Review 3148 : Kheos – OXYMORE

Kheos veille.

Créé en 2015, le groupe composé de Aimane Jaone Rajaomitraha (chant), François Hamy (guitare lead), Rémi Hamy (guitare) et Stephane Delcroix (batterie) dévoile enfin son premier album, OXYMORE.

On attaque fort avec Immortal Warfare, premier single où je découvre le mélange Metalcore/Deathcore moderne du groupe soutenu par choeurs et claviers où l’on retrouve également Cyril (Solar Eruption) qui participe à la violence brute. Certaines parts sont assez groovy et proposent une technicité assumée avant le final Electro qui mène à Wrath of Cronos qui reprend sensiblement les mêmes éléments à bonne allure, faisant de ce titre une véritable arme de destruction massive pour les lives avec ses changements de rythme. Le groupe enchaîne avec Against the Gods où les sonorités s’assombrissent, proposant à l’inverse un chant un peu moins saturé pour les refrains alors que les moshparts sont imposantes, puis We are Chaos nous offre notre première véritable pause avec une introduction apaisante au clavier avant de laisser les musiciens se déchaîner à nouveau. Le break en surprendra plus d’un, puis les musiciens poursuivent sur Macabre, titre mystérieux puis énergique sur lequel on retrouve Valérie Chantraine (Penumbra) qui apporte cette touche plus diversifiée lors des refrains. Nouvel instant de douceur avec les premières notes de Where Sunshine Cannot be Met, mais comme on pouvait s’y attendre, la violence et la technicité reprennent rapidement le dessus comme pour nous entraîner dans leur groove avant d’affronter The Figure of Echo et sa rythmique saccadée infusée au Djent qui laisse une place importante au chant clair. Lost in Circle prend le relai et nous frappe à son tour avec des riffs dissonants et explosifs qui s’adoucissent énormément sur les refrains, mais qui savent s’orienter vers de la Trap tout comme le break de la longue Jikan qui compte toutefois sur des samples aériens et majestueux pour compléter sa rage. Alors que Home commençait presque comme une balade, le groupe le réoriente vers de la violence tout en accueillant Orianne (Ahna) pour lui offrir quelques moments planants, tout comme les racines Prog qui déteignent sur Echoes of Tomorrow, qui est sans nul doute l’un des morceau les plus accessibles de tout l’album, lorgnant même parfois sur le Metal Alternatif. Un solo, un dernier refrain, puis Solitude of Kaonashi vient clore l’album avec la même douceur et mélancolie que l’on avait découvert sur le titre précédent, ne proposant que du chant clair pour nous laisser découvrir cette nouvelle facette avant de clore l’album.

Si OXYMORE nous montre principalement que le groupe sait composer avec sa violence moderne, il permet également à Kheos d’expérimenter grâce aux invités ou à des influences plus large que la sphère Core. A suivre si vous aimez les productions travaillées !

80/100

English version?

Quelques questions au groupe Kheos pour la sortie de leur premier album, OXYMORE.

Bonjour et tout d’abord, merci de m’accorder de votre temps ! Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ? Sans utiliser une quelconque étiquette de style, telles que “Metalcore”, “Deathcore” et autres étiquettes de genres, comment pourriez-vous décrire le groupe Kheos ?
Kheos: Nous sommes Kheos, de Lille, fondé fin 2014. Un groupe de Lille, du Nord ! Je pense qu’on part sur quelque chose d’assez brutal, mais aussi émotionnel en même temps. On essaie de raconter des histoires, d’une manière assez violente pour toucher plus facilement le spectateur. Et je pense que c’est une sorte de catalyseur, ça véhicule beaucoup plus de choses assez facilement, grâce à la violence, grâce aux percussions et aux  symphonies aussi qui retransmettent un peu plus les émotions. C’est un côté rythmique prononcé tout en gardant des phases de lead. Ce qu’on retient, c’est qu’on aime bien les musiques avec un thème que tu retrouves tout au long de la chanson. Personnellement, ça me parle moins les musiques pures rythmiques même si c’est bien de temps en temps. Mais au bout d’un moment, j’ai besoin de me raccrocher à une ligne mélodique. Donc un côté rythmique avec une ligne mélodique par-dessus. Et justement le concept de l’album aussi, qui est de ne pas se s’imposer de limites, avec on a voulu un peu s’opposer aux étiquettes qu’on peut nous coller Metalcore/Deathcore, on fait ce qu’on aime et aussi les émotions qu’on a qu’on a pu avoir tout le long de l’album. On essaye aussi de toucher un peu à autre chose que la musique “Rock/Metal”, aussi dans les influences un peu cinématographiques et ça se ressent un peu sur nos compositions orchestration.
Raven: Oui, ça s’est ressenti un peu sur le côté symphonique je trouve qui qui m’a beaucoup surprise d’ailleurs. Je ne m’y attendais pas car pour moi de base, je ne suis pas très fan de Metalcore et autres, je ne savais pas à quoi m’attendre et là j’étais “ah mais en fait, c’est vachement bien”. 

