
On sait que Sanit Mils a la capacité de nous proposer des pépites musicales, et c’est à nouveau le cas aujourd’hui avec la première tournée française de Ponte Del Diavolo !
Leur dernier album m’ayant énormément séduit, je ne pouvais rater la date parisienne à la Boule Noire, surtout qu’ils sont accompagnés de Witchorious… !
L’heure arrive, la scène devient rouge, et les trois musiciens de Witchorious s’installent devant un public assez éparse, mais attentif. Le son gras et fuzzy emplit nos esgourdes pendant que notre nuque bouge toute seule, suivant le groove des riffs des franciliens devenus pourprés, qui matraquent cordes et peaux de batterie, ondulant ou grimaçant et vivant chaque note. Si malheureusement Paul Gaget (batterie) reste invisible à nos yeux, Lucie Gaget (basse/chant) et Antoine Auclair (guitare/chant) se relaient au micro, proposant des touches plus agressives pendant que leur rythmique hypnotise la salle et enchante facilement le public. Si le groupe est assez peu communicatif, se contentant de “Paris, vous êtes prêts ?” entre les titres, on sent qu’il est pleinement impliqué dans sa musique, et la fosse est réceptive, grossissant au fil des morceaux pour atteindre un final explosif fait de headbangs et de flashs avant la traditionnelle acclamation finale.
Setlist: Watch me die – Monster – The Witch – Lost in This Insanity – Beg for Evil – Cursed – Sanctuaire – Blood
Quelques réglages plus tard, c’est au tour de Ponte Del Diavolo d’investir la scène, mettant en avant ses influences Doom mystiques et occultes tout en affirmant son line up inhabituel : deux basses, une batterie, une guitare et une vocaliste. Si au centre, Erba del Diavolo (chant) est très expressive, s’accrochant à son pied de micro et scrutant chaque personne dans la salle, ses camarades sont tous dans leurs esprits, alignant leurs parties respectives avec cette touche oppressante, cette noirceur contagieuse et pourtant cette harmonie si naturelle. Et si le calme est présent dans la salle, sur scène la chanteuse n’hésite jamais à hurler, se cambrer, même s’asseoir devant nous, ressentant chaque note de sa musique et nous la faisant vivre plus intensément grâce à ses sourires, ses cris… Entre deux titres, nous auront également droit à quelques mots : “Thank you very much for being here tonight”, nous remerciant ou saluant l’organisation, nous évoquant ce qui est pour eux leurs premiers pas dans notre pays, qui est visiblement un souvenir marquant. Côté setlist, on remarque un bel équilibre entre l’album Fire Blades From the Tomb qui n’a que deux ans et De Venom Natura, comprenant également la reprise de Bauhaus, monument de la musique gothique, et les onze morceaux nous auront transportés jusqu’à la fin.
Setlist: Spirit, Blood, Poison, Ferment! – Every Tongue Has Its Thorns – Lunga vita alla necrosi – Red as the Sex of She Who Lives in Death – Il veleno della Natura – Zero – Nocturnal Veil – La razza – In the Flat Field (Bauhaus cover) – Demone – Covenant
Faute aux transports parisiens, je suis forcé de quitter la salle sans attendre, regrettant de n’avoir pu échanger avec les musiciens qu’avant le show, mais heureux de cette expérience. La première date de Ponte Del Diavolo est à mes yeux un franc succès, et bien que le groupe ne soit pas encore reconnu à sa juste valeur, je me félicite d’avoir pu les voir dans une si petite salle, proposant un moment intimiste après l’avalanche de Stoner de Witchorious. Merci une fois de plus à Sanit Mils pour ce concert exceptionnel !