
Si pour certains la vie est avant tout faite de rencontres, la mienne est surtout faite d’imprévus, à l’image de ce show dont j’avais totalement oublié l’existence.
Mais lorsque Demande à la Poussière annonce ne pas rejouer à Paris avant un moment, j’ai sauté sur l’occasion, (re)découvrant par la même occasion Dronte ainsi qu’Echo Says Echo qui fêtent la sortie de leur nouvel album !
A l’heure dite, la lumière s’éteint, l’écran s’allume, et Demande à la Poussière débute son show devant un public éparse, mais attentif. Je suis le groupe depuis un moment déjà, et j’ai pu voir son évolution au fil des années, mais également des vocalistes, puisque c’est Kali (Senestra) qui a repris le flambeau et qui accompagne les trois gaillards au visage déjà maculé de taches sombres, et qui nous hurle dessus comme une possédée pendant que flashs et fumée assaillent nos mirettes. Si du côté de Neil (basse), Edgard (guitare) et Vincent (batterie), le jeu de scène n’a pas changé, les musiciens tabassant leurs instruments en headbanguant à s’en rompre le cou pour sortir ce son de l’apocalypse, la vocaliste apporte une touche encore plus brute à la formation, n’hésitant pas à se passer de son micro pour crier, ou s’enroulant le câble de nombreuses fois au tour du cou avant de reprendre ses vociférations tout en grimaçant. Elle profitera du court espace entre les titres pour nous remercier, puis le cauchemar reprend, s’aidant des visuels toujours cryptiques, ainsi que de la désormais traditionnelle sirène à manivelle qui remplace par moments sa voix sur Condamné, titre très rouge qui nous remet dans ce climat oppressant avant un dernier titre bien plus lumineux qui clôturera la setlist avec une intensité folle.
Sept musiciens s’installent sur scène : deux guitaristes, un batteur, un vocaliste… mais aussi un saxophoniste/flûtiste, un contrebassiste (totalement caché) et un vibraphoniste. Une configuration fort peu habituelle, tout comme leur musique, qui mélange les passages Jazz, des montées entre Prog et Post-Rock, des passages hurlés, du spoken word à la limite entre Screamo et Slam… il y a vraiment de tout chez Dronte, mais il y a surtout la joie de jouer ! Les musiciens affichent un large sourire, parfois même en décalage avec les mots du vocaliste et la musique plutôt angoissante. Le public semble visiblement connaître le groupe, puisque lorsque le vocaliste doit combler pour laisser les musiciens se réaccorder, un spectateur demandera au chanteur où retrouver ses projets, ce à quoi il lui répondra en riant “au merch, mais j’suis pas un homme sandwich !”, suivi de rires. Le “Post-Metal acoustique” reprend, mêlant toujours plus d’influences, complémentaires ou non, et le mélange semble séduire l’assemblée, qui saluera chacun des titres, et renforcera ses applaudissements pour un final intéressant, qui aurait été selon moi parfait avec de la saturation.
On passe donc à Echo Says Echo, groupe qui fête son petit dernier, Aithaleia… album dont j’avais déjà entendu l’existence par ce cher Clément Duboscq de l’agence de RP Vous Connaissez ? ! Si le projet ne m’avait pas séduit sur album, la technicité des musiciens va un peu changer la donne, voyant le coeur que le quatuor met à l’ouvrage pour distiller les riffs de leur disque, passant entre Post-Rock, touches Prog et saturation à la limite du Stoner par moments. On notera également l’assurance du guitariste principale, nous proposant “ »Si vous êtes chauds de chanter les chœurs avec nous” avant de se rattraper avec un “vous n’avez pas le choix ! » qui fera l’unanimité, mais malgré les harmoniques qui s’entremêlent avec passion, le manque de chant se fera largement ressentir à mes oreilles. Quelques samples sont parfois ajoutés, comblant les silences entre la fin des titres, les acclamations, et le début des suivants, et le show se déroule entre douceur et intensité, concentration et technicité, mais également ferveur et enthousiasme plus que communicatifs.
Aussi intimiste soit-elle, la soirée prend fin au merch pour la quasi-intégralité de l’assemblée. Si Demande à la Poussière a livré une prestation de haut vol à laquelle je m’attendais tout en nous offrant ce vent de fraîcheur au chant, Dronte et Echo Says Echo m’auront surpris avec des performances bien loin de mes styles de prédilection, confirmant l’engouement suscité par les deux projets ! Merci aux trois groupes pour leurs performances, mais surtout à Neil pour l’invitation !