Pourquoi avoir choisi ce nom, et comment le relies-tu personnellement à la musique que vous jouez ?
Kheos: L’origine du nom vient de toutes les influences si différentes qu’on avait du mal à mettre un mot sur ce qu’on voulait faire et quand il y a beaucoup de choses qui se mélangent c’est le chaos. On s’est dit “ben on va faire un anglicisme” et Kheos est né comme ça. Aimane a peaufiné la chose avec encore plus d’allégories etc… Mais en gros en fait nous ce qu’on aime, c’est créer des lores. On est un peu des geeks sur tout ce qui touche le Japon, la fantaisie et “Kheos” ça n’est pas un mot qui existe en soi, mais phonétiquement il y a le mot chaos et puis on s’est dit qu’on allait créer un lore à partir de ce mot-là, et on a déroulé par la suite toutes toutes nos compositions, tous les thèmes qu’on aborde sur nos chansons. Il y a aussi le mot chaos aussi dans l’univers de Warhammer 40K avec les armées du chaos. Il y a plusieurs dieux dedans qui retranscrivent les émotions humaines et pas mal de choses du thème donc ça marche très bien dans ce qu’on fait et dans notre premier logo, le tout tout premier, il y avait le symbole du chaos à l’intérieur.
Raven: J’ai des figurines d’Adepta Soritas à peindre là, je connais bien. Et plutôt Khorne, Tzeentch, Nurgle ou Slaneesh ?
Kheos: Khorne à 100 %, mais c’est intéressant, cette œuvre aborde l’origine de ces dieux et on voulait creuser dedans. 

Votre premier album, OXYMORE, sort bientôt, comment vous sentez-vous au sein du groupe ? Avez-vous déjà eu des retours à son sujet ?
Kheos: On a sorti le premier titre de cet album il y a deux ans presque trois ans maintenant. C’était un processus qui a nous a pris plus de temps que prévu. On a eu un effet de tunnel avec des allers-retours et c’est très bien passé, mais forcément au fil de l’évolution de nos influences, en cherchant à faire parfait, tu peux te perdre. A un moment il faut dire stop mais on a eu du mal car c’est notre premier album. On s’est beaucoup investis et quand tu investis beaucoup, tu as envie que le résultat soit aussi bien que ce que tu désires, ce que tu espères. Beaucoup d’apprentissage aussi parce que ça nous a pris cinq ans. Il y a eu un peu de changement de line-up entre temps puis on a travaillé essentiellement  avec Chris Wiseman, notre producteur. c’est une phase où on a appris énormément à la fois sur l’aspect composition musicale et comment créer un album. Pour répondre plus précisément à la question, on avait cette stratégie de réaliser des singles au fur et à mesure pour au final appâter les auditeurs vers notre notre univers et faire en sorte de les emporter avec nous sur le bateau de la navigation vers les contrées du chaos. On a dû restructurer plusieurs fois notre approche pour arriver à ce qu’on est en train de faire actuellement donc on a réalisé quatre singles jusqu’à la sortie en mars prochain de notre album avec la sortie de Immortal Warfare ensuite. On a enchaîné avec le concept light/dark où on essaye de représenter la thématique même de de l’album. Puis on a enchaîné avec Figure of echo et finalement Home pour arriver jusqu’à la release officielle du disque complet. Pour les retours, on a fait appel à des amis musiciens, des gens à qui on fait confiance et à des proches et les retours furent très constructifs. On est plutôt bien entouré même avec les groupes avec qui on a pu évoluer sur la scène. On a hâte en fait de le faire découvrir à de plus en plus de monde, on ne peut être que satisfait vu tous les efforts qu’on a mis derrière et tout ce qu’on a appris pendant le parcours.

