
Fossilization s’est relevé.
Rejoint par Z. (guitare, Blackning, ex-Chaos Inc.), le groupe mené par V (guitare/basse/chant, Jupiterian, ex-The Black Coffins) signé chez Everlasting Spew Records annonce la sortie de son deuxième album, Advent of Wounds.
Dès sa première seconde, Cremation of a Seraph nous martèle avec des riffs sauvages couplés à des parties vocales épaisses, signe évident que les années n’ont pas assagi le groupe, s’autorisant toujours à ralentir pour devenir encore plus oppressant et dissonant avant de nous rouler à nouveau dessus. La pression permanente continue avec le titre suivant, Disentombed and Reassembled by the Ages, qui adopte une approche similaire et ne se prive pas pour déverser toute sa noirceur à une allure soutenue, proposant des patterns travaillés qui contrastes avec les passages lancinants et leurs touches majestueuses comme sur ce final qui mène à Scalded by his Sacred Halo. On retrouve la participation de Justin Stubbs (Encoffination, Father Befouled, Occulsed…) dans cette toile d’angoisse et de complexité musicale étouffante qui laisse par moments place à des sonorités caverneuses, puis le duo repart à pleine vitesse sur Terrestrial Mold grâce à un blast massif. L’alternance de rythme nous tient en haleine grâce à la lourdeur changeante, révélant tour à tour passages chaotiques et éléments écrasants avant la corne de brume qui présente Servo, titre suivant qui nous laisse respirer un instant avant de lui-même s’embraser, non sans jouer sur des harmoniques perçantes pour compléter le bloc d’agressivité. Quelques instants d’une respiration haletante, puis While the Light Lasts prend le relai et nous ramène à sa lenteur entêtante avant de placer quelques leads enivrants qui s’entrechoquent, créant une mélodie infernale qui finit par s’accélérer sous l’impulsion de la batterie, mais revient à cet aspect monolithique pour ses derniers moments. L’album prend déjà fin avec Temple of Flies and Moss, dernier titre ou l’alternance rapidité/lenteur est poussée à l’extrême et ne prévient pas pour frapper, mêlant même les deux aspects pour surprendre jusqu’à ce que le silence ne se fasse.
Dire que j’attendais cette nouvelle étincelle de vie de la part de Fossilization serait un euphémisme, tout comme déclarer qu’Advent Of Wounds m’a mis une claque monumentale. L’album nous piétine de bout en bout.
95/100