
La cérémonie reprend pour Nytt Land.
Toujours en collaboration avec leur nouveau label Prophecy Records, le couple sibérien Natasha “Baba Yaga” et Anatoly Pakhalenko sont prêts à dévoiler leur sixième album, Aba Khan.
Ils sont accompagnés en live par le batteur Aleksandr Rosliakov.
Nous pénétrons dans le monde des esprits guidés par Aba Khan, titre éponyme ou brumes et murmures se mêlent naturellement, nous menant à une voix plus distincte, mais qui finira par faire place à Taiga, dévoilant d’autres nuances vocales tout aussi enivrantes, mais aussi une richesse instrumentale très lancinante. Les quelques percussions permettent de rythmer notre avancée alors que Baba Yaga nous hypnotise aisément, aidée par les instruments d’Anatoly qui flottent tout autour d’elle, mais la composition est longue et très apaisante, à l’inverse de Totem qui propose rapidement des tons plus sombres. L’atmosphère délivre toujours ces tons entêtants, mais ils semblent bien plus inquiétants, presque même oppressants alors que la vocaliste tend à adoucir sa voix avant de passer à Uitag qui s’inscrit dans une approche beaucoup plus naturelle et épurée. Le titre reste relativement calme, passant presque pour un interlude à côté de Mansi où les parties vocales sont bien plus présentes, nous invitant à les rejoindre dans une danse dont on ne maîtrise pas les codes mais que l’on suit avec entrain avant de nous confronter à une nouvelle part d’ombre sur The Oath. On sent aisément que le titre est beaucoup plus solennel, s’offrant à la fois une instrumentale mystique que des chants plus diversifiés et parfois plus accessibles, mais c’est après un dernier moment d’euphorie que Prayer nous récupère et nous offre une nouvelle dose de froideur au sein de laquelle la vocaliste se complaît, se dédoublant même parfois. La dernière étape, Tygir Tayii (Heavenly Sacrifice) est également la plus longue et diversifiée, n’hésitant pas à prendre le temps de se développer lentement ni même de s’intensifier, nous faisant croire à une véritable chorale ou à un orchestre chaotique avant de finalement nous laisser regagner notre univers.
Nytt Land continue son parcours selon ses codes, proposant un dépaysement toujours appréciable d’album en album. C’est sans surprise qu’Aba Khan nous envoûte et nous déroute du début à la fin pour notre plus grand plaisir.
80/100