
Olhava fête ses dix ans avec un septième album.
Depuis 2016, Andrey Novozhilov (guitare/chant, Trna, Remaining Warmth), rejoint en 2019 par Timur Yusupov (batterie, Trna) écrit, inspiré par la nature de son pays, la Russie. Cette année, et toujours sous l’égide d’Avantgarde Music, ils nous offrent Memorial.
L’album débute avec Ageless River X, une instrumentale planante qui nous remet sans mal dans cette atmosphère glaciale où claviers et pluie nous envoûtent, prenant peu à peu de l’ampleur avant de passer à After I’m Gone, longue composition saisissante où hurlements et saturation refont surface pour nous envelopper dans leurs sonorités lancinantes. La violence s’exprime avec grâce, comptant sur les nappes brumeuses pour dévoiler toute sa puissance tout en restant assez simple et accessible et s’accordant volontiers des pauses où la basse est mise en avant avant de repartir dans son flot torturé et nous guider après un moment à When the Ashes Grow Cold. On constate la même dynamique à l’oeuvre qui nous berce et nous moleste en continu tout en nous faisant traverser ses différentes vagues de son brumeux tout en nous accordant des instants de relâche minimalistes avant de nous submerger une fois de plus dans sa douceur viscérale qui prend même parfois des touches presque enjouées. L’ouragan s’arrête une dernière fois pour mieux reprendre, puis Ageless River XI nous offre un nouvel écrin de flottement dans lequel notre esprit reprend conscience entre les tonalités bruitistes, puis Memorial signe la reprise de l’oppression grâce à des harmoniques dissonantes qui s’abattent sur nous. Sans surprise, le titre est relativement similaire aux précédents, et bien que celui-ci soit plus court, il s’accorde volontiers un long moment plus léger pour s’embraser à nouveau plus intensément, nous terrifiant presque par sa virulence avant qu’Ageless River XII ne nous autorise à reprendre notre souffle à nouveau. Pas non plus de surprise sur ce long interlude bercé par les claviers et quelques bruits, mais The River Wakes apporte une quiétude inattendue dans ses teintes de noirceur au sein desquelles les paroles se fondent, presque comme un fantôme qui hante les lieux de sa présence alors que nous rejoignons la délivrance, nommée Ageless River XIII. Un énième moment de calme où nous reprenons conscience, puis le silence se fait.
Discret mais pourtant très intense, Olhava sait parfaitement comment dompter les ténèbres pour leur donner la forme qu’il veut. Memorial va sans conquérir l’esprit des amateurs, et sembler inaccessible aux novices à bien des points.
85/100
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