
Le cocon d’Ashbringer est de nouveau ouvert.
Trois ans après son dernier album, l’entité menée par Nick Stranger (guitare/chant/claviers), Nathan Wallestad (basse), Jackson Catton (guitare/choeurs/claviers) et Andy Meyer (batterie) signe avec Bölverk Collective pour dévoiler son cinquième album, Subglacial.
My Flesh Shows its Weakness débute avec des claviers légers et modernes, mais se transforme et déferlante viscérale au son brumeux lorsque les hurlements investissent le mix, créant immédiatement un climat oppressant mais aérien. Les choeurs rejoignent le chant principal pour décupler l’agressivité pendant que les leads nous captivent, emportant notre esprit jusqu’à ce break d’abord calme puis un peu chaotique qui rejoint finalement Waning Conviction et sa dissonance à moitié masquée par la quiétude. Les cris en arrière-plan créent une touche fantomatique fascinante, mais on sent que l’intensité croît lentement, et la saturation finira par l’emporter tout en restant dans cette atmosphère minimaliste tout comme ce solo qui se met en avant sans trop en faire, puis le titre se termine doucement pour faire place à Subglacial, le titre éponyme. Les sonorités se développent lentement, presque imperceptiblement, puis explose d’un coup et nous emporte dans sa furie, adoptant parfois des touches Old School qui contrastent avec le contre-coup de sa folie et de la fausse douceur qui nous enveloppe avant de faire place à Fleeing into Portals qui nous envoûte sans attendre à son tour. Les touches Post-Rock sont très présentes dans la première partie du titre, mais la guitare s’emballe et fait renaître le tourbillon de noirceur qui deviendra finalement presque joyeux avant de passer la main à Send Him to the Lake qui nous propose un rythme nettement plus nerveux et saccadé, contrastant avec les quelques moments de flottement. Chant clair et saturé s’unissent pour un duo surprenant, puis c’est finalement Vessels qui nous accueille pour refermer l’album, proposant certes la composition la plus courte, mais également la plus changeante, capable de passer de moments aériens et presque Prog à un tel déferlement de rage avant de tout simplement prendre fin.
J’avais perdu la trace d’Ashbringer, et c’est un véritable bonheur que de retrouver ce son torturé et contrasté ! Subglacial nous prend aux tripes, nous cajole, rugit, bouillonne, s’apaise, gémit, et finalement nous hypnotise pour nous faire passer un excellent moment.
95/100