
Wolfchant repart en chasse.
Désormais signé en collaboration entre Hamburg Record et leur propre label Southern Wolfcult Records, la meute composée de Lokhi (chant saturé), Skaahl (guitare, Nothgard, Zodiac Ass), Nortwin (chant clair, Rebellion), Sertorius (basse, Imperious), Ghust (batterie, ex-Nothgard) et Seehb (guitare, Bavaustrian Metalbrothers United, Zodiac Ass) s’apprête à sortir son neuvième album, Echoes of a Time Once Past.
L’album débute par une douce mélodie nommée Arcades of Time, puis enchaîne finalement sur le titre éponyme, Echoes of a Time once Past, qui nous transporte lentement grâce à des choeurs et percussions lointaines vers le champ de bataille où les riffs sont déjà à l’oeuvre, rejoignant les grognements de Lokhi et le chant clair mais vindicatif de Nortwin qui se répondent et se complètent. La rythmique sévit à bonne allure, guidant notre chemin vers Under a Twilight Star où l’on retrouve cette teinte Pagan martiale de temps à autre, renforcée par l’alternance des vocalistes, mais les refrains chantants permettent de créer un contraste fédérateur avant que les leads de Goddess of Fire ne prennent le relai, faisant renaître les racines Folk guillerettes et un groove accrocheur. Le chant saturé et l’embrasement de la rythmique participent évidemment à créer des passages plus bruts tout comme sur Lifeblood qui dynamise à nouveau la marche et nous permet de remuer le crâne avec vigueur en suivant les deux vocalistes. Claviers et harmoniques nous permettent de souffler quelques instants, mais la horde repart sur son rythme de croisière vers Dem Sturme voraus, où la douce mélodie du début est rapidement écrasée par la fureur des musiciens, mais le morceau est l’un des plus changeants de l’album, et il n’hésite pas à sonner comme une balade de temps à autre. Nous sommes accueillis par des claviers sur Witchfinder, le morceau suivant, mais le retour de la rythmique ne se fait pas attendre, et il aura tôt fait de provoquer mouvements de foule ou séances de headbang alors que Wild Hunt nous offre une pointe de mélancolie avant de s’élancer à son tour, conservant les quelques éléments plus sombres qui forgent sa singularité. Même les orchestrations sont plus imposantes, laissant tout de même les leads se développer à leur rythme et finalement rejoindre la longue Shadows of Doom dont l’introduction instrumentale dure un moment, alternant sonorités épiques et parties plus simplistes préparant le terrain pour les vocalistes. Le morceau est une fois de plus accrocheur, offrant aux fans de quoi lever le poing avec conviction pendant que la fosse déferle autour d’eux avant que le groupe ne démarre Echoes from the Past, titre bien plus agressif qui sert d’excellent dernier titre de l’album, mais qui pourra également faire un parfait finisher pour un public en nage après un set intense, réservant même un break aérien pour remercier le public avant la reprise, puis la charge finale.
Les racines de Wolfchant sont toujours présentes sur ce nouvel album, chose qui fera plaisir aux amateurs de longue date. Echoes Of A Time Once Past continent pas mal de morceaux très solides qui feront des émules aux prochains concerts !
80/100
Quelques questions à Lokhi, chanteur et membre fondateur du groupe allemand de Pagan Metal Wolfchant, à propos de la sortie du neuvième album du groupe, Echoes Of A Time Once Past, par Raven.
Bonjour et merci. Peux-tu te présenter à notre public français ?
Lokhi : Oui, je suis Lokhi, le chanteur du groupe Pagan allemand Wolfchant. Merci pour cette interview, je suis très heureux d’être ici !
Moi aussi ! J’ai une question difficile pour commencer : comment décririez-vous la musique de Wolfchant sans utiliser les mots “Folk Metal”, “Pagan Metal” ou tout autre sous-genre ? Je veux tes propres mots.
Lokhi : Je dirais que c’est une musique épique avec beaucoup de puissance. Je n’utilise donc pas les mots Pagan, Power Metal et Folk Metal.
C’est parfait. Te souviens-tu comment tu as trouvé le nom Wolfchant à l’époque, et comment tu le relies encore à la musique que vous jouez aujourd’hui ?
