
Incandescence brûle toujours.
Quatre ans après leur dernière collaboration, Philippe Boucher (guitare/batterie/basse, Beyond Creation, Chthe’ilist, ex-First Fragment) et Louis-Paul Gauvreau (chant, ex-The Unconscious Mind) nous offrent le cinquième album du groupe, Hors temps, via Profound Lore Records.
Le duo est accompagné sur scène par Maxime Legault (guitare, Aeternam, ex-Valfreya), Simon Gauvreau (basse, ex-The Unconscious Mind) et Mathieu Meunier (guitare).
L’album s’ouvre sur Affranchissement, première composition d’abord assez mystérieuse mais qui change rapidement d’atmosphère pour développer des tonalités Old School glaciales et enivrantes avant d’accueillir les hurlements expressifs de Louis-Paul, ajoutant une touche humaine à cette première vague de son torturé. On notera un passage plus lent mais tout aussi prenant grâce aux parties vocales, puis c’est avec L’Enfer existe que le duo s’embrase, intensifiant de manière naturelle ses riffs en lui donnant un rythme saccadé accrocheur, mais également des passages transcendants. Le son finit par s’éteindre peu à peu, puis Confluence reprend le flambeau et dévoile une approche assez différente, plus contrastée entre les moments épiques et des éléments plus dépouillés qui lui donnent un aspect plus brut et dissonant. Le final déferle littéralement à nos oreilles pour rejoindre Le Vide qui continue dans cette direction dévastatrice qui joue à nouveau sur les deux extrêmes, plaçant même quelques influences Doom pesantes lors des passages lents, mais Sécheresse va prendre le relai pour nous ensevelir à son tour sous ses épaisses couches de noirceur, nous laissant tout de même quelques fois respirer. Les hurlements hantent les vagues ténébreuses qui nous lacèrent l’esprit, mais qui prennent somme toute assez vite fin, laissant à Marasme la primeur de développer des tonalités bien plus lumineuses mais toutes aussi furieuses qui nous replongent dans cette tornade virulente. Le titre présente une touche plus complexe dans les harmoniques dissonantes, mais aussi des cris plus macabres avant de s’aventurer dans la mélancolie au niveau des leads, puis sur ce final oppressant qui fera place à Inexorable détérioration, qui démarre sur les chapeaux de roues. Si on remarque un rythme relativement soutenu, on se laisse également happer par la détresse du vocaliste, plus expressif que jamais, qui nous entraîne dans sa chute et par conséquent les derniers riffs qui s’effacent au profit des claviers majestueux.
Le précédent album d’Incandescence m’avait déjà conquis, mais aussi bon qu’il fut, Hors temps montre très clairement une progression au sein du groupe ! L’alliance des deux musiciens est à son apogée, leur permettant de créer des titres marquants.
95/100