Review 3094 : Profane Elegy – Herezjarcha

Profane Elegy entre dans la cour des grands.

Formé en fin 2021 par Mikael L (chant/orchestrations) et J Gulick (guitare/orchestrations, Void ov Nihility), le projet évolue avec l’arrivée de David G (basse/orchestrations) et Sean M (batterie). A l’aube de ses cinq ans, le groupe dévoile son premier album, Herezjarcha.

On débute sur l’énergique Exeunt Omnes, une première composition accrocheuse qui profite d’une vibe Old School assumée agressive à souhaits, que ce soit côté rythmique avec la fureur du blast ou les parties vocales qui déferlent également pendant que les leads deviennent de plus en plus chaotiques. Les vagues changent mais ne ralentissent pas la cadence à part sur ce passage aérien qui rejoint Haunted où l’atmosphère est sensiblement la même, profitant d’éléments virulents et cinglants pour renforcer sa violence brute tout en continuant de capitaliser sur une oppression qui se développe de plus en plus. On notera que l’angoisse est parfaitement retranscrite par les harmoniques avant de laisser place à The Accuser qui revient vers l’agressivité avec des touches groovy entraînantes, mais quelques claviers apparaissent également pour diversifier les sonorités et s’offrir des tendances plus majestueuses, renforcées par le chant clair. Après un final plus calme qui nous laisse un temps de répit, As My Heart Turns to Ash prend sa place et revient proposer ses riffs tranchants suivis de mélodies enivrantes, presque même apaisantes et qui créent un contraste important avec les rugissements malsains, mais qui annoncent le break en son clair qui s’embrase finalement pour affirmer ses influences Doom massives. I AM transpire ensuite la vindicte, que ce soit dans les moments les plus vifs et sanglants comme les premiers riffs ou les passages renforcés par les orchestrations, puis c’est avec une touche plus dissonante que Immutable lui emboîte le pas tout en développant des patterns vifs et fédérateurs qui nous donnent envie de remuer le crâne. Le groupe se rend à nouveau dans la lourdeur pour clore ce titre, puis dans une certaine mélancolie pour débuter And Then We Are Gone, teintant d’une douceur aérienne ses riffs, même lorsque la saturation revient assombrir le tout de son voile glacial à laquelle l’allure alanguie colle parfaitement. Bien qu’assez court, le morceau reste en tête, cédant sa place à Herezjarcha, composition éponyme qui clôture l’album et nous expose tout à tour à la douceur, à des riffs complexes, puis à la folie pure, et enfin à cette quiétude finale solennelle aux accents mystiques.

Bien loin de s’enfermer dans un Black Metal virulent qu’il maîtrise pourtant à merveille, Profane Elegy choisit la diversité et n’hésite pas à inclure dans les riffs d’Herezjarcha des touches bien plus aériennes ou imposantes ! Un vrai délice.

90/100

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