Review 3109 : Mayhem – Liturgy Of Death

Mayhem nous aura fait attendre sept ans.

Il y a bien sûr eu quelques sorties, mais ce n’est qu’en 2026 que Necrobutcher (basse), Hellhammer (batterie, Arcturus, The Kovenant, ex-Dimmu Borgir…), Attila Csihar (chant, Sinsaenum, Tormentor…), Teloch (guitare, Nidingr, The Konsortium) et Ghul (guitare, The Kovenant, Veile, ex-Cradle of Filth) dévoilent enfin Liturgy of Death, leur septième album.

Ephemerial Eternity nous ouvre lentement les portes de cet album avec un son lointain et angoissant mais qui se rapproche pour finalement laisser les premiers riffs nous envelopper en compagnie de choeurs avant de s’embraser comme on l’attendait, accompagnant les grognements macabres d’Attila. On retrouve également la participation de Kristoffer “Garm” Rygg (Ulver, ex-Arcturus, ex-Borknagar) sur ce premier titre majestueux mais oppressant qui ralentit pour se montrer un peu plus dissonant puis accélère à nouveau pour rejoindre Despair où le son s’épaissit pour donner naissance à de nouveaux choeurs aériens puis revenir à la violence brute. On notera des harmoniques glaciales sur ce morceau ainsi que des passages terrifiants où des voix sortent de nulle part mais aussi des envolées théâtrales du vocaliste avant que Weep For Nothing ne nous mette face à une brutalité Old School couplée à des leads perçants, presque même étincelants par rapport à la rythmique furieuse. La rythmique s’apaise un peu tout en restant menaçante, puis elle fait place à Aeon’s End qui se montre plus imposante et nous rappelle les morceaux les plus étouffants de leur discographie, s’offrant même quelques mélodies ténébreuses avant de laisser Funeral of Existence débuter avec une touche plus mélancolique. Elle ne disparaîtra jamais totalement, mais privilégiera une retraite dans les harmoniques froides pour laisser la violence s’exprimer à travers riffs et vociférations pour nous mener à Realm of Endless Misery qui explose littéralement d’un seul coup et s’abandonne aux arcanes les plus obscures. Des rugissements venus des profondeurs accompagnent le groupe qui ralentit soudainement pour mieux nous captiver avant de revenir à son rythme de croisière, mais Propitious Death lui emboîte le pas avec une approche très saccadée un peu folle et accrocheuse qui lui permet de s’aventurer dans la lenteur, mais aussi dans des passages bien plus virulents. On continue sur la même lancée avec The Sentence of Absolution et ses leads cinglants qui se heurtent à une base impénétrable où blast et riffs se répondent tout en embrumant notre esprit dans leur danse malsaine qui finit par se perdre et rencontrer des percussions rituelles qui mettront progressivement fin à l’album.

Comme si nous n’avions pas eu assez de noirceur, certaines versions physiques limitées de l’album présentent en fermeture le morceau Life Is a Corpse You Drag, titre aux hurlements viscéraux qui ne se prive pas pour nous envelopper sans notre consentement dans ses ténèbres et nous serrer de toutes ses forces avant de disparaître dans le néant.

Bien que le groupe soit essentiellement connu pour ses titres phares et son histoire torturée, Liturgy of Death sait proposer des compositions imposantes et parfois même assez surprenantes. Mayhem a beau avoir fêté ses quarante ans, le groupe est toujours en course !

80/100

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