantes dans les moments les plus lents alors que les éruptions de violence pleuvent sans prévenir, tout comme le final abrupt qui nous laisse avec Hammer, Knife, Spade et son introduction dissonante qui se change en vague de lourdeur écrasante. Les riffs s’enchaînent avec pour seul moment de répit ce break mystérieux qui relance rapidement la machine, puis c’est Skull Bunker qui prend le relai et s’offre de légères racines Thrash vives pour continuer le massacre en bonne et due forme. Les parties vocales restent assez régulières, assurant une continuité dans les tons malsains avant de faire place à une nouvelle pause nommée Necrowaves qui s’inscrit toujours dans un registre inquiétant, puis Mainstream Mutilation reprend la main et déverse son blast entêtant à diverses allures pour continuer dans la violence. Le morceau ne laisse aucune place à la pitié et reste très constant jusqu’à ce que Fundamental Rot ne prenne sa place, d’abord avec une intro angoissante, puis avec des riffs lents qui finiront par accélérer pour adopter un rythme de croisière assez soutenu et entraînant parfois ponctué de quelques sonorités plus criardes, comme ce final assourdissant. On embraye avec Strangulation Culture qui offre un ton presque enjoué propice aux riffs accrocheurs, mais les leads deviennent plus aériens vers la fin qui laissera place à la remuante Graveyard Stomper, composition parfaite pour le live qui ne manquera pas de générer séances de headbang furieuses et autres mouvements de foule pour énergiser un set, et clore l’album en beauté.

Le Death Metal a pris possession de Casket, permettant au trio d’aligner des riffs efficaces à travers cette nouvelle poignée de compositions. In The Long Run We Are All Dead sera responsable de nombreuses courbatures en ce début d’année.

85/100

English version?

Quelques questions à Schorsch, guitariste et chanteur du groupe allemand de Death Metal Casket, à propos de la sortie de leur nouvel album In The Long Run We Are All Dead.

Bonjour Schorsch et tout d’abord, merci beaucoup de m’accorder un peu de ton temps ! Comment décrirais-tu la musique de Casket sans utiliser les mots “Death Metal” ou tout autre sous-genre ?
Schorsch (guitare/chant) : Bonjour et merci de me recevoir . Je décrirais notre son comme une tentative de jouer du Metal d’une manière qui nous permette d’être brutaux sans prendre tout trop au sérieux lorsqu’il s’agit de déterminer à quel genre nous appartenons.

Casket” convient bien sûr parfaitement à un groupe qui joue du Death Metal, mais vous souvenez-vous comment vous avez trouvé ce nom et comment vous le reliez à la musique que vous jouez ?
Schorsch : Je sais que les critiques mentionnent parfois que le nom du groupe est présent plus de 50 fois dans la scène Metal, mais j’en doute. Il y en a peut-être une ou deux douzaines, ha ha ha. Et je jure que je ne savais pas qu’il existait d’autres groupes avec ce nom en 1990, lorsque ce nom nous est venu à l’esprit. Et bien sûr, c’est une référence directe à l’hymne de Death, Open Casket.

Casket sortira bientôt son nouvel album In The Long Run We Are All Dead, qu’en penses-tu ? As-tu déjà reçu des commentaires ?
Schorsch : Les retours des gens autour de nous ont été positifs dès le début – il n’y a pas vraiment de retours négatifs, bien sûr notre musique ne plaît pas à tout le monde, mais ce n’est pas le but. Les critiques que j’ai lues jusqu’à présent reflètent cela, pour l’instant je dirais que le nouvel album est bien accueilli dans le milieu. Il en va de même pour les réactions que nous avons déjà eues en jouant les nouveaux morceaux en live à différentes occasions.

Comment résumerais-tu l’identité de In The Long Run We Are All Dead en trois mots seulement ?
Schorsch : Marteau, couteau, pelle. (“Hammer, Knife, Spade” en anglais, traduction littérale de l’un des morceaux de l’album, ndlr)

Casket existe depuis plus de 35 ans maintenant, et vous trois êtes toujours restés fidèles au groupe. Quel est le secret de la longévité de Casket ? Avez-vous remarqué des changements entre aujourd’hui et les premières démos des années 90 ?
Schorsch : J’ai entendu dire que nous avions tous dû changer près de cinq fois l’ensemble de notre masse cellulaire pendant cette période, donc je pense que nous avons tous remarqué “certains changements” à tous les niveaux. Je ne parlerai pas de musique, car comme je l’ai dit plus haut, je ne pense pas que nous nous soyons trop creusé la tête pour réfléchir à l’évolution de notre son. Mais bien sûr, le groupe est un lien unique, avec des hauts et des bas, comme dans toute relation. Le changement le plus notable est toutefois que dans les années 90, nous traînions avec des canettes de bière à la station-service locale, alors qu’aujourd’hui, j’ai l’impression que nous passons la plupart de notre temps à faire des “choses normales de la vie”, mais chaque époque a ses clichés, ha ha ha.