Comment résumerais-tu OXYMORE en trois mots ?
Kheos: – Contradictoire. On a 12 titres avec 6 titres qui sont plus metalcore et 6 autres titres qui sont plus teintés Deathcore. Il y a des thématiques qui sont abordées, qui semblent s’opposer, contradictoires et finalement, elles ne le sont pas tant que ça.C’est conceptuel dans le sens où on n’a pas vu d’autres groupes faire avoir ce parti pris assez fort, on va dire dans le core de manière générale, que ce soit Deathcore ou Metalcore. Nous, on sent vraiment les deux styles dans l’album.
– Anticonformiste. C’est anticonformiste par rapport à la production musicale qui se fait en ce moment. On sait très bien que dans nos styles extrêmes, il y a des élitistes qui exigent que ce soit comme ça, que ça réponde à un canon de de fabrication très spécifique.
– Voyage. Pour moi le dernier mot, c’est le voyage. Tu voyages entre deux univers et c’est ce qu’on essaie de montrer, que ce n’est pas forcément antinomique que les deux styles peuvent cohabiter.
On a pris un risque, car on est influencés par tous ces styles, de justement sortir un concept album avec deux styles différents, mais complémentaires Puis on a voulu qu’il soit le reflet de nous-mêmes aussi hein. C’est ce que disait Rémy au début hein, on a énormément d’influences. On ne se voyait pas se focaliser uniquement sur un spectre alors qu’on a un grand spectre de styles musicaux différents. Et vis-à-vis de l’album qui s’appelle Oxymore justement, où deux deux concepts qui s’opposent, se rassemblent. Finalement quelque chose qui peut sembler chaotique nous on le rapproche de ce qu’on appelle l’oxymore et qui est le titre éponyme de notre album.

Comment s’est passé le processus de composition d’OXYMORE ? As-tu remarqué des changements par rapport aux débuts du groupe il y a plus de dix ans, et à l’EP Down to Hell sorti en 2018 ?
Kheos: Souvent ça commence par la guitare ou une idée symphonique orchestrale, il peut nous arriver aussi de penser à une mélodie, partir sur du violon, du piano, peu importe. On trouve un thème et on part là-dessus. Après on va commencer à aller explorer le thème et dans ce cas-là, on va essayer d’ajouter de la rythmique et de faire évoluer la chose. Soit c’est l’inverse, on a une rythmique et il faut trouver un thème par-dessus. Après tout le monde est source de d’inspiration et de composition, Aimane n’est pas guitariste, pourtant, il a fait des drafts, des brouillons de première table. Moi je parle souvent sur les thèmes orchestraux et après je mets un sketch de guitare, puis les guitaristes affinent au niveau du riffing. Je pense qu’on est d’accord pour dire soit ligne mélodique, soit guitaristique, soit orchestrale et après ça l’évolution se fait naturellement.
Raven: D’accord et par rapport au début du groupe il y a plus de 10 ans, vous avez dit qu’il y avait des évolutions, mais le processus de composition lui-même est-ce qu’il a évolué ?
Kheos: Depuis le début ça a toujours été plus ou moins la même chose parce que c’est projeté sur Guitar Pro, on a une idée, on va essayer d’en faire quelque chose, soit un enregistrement, soit une table sur Guitar Pro. Ca part toujours pratiquement toujours des guitares et de l’orchestrale. Des fois il peut arriver que Steph, nous fasse des vocaux avec des rythmes et on doit essayer de se débrouiller avec ça. Chacune des compositions finalement, tout le monde va participer et faire que le rendu final ressemble à ce qu’on désire. Chacun apporte sa pierre à l’édifice.
Raven: Et vous cimentez le tout. Est-ce qu’il y a eu beaucoup de différence de composition par rapport à l’EP Down to Hell sorti en 2018 ?
Kheos: En termes d’inspiration, oui là ça a clairement évolué,on l’a réécouté il n’y a pas longtemps et on voit le changement. En termes de production, je ne vais même pas nommer ce qu’on a fait. Enfin en termes d’inspiration globale, il est vrai que ça montre aussi notre évolution en tant que musicien. Sauf que maintenant c’est beaucoup plus pro, on a aussi plus de matériel. C’est l’évolution normale qui fait que le professionnalisme s’installe petit à petit et au fil du temps. Stéphane disait tout à l’heure qu’on travaille avec Chris Wiseman qui est parmi l’une de nos plus grandes influences et qui est le guitariste de Shadow of Intent. Il nous aide aussi à la composition ,il a un regard objectif et quand nous allons dans une mauvaise direction il nous le dit , il nous fait des retours, voire des fois supprime carrément des riffs. Mais c’est important parce que nous avons la tête dans le guidon et ne sommes pas forcément objectifs. Ce qu’il nous propose est toujours légitime et toujours pertinent mais il nous est arrivé aussi de dire non, ça on le garde. Il n’est pas un producteur qui a sa vision et qui dit est inflexible. Il nous aide à trouver une ligne directrice et nous guide, mais ça reste notre album. Narrativement Oxymore est quand même la continuité de Down to Hell dans le sens où Down to Hell c’était une descente aux enfers et on débutait par du metalcore en fait assez classique, après du djent jusqu’à arriver à la dernière chanson qui était quand même assez deathcore. Oxymore c’est une vraie continuité, même si on a scindé les choses plus radicalement.On aime raconter des histoires et dans Down To Hell on essaie de raconter l’histoire de quelqu’un en fait tombe dans la dépression et qui s’engouffre dans un enfer dont il ne peut plus en ressortir. Dans Oxymore, la dépression commence de manière assez violente, mais dans la deuxième partie de l’album il y a un aspect un peu plus positif de la chose. C’est une descente, et une remontée avec Oxymore.

