
Frozen Ocean s’agite à nouveau.
Créé en Russie en 2005 par Vaarwel (chant/tous instruments, Big Guns, Goatpsalm, Meister Leonhardt, Poceluy bomzha…), le projet est d’abord très prolifique, sortant parfois plusieurs albums et EPs la même année, puis freine drastiquement le rythme. En 2026, le musicien annonce finalement la sortie de son douzième album, Askdrömmar, via Apocalyptic Witchcraft Recordings.
Mangata débute par un son angoissant, sentiment que j’avais ressenti avec la pochette de Mosa Eye (Autopsy Night, Autumn Woods, Druknroll, Egor Lappo, Vistery…), mais qui va rapidement accueillir basse, batterie, guitares et enfin les parties vocales brutes, créant un contraste avec la douceur inquiétante. Le mélange enivrant va soudainement prendre fin, laissant quelques mots nous emporter vers Bortkastade dödsrunor où le clavier nous accueille dans sa mélancolie, rapidement brisée par une rythmique simple mais épaisse d’où les parties vocales sortent avec fracas. Nous sommes autorisés à reprendre un moment notre souffle avec ce passage plus doux, mais saturation et grognements reviennent en force pour nous mener à Andas in neonreg, titre bien plus court que le précédent et qui nous enveloppe immédiatement dans son agressivité, parfois débordée par la douceur des mélodies soutenues par la rythmique. Une discussion visiblement animée présente Gristimmar, composition aux claviers futuristes qui complètent aisément la noirceur et le chant torturé, animant les tonalités pour les rendre entêtantes avant de passer la main à Jag sover qui nous apporte la touche Post-Rock plus digeste, mais aussi presque plus joyeuse, jouant une fois de plus sur le contraste. Le titre est un peu court, et on passe à I lyktornas sken qui reste dans la mélancolie tout en l’agrémentant de quelques notes plus aériennes pour briser la répétitivité de la rythmique sur les longues parties instrumentales, puis Köttkvar débute avec une voix cybernétique avant de laisser les influences Old School faire leur oeuvre pour rendre les riffs assez rocailleux. Les harmoniques donnent une fois de plus ce côté planant au morceau qui finit par s’éteindre de lui-même avant de passer à Langt lopp genom mörkret et à ses sonorités futuristes qui préparent la voie pour un son très brut, donnant au morceau une touche cosmique intéressante, elle aussi brisée net avant que Brunkebergstunneln ne vienne nous proposer un groove inattendu, lui aussi complété par des synthétiseurs au son spatial omniprésent qui se révèle finalement être apaisant pour la noirceur. Et soudain, le silence se fait.
Je ne savais absolument pas quoi attendre de Frozen Ocean, et c’est finalement un son froid très agréable que j’ai découvert sur Askdrömmar. Parfois entraînant, parfois teinté d’influences Post-Rock ou Post-Punk, mais toujours brut et maîtrisé, l’album demandera plusieurs écoutes pour livrer toute son essence.
90/100