
Bizarrekult nous montre son évolution.
Désormais mené par Roman V. (chant, ex-Dryados), Ignat P. (guitare/basse, Adliga) et Alexander P. (batterie, ex-Dryados, ex-Theosophy), le groupe relocalisé en Norvège et signé chez Season of Mist dévoile en 2026 son troisième album, Alt Som Finnes.
L’album débute avec Hun, première composition qui dévoile d’abord une certaine mélancolie avant de laisser la saturation apparaître, ternissant irrémédiablement l’atmosphère avant de finalement s’embraser et devenir violente, offrant une base parfaite pour les premières vociférations. Le titre est assez court, et est suivi par Blikket hennes où les musiciens accueillent Yusaf « Vicotnik » Parvez (Dødheimsgard, Ved Buens Ende…) pour compléter la section vocale de sa folie communicative qui rejoint très naturellement les changements de rythme du morceau tout en amplifiant ce sentiment d’angoisse quasi-permanent qui émane des riffs. On retrouvera également quelques touches de chant clair qui contrastent avec les habituels rugissements avant un final plus épuré mais pas moins sombre, puis Avmakt renoue immédiatement avec la rage, que ce soit via Roman ou la rythmique vive mais entêtante de ses camarades qui ne lésinent pas sur les harmoniques hypnotiques. L’aspect pesant est plutôt mis en avant dans les parties lancinantes où naît la dissonance, qui finira par se mêler aux vagues de violence qui mènent à Håp et à sa lenteur apaisante renforcée par le chant brumeux en arrière-plan, mais tous les éléments vont entrer en éruption en même temps, nous emportant dans leur déferlante qui comprend toutefois quelques moments de quiétude progressive. Le son reste imprévisible, comme le prouve ce final explosif, puis prend une dynamique bien plus vindicative sur Drøm où le groupe recevra Lina (Predatory Void, Cross Bringer) pour épauler le vocaliste et ainsi proposer une touche Post-Metal planante pour mener à Verdens Verste où l’on renoue avec l’agressivité et l’oppression permanente. Le titre est assez court, mais aussi très direct, nous mettant face à sa fureur de manière très explicite avant de rejoindre Aversjon qui à l’inverse va d’abord nous envelopper dans son voile de douceur glacial avant de placer ses hurlements et ainsi donner une toute autre saveur à cette toile désolée, laissant la rythmique s’imposer par vagues plus ou moins ordonnées. L’album touche déjà à sa fin avec Tomhet, huitième composition où les effluves de Blackgaze sont encore plus palpables avec l’arrivée de Kim Song Sternkopf (Møl) au chant, accompagnant à merveille la rythmique ou laissant volontiers sa place aux harmoniques enivrantes.
L’art de Bizarrekult a toujours été aussi sombre qu’entêtant, et ce n’est pas Alt Som Finnes qui me fera mentir. J’en attendais beaucoup de ce nouvel album, mais je suis forcé de constater avec bonheur que le groupe a encore progressé tant l’album m’a captivé du début à la fin.
95/100