Le son du groupe mélange Metalcore, Deathcore et une approche Prog parfois assez complexe mais toujours moderne, comment arrivez-vous à créer votre propre touche depuis ces racines ? Quels groupes citeriez-vous comme vos principales influences ?
Kheos: Le style évolue beaucoup de par nos influences qui évoluent en même temps d’année en année. On était très Metalcore au début, il y a eu une grosse tendance sur le Djent à un moment avec Periphery, forcément ça se ressent. Plus tard on est parti vers le Deathcore tout en gardant un côté Metalcore et du Symphonique évidemment. Je pense qu’on est arrivé dans la période où Shadow of Intent a explosé et on était à fond dedans et je pense que ça s’est aussi beaucoup retrouvé dans nos influences. Evidemment Shadow of Intent qui est en plus ceux avec qui on collabore. Pour la partie plus Metalcore, on va parler de Currents, de Crystal Lake ou même Ankor. On a aussi des influences qui n’ont rien à voir avec le Metal. Par exemple, Aimane écoute beaucoup d’Electro ou même du Rap français. Stéphane plus du Slam ou ce genre de choses, du Grindcore potentiellement, Rémy va écouter aussi de la Synthwave. On mélange tout ça et on espère que ça soit transcrit un petit peu dans cet album.

Vous avez surnommé dans le communiqué de presse OXYMORE comme “Le Paradoxe Humain”, est-ce que vous pouvez développer l’approche de l’album et sa thématique ?
Kheos: C’est par rapport aux émotions véhiculées dans l’album, dans le sens où il y a certaines chansons qui peuvent parler d’histoires assez personnelles, par exemple le deuil. Il est vrai que ça peut être une expérience très douloureuse, mais aussi assez douce pour certaines personnes et dans certaines chansons, on essaie de retranscrire cette manière de voir les choses. On se dit “Des fois ça peut être très triste, mais cette cette manière d’appréhender cette tristesse, elle peut être très douce, c’est pas forcément que de la tristesse”. Il y a tout un panel de sentiments qui peut entrer en contradiction, mais qui ne font qu’un. Et c’est ça être humain de manière générale, c’est ce qu’on voulait retranscrire le plus possible, on va dire dans cet album. Par exemple Aimane qui est le chanteur du groupe, il va parler de colère, mais en même temps, c’est une colère qui peut être apaisante, une sorte de catharsis.

On retrouve trois invités sur l’album, Cyril de Solar Eruption, Valérie de Penumbra et Orianne d’Anha, comment sont nées ces collaborations ?
Kheos: Tout simplement les collaborations qu’on a eues, ce sont des des amis de groupes avec lesquels on a déjà partagé des scènes, qui nous ont vu évoluer et qu’on a vu évoluer. Plutôt que de vouloir prendre des têtes connues, ce qu’on ce qu’on aimerait aussi, c’est partager de manière générale la musique du Nord, comme est de Lille. Ça nous semblait en fait le plus logique de se dire en fonction des styles, des amis, de les inviter sur notre album. On a la chance qu’au final les groupes qui sont avec nous sont tous extrêmement talentueux. Pourquoi aller chercher des gens qui sont à l’autre bout du monde alors qu’on a déjà des talents juste juste à côté de chez nous et que c’est des super potes !
Raven: il faut consommer local !
Kheos: C’est ce qu’on fait, ils sont bio et locaux. *sourires*