Le son de Casket est ancré dans le Death Metal et les rythmes directs, mais quels groupes citeriez-vous comme vos principales influences ? Qu’est-ce qui a façonné le son du groupe au fil du temps ?
Schorsch : Bien sûr, le Death Metal est notre principale influence, car le groupe a évolué à une époque où nous sommes tous passés de groupes comme Slayer, Metallica ou Anthrax à des groupes qui n’avaient que quelques années de plus que nous (ce que je ne réalisais pas à l’époque), comme Entombed, Grave, Morbid Angel, Suffocation, Obituary, Cannibal Corpse, etc. Mais à l’époque comme aujourd’hui, nous écoutions différents genres de Heavy Metal, de Thrash Speed, de Rock ou de Punk.

Quelle est ta chanson préférée sur In The Long Run We Are All Dead, ou peut-être la plus difficile à réaliser ?
Schorsch : Il y a plusieurs chansons que j’aime jouer dans le nouvel album. Notre morceau Hammer, Knife, Spade semble plaire à beaucoup de gens et je l’aime beaucoup aussi. J’aime aussi Skull Bunker parce qu’il a été terminé à la dernière minute et qu’il faut vraiment un très bon son de monitoring pour le jouer en live…

Où trouvez-vous votre inspiration pour créer la musique et les paroles ? Y a-t-il un concept derrière In The Long Run We Are All Dead ?
Schorsch : Non, c’est juste une question de s’asseoir, généralement le soir ou le week-end, peut-être pendant les vacances, avec un peu de temps libre et la guitare à portée de main. Regarde le mot-clé “vie normale” ci-dessus, ha ha ha. Ce que présente musicalement In The Long Run est peut-être juste le résultat de ce qui nous est venu à l’esprit en termes de riffs après Urn il y a environ cinq ans, accompagné de quelques événements ici et là, comme dans le quotidien de tout le monde.

Pensez-vous vous être améliorés en tant que musiciens avec ce nouvel album ?
Schorsch : Je ne pense pas que nous nous soyons beaucoup améliorés techniquement, mais les chansons ont tendance à mieux s’enchaîner que sur le dernier album complet Unearthed et elles sont aussi agréables à jouer en live. Il semble donc que nous ayons réussi à ne pas laisser les choses empirer.

In The Long Run We Are All Dead est la deuxième sortie de Neckbreaker Records, comment se passe ce partenariat pour l’instant ? Comment êtes-vous entrés en contact avec l’équipe du label ?
Schorsch : Le contact a été établi par un bon ami à moi et j’ai apprécié l’approche du label, qui consiste à se concentrer sur la sortie d’albums de groupes peut-être moins connus, mais brutaux et techniquement remarquables. J’aime le soin apporté aux formats CD et vinyle, tout est numéroté à la main et livré dans une qualité irréprochable, c’est parfait. Le nouvel album, tout comme son prédécesseur, le mini LP Urn, s’accompagne de nombreux produits dérivés, tels que des t-shirts à différents motifs et des t-shirts à manches longues pour les jours froids.

D’après Internet (c’est-à-dire les réseaux sociaux et le site web setlist.fm), le groupe a récemment donné quelques concerts. Comment se sont-ils passés ? Aimeriez-vous en donner d’autres, par exemple dans le cadre de grandes tournées ?
Schorsch : Oui, nous avions organisé quelques concerts en Bosnie au début de l’année et en Croatie à la fin de l’année 2025. Trois concerts à chaque visite, avec beaucoup de plaisir et un mélange de vacances et de fête Metal, dans le style 50+, bien sûr. Cela dit, personnellement, je ne préfère pas faire de “grandes tournées”, mais nous aimons tous jouer en live et nous essayons de saisir toutes les occasions qui se présentent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an, tant que cela semble raisonnable.

Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de voir Casket sur scène. Comment vivez-vous un concert de votre point de vue ? Avez-vous des habitudes avant ou après le concert, ou une sorte d’échauffement ?
Schorsch : Avant le concert, j’essaie généralement d’aller voir les autres groupes jouer et je prépare le matériel pour qu’il soit prêt à être mis sur scène. Pendant le concert, je ne fais pas grand-chose d’autre que d’essayer de célébrer la chanson en cours dans les circonstances particulières. Après les concerts, je range le matériel, j’enlève mon t-shirt trempé, je prends une bière et je laisse la soirée se dérouler ou se terminer, ça dépend.

Quelle est la prochaine étape pour Casket ? En termes de musique, de concerts, peut-être d’autres projets en cours ?
Schorsch : La prochaine étape consiste à essayer de promouvoir davantage notre nouvel album, à obtenir d’autres concerts et, pour moi qui suis un geek dans ce domaine, à sortir le vinyle au printemps, espérons-le. Nous avons des projets en cours, mais rien de suffisamment sûr pour en parler. Cela concerne toutefois des concerts et un autre type de sortie, j’espère.

Tu te souviens de comment tu as découvert le Metal, et en particulier le Death Metal, à l’époque ?
Schorsch : J’ai découvert le Metal après avoir été en contact avec un groupe Punk allemand (mon premier concert était un concert local de Die Ärzte, ne rigole pas !) et l’ami de mon frère qui vendait des bootlegs et diffusait des enregistrements live d’Iron Maiden, Metallica ou Slayer. Mon premier concert remonte à 1988 (l’album And Justice For All de Metallica venait de sortir, et nous étions tous fans du groupe depuis un certain temps et écoutions tous les classiques). Juste avant d’acheter Killers de Maiden, ma mère a complété mon achat avec quelques vinyles de Jimi Hendrix et Scorpions. Puis un type que je connaissais et qui écrivait déjà pour un magazine m’a fait découvrir Beneath The Remains de Sepultura… et ensuite la vague “Old School Death Metal” a déferlé (voir ci-dessus), les choses ont suivi leur cours…

La bassiste Susi Z fait partie de Casket depuis le début, et le Death Metal a toujours été une scène avec très peu de femmes sur scène. Même si cela tend à changer un peu, avez-vous remarqué une évolution, en tant que groupe avec une femme dans votre line-up ? Que ce soit en tant que spectatrice ou musicien.
Schorsch : Il y a bien sûr eu une augmentation du nombre de musiciennes de Mtal au cours des 40 dernières années, mais cela reste un sujet de discussion, d’écriture ou de conversation, car cela est toujours considéré comme “spécial”, la société semblant interpréter le Metal comme un genre masculin, je ne sais pas. Donc oui, il y a une certaine évolution, mais elle est lente et laborieuse.

As-tu déjà entendu parler de la scène Metal française ? Y a-t-il des groupes que tu connais et que tu aimes ?
Schorsch : Pour être honnête, je n’entends pas beaucoup parler de votre scène dans mon milieu et je sais que certains de mes amis me gifleraient si je ne citais pas plus de groupes français. Mais j’adore vraiment jouer du vieux Massacra, c’est sûr ! Et il y a ce groupe plus Doom, Hangman’s Chair, que j’admire depuis leur premier album (même si j’ai entendu dire qu’ils avaient arrêté, mais je n’en suis pas sûr). Et j’aime beaucoup le Grind de Blockheads.

Y a-t-il des groupes avec lesquels tu aimerais jouer ? Je te laisse créer ton affiche de rêve avec Casket et trois autres groupes, même les réponses irréalistes sont acceptées.
Schorsch : Hm… Nous avons heureusement déjà pu jouer avec certains de nos héros. Mais bien sûr, il reste encore des concerts à faire avec Cannibal Corpse, Disharmonic Orchestra et Anthrax (la première formation avec Neil Turbin, bien sûr).

Dernière question amusante : à quel plat compareriez-vous la musique de Casket ?
Schorsch : À la soupe aux haricots serbe.

C’était ma dernière question, merci beaucoup de m’avoir accordé de ton temps et pour ta musique, je te laisse le mot de la fin !
Schorsch : Merci beaucoup pour ces questions intéressantes et pour ton soutien à Casket. J’espère que nous aurons l’occasion de venir en France pour faire la fête autour d’un bon verre de vin ou d’une bonne bière.

One thought on “Review 3083 : Casket – In The Long Run We Are All Dead

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.