Review 3144 : Locus Noir – Shadow Sun

Le temps s’assombrit pour Locus Noir.

Inspiré par le Metal Gothique des années 90, le groupe mené par Ben DMN (chant, Sybreed), Claire Genoud (guitare), Ales (basse) et Ben Marmier (batterie) signe chez Listenable Records pour son premier album, Shadow Sun.

On commence donc avec Walpurgisnacht 1996, sample introductif mêlant voix et claviers pour un rendu horrifique suivi d’une rythmique douce, puis Shadow Sun, le titre éponyme, envoie ses premières notes, profondément ancrées dans les racines Old School et aériennes du groupe, créant un voile entêtant et planant. On constate certains passages plus énergiques donnant envie de remuer le crâne, alors que Cemetery Youth offre en compagnie de Ben Christo (Sisters of Mercy) des touches vaporeuses très mélodieuses tout en tissant une approche bien plus calme, magnifiée par les claviers par moments. Les accents Post-Rock sont plus que présents sur les refrains, puis on passe à l’angoisse montante avec A Dismal Romance, titre à la lourdeur assumée contrastée par l’énergie omniprésente, créant cette disparité accrocheuse, puis She Haunts the Night prend le relai avec une vivacité similaire qui n’aura aucun mal à fédérer en live. Retour au calme sur Thicker Than Darkness Itself, composition assez douce guidée par la mélancolie pure et sa forme enivrante, très mystérieuse mais qui nous appelle et rappelle la scène allemande du côté du chant assez doux mais très expressif. Nouvelle énergie avec In Despair We Trust, titre à la touche étrangement motivante mais dans laquelle on sent toute la dualité et la fragilité, avec ce cliché instrumental efficace pour le refrain, mais on revient à ces sonorités plus agressives avec Death, That Elusive Mistress, qui nous fera headbanguer et danser jusqu’au matin. L’énergie perdure jusqu’à ce que Hollow n’alourdisse considérablement le son, proposant une vibe Doom maîtrisée et intéressante que le groupe utilise pour accentuer les tonalités plaintives tout en restant dans ses propres tonalités. Full Moon Therianthropy renoue avec l’énergie Gothique Old School par excellence, mais le groupe a plus d’un tour dans son sac et utilise des patterns saccadés, mais on débouche finalement sur la longue et majestueuse Reburial, composition finale qui ne se prive pas pour faire durer ses riffs et instaurer une atmosphère lancinante, quitte à la rendre assez étouffante sur la fin.

Au lieu de s’arrêter là, le groupe a choisi la touche dansante avec Marry the Night, premier des deux titres bonus et reprise de Lady Gaga qu’ils adaptent étonnamment bien à leur univers ténébreux en conservant la vibe originale tout en la rendant pesante, adoptant des accents Post avant un final plus brut, puis l’album se referme sur l’intrigante How Harsh is the Light of Dawn, titre plus lent et encore plus posé qui nous permet de sortir de cet univers après ce dernier souffle ténébreux.

Le nom de Locus Noir est encore mystérieux pour certains, mais pour d’autres c’est le coup de coeur assuré ! A mi-chemin entre Metal Gothique et son de soirée dans une cave, Shadow Sun fera parler de lui au sein de la scène avant de voir le jour sur les planches.

75/100

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