Sur OXYMORE, deux titres (Jikan et Solitude of Kaonashi) font directement référence à la culture japonaise ainsi que certains de vos visuels, alors que d’autres (Wrath of Cronos et Against the Gods) semblent plus axés mythologie grecque. Quel est votre lien avec la culture japonaise et les différentes mythologies ?
Kheos: Je pense que c’est lié à la construction de lore, on aime bien faire ça. Par exemple 40K (Référence à Warhammer 40K), est-ce que ça n’est pas une version de la mythologie grecque? Pareil pour tout ce qui est mythologie, tu vois quand même qu’il y a énormément de points communs entre les diverses mythologies et nous, on a été chercher un peu partout. Il y a aussi le fait que culturellement, on est influencé par la culture japonaise puisqu’on a été biberonné au manga et aux animés depuis notre naissance. Ce sont des choses qu’on écoute, qu’on aime bien visuellement. Et pour raconter des histoires les mythologies s’y prêtent très bien, dans la mythologie grecque, il y a plein d’histoires dramatiques, fantastiques. Quand on a grandi, on a pas eu peur d’évoluer avec des animés quand même assez violents, qui venaient du cœur et des tripes et je pense qu’aujourd’hui, ça se retranscrit comme ça dans notre musique. Je pense que l’un des parfaits exemples, c’est les Chevaliers du Zodiaque, qui réunit à la fois le monde japonais et en même temps la mythologie. On est tous plutôt fan de Chevaliers du Zodiaque. Je pense que c’est une belle image de naviguer dans différentes cultures et différents univers pour montrer par exemple  que le deuil ça touche tout le monde, que la colère, c’est pareil. Tous les peuples sont en quête d’un but, de réponses et vu que nous aussi je pense qu’on cherche les réponses directement, on utilise de la mythologie pour accompagner les auditeurs dans cette recherche et s’ils trouvent, qu’ils nous appellent ! *rires*

OXYMORE est un album indépendant, quelle importance attachez-vous au fait de rester un groupe indé ? Comment se passe la collaboration avec SLH Agency pour la comm’ ?
Kheos: Je pense que pour nous il y a une histoire d’exposition. On ne peut pas prétendre non plus à intégrer un roster de Nuclear Blast ou autre. Il y a aussi le fait qu’avec le recul on sait ce que ça représente de faire un album. Avoir des injonctions en disant “vous devez en sortir un album tous les ans”, ça nous enlèverait tout le plaisir de faire ce qu’on a fait. Si tu passes en mode industriel sur une production et je pense qu’un label, un producteur, ça va te pousser à faire ça. Donc c’est pour ça que pour nous être indépendant, c’est aussi important. On ne veut pas de ligne directrice, pas forcément d’emploi du temps à respecter. Je pense que c’est surtout parce qu’on est des tryharders mais aussi parce qu’il y a plein de sujets quand tu es indépendant et que tu es obligé de creuser par toi-même, tu es obligé de gérer tout l’aspect sans avoir les deadline et obligé d’avoir un certain sérieux. C’est ce qui fait que grâce à l’autoproduction et notre mode de travail on a énormément appris. C’est aussi beaucoup d’argent, le nerf de la guerre. Vis-à-vis des compétences, par exemple, les clips, on les fait tous nous-mêmes parce que Aiman est dans l’audiovisuel, Rémy et moi, on est tous les deux dans l’informatique. Stéphane dernièrement a beaucoup monté en compétence sur tout ce qui est community management et finalement, on n’a pas tant besoin de ça d’aller chercher les compétences ailleurs car on les a construites. Sauf pour l’aspect magazine et radio je pense que ça marche énormément au contact, à connaître plein de gens. Je pense que c’est énergivore au possible de lister tout le monde, de contacter les gens et de filtrer les bonnes personnes. C’est un vrai métier à temps plein et du coup, on externalise. On gère déjà beaucoup de sujets répartis à 4 et le temps c’est au final la ressource la plus précieuse qu’on aie.