Lokhi : Nous vivons en Basse-Bavière, tout près du parc national. Le parc national comprend de vastes zones pour les loups, les ours, etc., et lorsque nous étions assis dehors, à environ 3 km de l’endroit où j’ai grandi, on pouvait parfois entendre ces loups. Le loup, le chant, donc “le chant du loup” est plus ou moins en lien direct avec notre région, la Basse-Bavière, et notre musique. Nous avons donc décidé d’appeler le groupe Wolfchant.
C’est une histoire intéressante à raconter !
Lokhi : Je l’espère !
Wolfchant sortira bientôt son neuvième album, Echoes Of A Time Once Past. Qu’en penses-tu ? As-tu déjà reçu des commentaires de ta famille, de ton producteur ou d’autres personnes ?
Lokhi : Oui, comme je le dis souvent, je me sens vieux maintenant, car cela fait plus de 20 ans, mais nous sommes toujours heureux d’être encore dans le jeu, dans ce business, et de pouvoir donner des concerts. Les retours de nos amis et de notre famille ont donc été très positifs. Mais en gros, ils nous disent “OK, la musique est bonne, on aime bien”. Ils nous connaissent, ils connaissent notre style, donc nous avons des retours positifs sur les chansons. Nous avons déjà reçu des commentaires de magazines en ligne, etc., et la plupart d’entre eux aiment aussi. Nous sommes très heureux, nous nous sentons bien et nous sommes fiers de jouer cette musique à travers l’Europe, à travers le monde, et d’avoir encore la chance de faire de la musique après plus de 20 ans.
Super. C’est une très bonne nouvelle pour vous, et pour nous qui écoutons le groupe ! Comment résumerais-tu l’identité de l’album en seulement trois mots ?
Lokhi : Seulement trois mots…
Raven : J’adore les questions difficiles.
Lokhi : Je sais que c’est très difficile… Puissant, épique et magnifique.
Comment s’est déroulé le processus de création de l’album ? En tant que membre fondateur du groupe, as-tu remarqué des changements entre aujourd’hui et les débuts du groupe ?
Lokhi : Oui, il y a eu un énorme changement, car lorsque nous avons créé le groupe, nous composions les chansons pendant les répétitions. Nous nous réunissions donc deux ou trois fois par semaine dans la salle de répétition et nous créions les chansons ensemble. Aujourd’hui, nous sommes dispersés à travers l’Allemagne, donc en général, l’un de nos guitaristes, Seehb ou Skaahl, commence à produire des riffs, des chansons, des samples, puis il les télécharge sur Dropbox pour que tout le monde puisse les écouter. Ensuite, le processus créatif commence, chacun peut dire ce qu’il aime et ajouter ses idées, et les chansons grandissent et grandissent… Au bout de quelques semaines, quelques mois, ou dans ce cas précis, quelques années, nous avons un album.
À ce propos, le son de Wolfchant est bien sûr ancré dans le Pagan Metal et le Folk Metal, mais avec le temps, vous avez commencé à inclure certaines influences du Death Metal Mélodique et du Power Metal. Qu’est-ce qui vous a amenés à faire évoluer votre son de cette manière et quel groupe citeriez-vous comme votre principale influence ?
Lokhi : L’influence principale de tout le monde : Iron Maiden, Blind Guardian, Manowar. Et aussi Iced Earth, les groupes que tout le monde aime. Pour ma part, je suis plus branché Black Metal, Dissection et beaucoup de groupes de Black Metal Suédois et Norvégiens, ainsi que Rotting Christ, un groupe que j’adore. C’est donc la raison pour laquelle nous mélangeons les styles. Notre Pagan Metal a été beaucoup influencé par le Power Metal, bien sûr, depuis nos débuts jusqu’à aujourd’hui.
Raven : Et le Black Metal.
Lokhi : Et aussi le Black Metal, bien sûr.
Raven : C’est assez intéressant, car c’est généralement le Black Metal qui est influencé par le Pagan Metal, et non l’inverse.
Lokhi : Tu as tout à fait raison. C’est ce que j’aime dans le Black Metal français. J’aime aussi le Pagan Metal français, donc j’ai hâte de partir en tournée avec Belore. Il y a beaucoup de très bons groupes en France !
Quelle est ta chanson préférée sur l’album, ou peut-être celle qui a été la plus difficile à réaliser ?
