Review 3089 : Sanctvs – De l’Abîme au Plérôme

Sanctvs reprend sa quête.

Après un retour pour un split l’an dernier, le groupe canadien mené par Mortheos (Gevurah, Atramentus, Oriflamme) signe chez Osmose Productions pour dévoiler son deuxième album, De l’Abîme au Plérôme.

Rex Hominum débute avec un son lent et lancinant qui trahit un mix très brut et Old School mis au service d’une introduction enivrante qui ne mettra pas longtemps à s’embraser en compagnie des grognements macabre de son concepteur qui déverse maintenant un flot de noirceur à bonne allure. On note tout de même un passage un peu plus chaotique et accrocheur qui vient briser le rythme imposé avant de repartir sur une touche dissonante mélodieuse plus naturelle ainsi que des moments majestueux plus solennels avant de passer à la furieuse Sacrifié sur l’autel de la rédemption qui prend la suite avec des harmoniques cinglantes, annonçant la nouvelle déferlante de fureur qui ne tarde pas à s’imposer à nous, mais on constante que le musicien se plaît à nous inonder de son blast assassin. Le chant devient également plus saisissant sous les frappes ravageuses, mais la charge finit par ralentir en laissant Thrène pour un monde révolu nous apaiser avec ses premières notes brumeuses qui se laissent entraîner une fois de plus dans l’ouragan ponctué de ces longs rugissements rauques qui lui donnent une allure encore plus désespérée. La tempête ralentit et nous offre un moment de recueillement particulièrement appréciable, puis tout s’embrase à nouveau autour de nous, nous laissant faire face à un paysage finalement désolé qui rejoint Tabula Rasa et son épisode de douceur salvateur, sans surprise effacé par la fureur de l’homme, qui ne se prive pas pour se déchaîner avant de libérer ses harmoniques sanglantes qui se joignent très naturellement à la déchéance qui règne. Bien que le titre nous accorde quelques instants de répit, il reste empreint de cette dynamique apocalyptique déchirante qui guide ses accélérations avant de céder sa place à Tour d’ivoire qui laisse ses riffs nous lacérer à leur gré dans cette atmosphère pesante et glaciale, alternant passages imposants plus lents et hurlements décharnés qui dansent ensemble jusqu’à La Lumière de l’infini, qui arrive somme toute assez vite. Ce morceau est déjà le dernier de l’album, et il ne manque pas de nous vomir ses ténèbres envahissantes dès ses premiers instants pour les laisser s’installer définitivement – même dans le semblant de répit qui nous est accordé – et nous précipiter vers sa propre chute : un final lugubre, assez vaseux et dissonant qui s’éteint peu à peu.

Bien que discret, Sanctvs nous offre un retour inattendu et en grande pompe pour ce nouvel album. De l’Abîme au Plérôme est un disque froid, austère et qui dépeint un paysage aussi étouffant qu’inhospitalier qui n’hésite pas à nous laisser parfois respirer pour mieux replonger dans sa noirceur.

90/100

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