Le groupe a déjà fait quelques dates, notamment une Christmas Party l’an dernier à Lille, mais je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de vous voir en live. Comment abordez-vous un concert avec Kheos ? Est-ce que vous avez de petites habitudes pré ou post-concert ?
Kheos: Pré Concert, c’est de changer l’ordre des chansons. *rires* Toujours ajouter quelque chose. ça nous est arrivé plusieurs fois. Là, on essaie d’avoir un set qui ne bouge pas. Il y a beaucoup de répétitions sur le mois d’avant on essaie d’être carré et de proposer un show et un moment où il y a un vrai partage avec le public. Tu parlais de du Christmas party, mais à cette occasion-là, on a mis en avant un un concours de déguisement par exemple. On essaie quand même d’apporter quelque chose au public parce qu’on sait qu’il nous apporte quelque chose. Là on va jouer à Saint-Sauveur de Lille demain et ce qui est intéressant avec cette soirée, c’est qu’on sera le groupe de Metal le plus brutal de la soirée. C’est beaucoup dans le style électro Drum and bass. On essaie d’avoir aussi un visuel en fonction de la soirée, on aime bien s’adapter. Les environnements dans lesquels on joue c’est presque un concert, une intro car en fonction de l’événement, on essaie de faire une intro thématique.
Raven: J’ai compris vos petites habitudes, en fait, c’est du chaos organisé. Vous êtes chaotique neutral pour parler en termes JDR.
Kheos: Post concert… Si la haine de devoir porter une batterie de 12 tonnes ! En général on a un débriefing de comment ça s’est passé et comment on peut s’améliorer. On est un groupe de potes, mais on veut aussi aller un peu loin et pour aller loin, il faut s’améliorer tout le temps et pour s’améliorer tout le temps, il faut qu’on fasse une rétrospective à chaque fois. Donc petit débrief à la fin.

Quels sont les prochains projets pour Kheos après la sortie de l’album ?
Kheos: Il est déjà en cours ! L’album, c’est juste le fait de mettre le pied à l’étrier et on commence déjà à construire et à composer de nouveaux morceaux pour rester dans cette continuité de sortir des choses. Et l’album, c’est pas la fin du groupe. Là, on est déjà dans un processus de composition. Cette année, on a un objectif aussi de pas mal se produire en live. On va essayer de combiner à la fois la composition de quelque chose qu’on doit encore structurer et puis peut-être avec une ligne directrice plus affirmée. Là on va peut-être se centrer pour le prochain album sur quelque chose qui est plus énervé, plus bourrin. On est encore en train de construire tout ça. 

Pensez-vous vous être améliorés en tant que musiciens et compositeurs avec cet album ?
Kheos: Améliorer en tant que musicien, oui, dans le sens où ce qu’on a composé pour l’album, on était incapable de le jouer avant. Par exemple pour les parties batterie, Stéphane a décuplé sa technicité et sa rapidité. Pour le coup, il y a 5 ans c’était beaucoup plus compliqué. Et un album sur deux styles, ça fait qu’Aimane doit chanter du chant clair et du saturé,il faut être capable de savoir faire les deux et c’est pas simple du tout ça. 

Avec quels groupes rêves-tu de jouer ? Je te laisse imaginer ta date de rêve avec Kheos en ouverture, et trois autres groupes.
Kheos: Alors Shadows of Intent, en premier, le batteur c’est une brute et le chanteur, j’en parle même pas. Ils nous mettaient en première partie de leur tournée avec Lorna Shore à Bruxelles, ben nous, on était heureux. On aime aussi le moderne Metalcore donc tous les les nouveaux groupes, nouvelle génération qui dépotent. Si tu me fais jouer avec Bad Omens, Resolve, Landmvrks. Ces gros groupes on ne dirait jamais non à faire une scène avec eux.

Dernière question : à quel plat pourrais-tu comparer la musique de Kheos ?
Kheos: Une lasagne mi bolognaise mi épinard ? Non, c’est dégueulasse ! *rires* Un plat sucré/salé plutôt. La carbonade flamande, un plat du Nord. Ça c’est pas mal, il y a de la bière dedans en plus. Partons sur la carbonade !
Raven: Moi, je m’attendais à ce que vous me citiez le Welsh mais c’est très lourd. .

C’était donc ma dernière question, je vous remercie pour la disponibilité, et je vous laisse les mots de la fin !
Kheos: Allez nous écouter et la carbonade flamande, c’est bon ! Merci aussi à ceux qui nous suivent surtout sur ce long projet. On sait qu’il y a beaucoup de gens en fait qui attendaient cet album depuis à peu près cinq ans, il sort enfin donc merci à ceux qui se sont dit que voilà, c’est c’est un groupe qui a qui a un certain mérite. Merci à eux surtout.

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