Lokhi : J’aime beaucoup toutes les chansons, bien sûr, parce qu’elles figurent sur l’album et qu’il faut forcément les aimer, mais ma chanson préférée est Goddess of Fire, pour le moment.
Raven : Oui, c’est une belle chanson. Ce n’est pas ma préférée, mais nous avons des goûts différents.
Lokhi : La deuxième est Lifeblood.
Raven : Oui, c’est la mienne ! *rires*
Le nom de l’album Echoes of a Time Once Past est assez mélancolique. Où avez-vous trouvé l’inspiration pour créer la musique et les paroles ?
Lokhi : Chaque membre du groupe trouve son inspiration différemment. Pour moi, c’est toujours la nature, sortir pendant un mois de novembre brumeux, passer une journée dans la forêt, quelque chose comme ça. C’est ce que j’aime vraiment et où je trouve beaucoup d’inspiration, marcher dans la forêt ou dans un parc, peu importe, ou au bord de la mer…
Raven : Tu aimes la nature ?
Lokhi : J’adore la nature, oui. J’aime quand c’est paisible et calme.
Raven : Pour moi, ça dépend. J’ai trois chats à la maison, ils ne sont ni paisibles ni très calmes.
Lokhi : Il te faut donc un endroit pour ça. J’ai grandi dans les montagnes, donc bien sûr, j’aime aussi la mer. Et aussi la mer du Nord, même si je dois dire qu’elle est froide et agitée, c’est aussi très agréable de s’asseoir là et de regarder les vagues quand il y a du vent et qu’il fait froid. C’est agréable de créer des chansons et des paroles mélancoliques de Pagan Metal.
Pensez-vous avoir progressé en tant que musicien avec ce nouvel album ?
Lokhi : Oui, bien sûr.
C’est le premier album que vous sortez sous votre propre label, Southern Wolfcult Records, avec le soutien de Hamburg Records. Comment se passe cette collaboration ? Comment avez-vous décidé de franchir le pas vers l’indépendance ?
Lokhi : Après toutes ces années passées à travailler avec des labels, nous avons décidé de retrouver une totale liberté dans ce que nous faisons, de décider quand nous voulons sortir un album, quand nous voulons sortir un clip, à quoi il doit ressembler, ce que nous voulons faire en matière de promotion et de merchandising. Il est donc important pour nous aujourd’hui d’avoir un contrôle total sur tout ce que nous faisons. Nous connaissons les gars de Hamburg Records depuis de nombreuses années, car ils gèrent notre boutique depuis longtemps, et le propriétaire, Flo (Florian V. Schwarz, ndlr) de Pyogenesis, si vous connaissez le groupe, est un bon ami et ils font du très bon travail, donc nous leur faisons entièrement confiance. Et avec Oktober Promotion, Niels, nous avons sans aucun doute la meilleure équipe de promotion qui soit. Ils travaillent pour tous les grands noms du secteur, nous sommes donc très heureux de les avoir comme partenaires et soutiens. Ils font vraiment du bon travail et j’apprécie ces gars, j’apprécie Niels.
Raven : C’est une sacrée promotion pour la boutique !
Vous allez bientôt partir en tournée européenne avec Ereb Altor, Skyforger et Belore pour la tournée Rites of the Blood Moon, avec 12 concerts dans 6 pays. Comment le groupe se prépare-t-il pour cette tournée ? Comment avez-vous composé la setlist pour présenter le nouvel album tout en satisfaisant les fans avec des classiques ?
Lokhi : Oui, nous nous préparons à boire beaucoup de bière, ce qui est très important pour la tournée et… non, pour être honnête, c’est plus ou moins ce que nous faisons depuis des années, être sur la route pour faire des tournées et jouer beaucoup de concerts… nous aimons ça et l’important est d’être très strict, de ne pas boire trop de bière…
Raven : Mais vous êtes allemands !
Lokhi : Oui, mais il faut se contrôler ! Ces dernières années, nous avons vraiment eu quelques accidents liés à l’alcool, donc nous sommes assez stricts, et bien sûr nous faisons la fête, mais nous voulons au moins donner de bons concerts pour rencontrer les fans et nous amuser, bien sûr.
Raven : Donc, boire avec modération.
Lokhi : Boire est bien sûr un point important en tournée et si vous pouvez vous contrôler, tout va bien.
Le dernier concert de cette tournée, que j’attends avec impatience, est le seul concert français du Cernunnos Pagan Fest, qui marque également le premier concert de Wolfchant en France. Avez-vous déjà entendu parler de ce festival, et qu’attendez-vous de ce premier concert devant un public français ?
Lokhi : J’ai bien sûr entendu parler du Cernunnos Pagan Fest, et nous avons vraiment hâte d’y être ! Comme vous l’avez dit, c’est notre premier concert en France. Nous avions déjà reçu des propositions pour jouer en France et nous avions déjà signé des contrats pour jouer en France, mais l’un des festivals a été annulé il y a quelques années en raison de réglementations gouvernementales, peu importe… Nous sommes donc très impatients, car nous savons que les fans français sont des fans très fervents. Nous voulons faire la fête et nous avons hâte de passer de très très bonnes soirées avec vous tous !
Quelle est la prochaine étape pour Wolfchant ? En matière de musique, de vie, ou autre chose ?
Lokhi : Après la sortie de l’album, nous allons jouer en concert, faire une tournée plus ou moins longue, puis nous avons beaucoup de festivals et de concerts dans des clubs. Je pense que cela va nous occuper toute l’année, puis je pense que je vais recommencer à composer. Je pense que 2027 est une bonne année pour recommencer le processus créatif.
Raven : Après nous être reposés un peu. N’en faites pas trop !
Lokhi : Un peu, oui, pendant la période de Noël *rires*
As-tu déjà entendu parler de la scène Metal Française ? Je pense que oui, puisque tu es en tournée avec Belore. Y a-t-il d’autres groupes que tu connais et que tu apprécies ?
Lokhi : Oui, nous avons donné quelques concerts avec des groupes français comme Alcest. Je connais et j’aime bien, et bien sûr, l’un de mes groupes préférés est Gojira. J’ai entendu parler de SUP, ou plutôt j’ai vu leur nom plusieurs fois, mais je n’avais jamais écouté leur musique. Il y a trois ans, j’écoutais de la musique et il y avait vraiment… J’ai été très vite convaincu, car cela ressemblait au vieux Fear Factory et à un mélange de Sepultura, Fear Factor et d’autres groupes. J’aime ce crossover qu’ils font et la puissance qu’ils dégagent sur scène. J’aime cette musique, j’ai été surpris.
Et à part Belore, connais-tu d’autres groupes français au Cernunnos ?
Lokhi : Je connais beaucoup de groupes, ou certains groupes, mais nous n’avons jamais joué ou tourné avec des groupes français. Belore est donc vraiment le premier avec lequel nous tournons, et ce pour 11 concerts. Mais j’aime la scène metal en France, elle est assez créative et complètement différente du style Metal teutonique allemand. Donc oui, surtout les groupes de Black Metal qui chantent en français. C’est vraiment quelque chose d’unique et de puissant. J’aime beaucoup.
Raven : C’est intéressant, parce qu’il y a de très bons groupes français au Cernunnos Pagan Fest.
Lokhi : Dis-moi lequel tu recommanderais.
Raven : Stille Volk. C’est un groupe occitan. Il est assez intéressant.
Lokhi : Ok, on va essayer. C’est notre dernier jour, et j’ai hâte de profiter au maximum du festival et de voir des groupes que je n’ai jamais vus auparavant. Mais j’ai déjà entendu ce nom.
À ce propos, y a-t-il des groupes avec lesquels tu aimerais jouer ? Je te laisse créer ton affiche de rêve avec Wolfchant en tête d’affiche et trois autres groupes, même les réponses irréalistes sont acceptées.
Lokhi : Oui, irréaliste, c’est parfait, alors je choisirai Iron Maiden, Metallica et bien sûr Rammstein.
Je suis d’accord ! Dernière question amusante : à quel plat comparerais-tu la musique de Wolfchant ?
Lokhi : Un steak saignant à point *rires*
Raven : Pour un loup !
Lokhi : Oui *rires*
C’était ma dernière question, merci beaucoup de m’avoir accordé de ton temps et pour ta musique, je te laisse le mot de la fin !
Lokhi : Merci beaucoup pour cette interview ! Écoutez notre nouvel album, je pense qu’il en vaut la peine. Peut-être qu’il vous plaira, et j’espère vous voir nombreux au Cernunnos Pagan Festival. Nous avons vraiment hâte de jouer ce concert. À dans quatre semaines !