Live Report : Kreator + Carcass + Exodus + Nails – Zenith

Après une dizaine de jours de pause, me revoilà dans une salle de concert… et quelle salle ! Ce soir, Kreator vient mettre le feu au Zénith de Paris !

Seuls ? Bien sûr que non : les allemands sont accompagnés de Carcass, Exodus et Nails… Un line-up parfait pour célébrer la violence que l’on doit à Live Nation !

Malheureusement, pas d’accréditation photo ce soir, il vous faudra imaginer la scène sur mes mots seulement.

Un titre de Mötörhead retentit, et les lumières s’éteignent pour se rallumer sur le trio… c’est officiel, Nails est revenu en France. Ils n’ont qu’une demie-heure de show, et le groupe mené par Todd Jones (guitare/chant) est plus en forme que jamais, balançant des riffs punitifs (entendrais-je une HM-2 ?) à tire-larigot pendant que le public se masse, et commence à s’échauffer pendant que le leader lâche “I want to see you fucking slam”ou qu’Andrew Solis (basse) n’intime un circle pit avant que Carlos Cruz (batterie) ne balance son blast. Si les lumières sont plutôt clémentes, le son est encore une fois vindicatif, et chaque foutue note sonne comme une incitation au headbang, au mosh et au déchaînement le plus pur, et le groupe l’a bien compris, enchaînant les titres entre deux “Thank you”, ou autres “Just split the pit apart”. Ils remercieront évidemment les autres formations qui leur succèderont, mais le point culminant du spectacle restera à mes yeux le morceau You Will Never Be One Of Us qui va vraiment lancer la fosse, et montrer à quel point le groupe a ce besoin viscéral d’en découdre, même s’il est à peine 19 heures. Un show qui marquera les mémoires pour sûr !

Setlist: Suffering Soul – Lacking the Ability to Process Empathy – Conform – Scum Will Rise – Violence Is Forever – God’s Cold Hands – Wide Open Wound – Made to Make You Fail – I Don’t Want to Know You – I Will Not Follow – I Can’t Turn It Off – Endless Resistance – You Will Never Be One of Us – Unsilent Death

Quelques minutes passent, et Exodus monte enfin sur scène. L’intro est à peine finie que Rob Dukes (chant) demande déjà un circle pit à une fosse un peu plus épaisse, et qui semble déjà réactive, profitant d’un des titres du dernier album du groupe, Goliath, sorti il y a à peine quelques jours. Tom Hunting (batterie), Gary Holt (guitare), Jack Gibson (basse) et Lee Altus (guitare) sont tous en pleine forme sur ce début de tournée européenne, et ils ne manqueront pas de nous le montrer, enchaînant les riffs, les solos, les choeurs, tout en laissant le frontman mener la danse (toxique ?), et me rappeler ma jeunesse. Car oui, même si en comparaison avec la moyenne d’âge, j’ai à peine passé trente ans, mes premiers émois du Metal Extrême sont avec l’album Shovel Headed Kill Machine, de 2005, et Exodus me fera le plaisir de jouer l’angoissante et groovy Deathamphetamine ce soir, me ramenant près de 20 ans en arrière, et me rappelant comment j’ai adoré ce groupe avec les rugissements de Rob, ce même Rob qui se balade sur scène, joue avec ses musiciens, prenant même le médiator de Gary pour jouer sa rythmique ou lâchant des “Hey Paris how the fuck are you doing tonight!” ou “Thank you motherfuckers” devant une fosse extrêmement réactive. Les slammeurs, d’abord anecdotiques, deviendront réguliers, et feront le bonheur du groupe, qui célèbre (selon moi) son retour en force sous des applaudissements massifs.

Setlist: 3111 – Bonded by Blood – Deathamphetamine – Blacklist – Promise You This – A Lesson in Violence – The Toxic Waltz – Strike of the Beast

Une fois de plus, la scène se dégage, et c’est cette fois les vétérans de Carcass (qui fêtent d’ailleurs cette année leurs 40 bougies !) qui montent sur les planches, avec toujours le même jeu de scène : Jeff Walker (basse/chant) au centre qui grimace et hurle, Bill Steer (guitare) qui sautille, ainsi que Daniel Wilding (batterie) et Nippy Blackford (guitare) qui sont plus mesurés. Je me rends d’ailleurs compte que j’en suis à ma huitième performance de Carcass, que j’avais d’ailleurs vus l’an dernier (à deux mois près) à quelques mètres de la salle, et qui feront un show “confort”, consistant à une majorité de Heartwork, leur album phare à l’embranchement entre Goregrind et Death Mélodique, mais seulement un seul titre de Torn Arteries, qui date déjà de cinq ans. Pas de surprise, Bill sautille, se place au centre sur ses leads, les autres jouent ensemble, Jeff toise avec sa basse, rugit et lâche “I can see you but I can’t hear you…”, tout est en place, et le public en redemande ! Les musiciens sont en pleine forme, le son est chirurgical, tout est présent pour passer un bon moment.

Setlist: Unfit for Human Consumption – Buried Dreams – Incarnated Solvent Abuse – No Love Lost – Carnal Forge – Dance of Ixtab (Psychopomp & Circumstance March No. 1 in B) – Genital Grinder – Exhume to Consume – Corporal Jigsore Quandary – Heartwork

Nous passons donc au clou de la soirée, les titans teutons qui nous ont tous fait venir ce soir, les monstres de Kreator qui s’offrent un drap pour débuter leur show, mais qui une fois celui-ci baissé vont délivrer une performance dantesque à tous points de vue ! Côté son, il n’y a absolument rien à redire, que ce soit sur les vociférations de Mille Petrozza (chant/guitare), la basse de Frédéric Leclercq (basse/choeurs), les leads de Sami Yli-Sirniö (guitare/choeurs) ou les frappes de Jürgen “Ventor” Reil (batterie), et le public en est conscient, moshant dès les premières notes. Mille aura à peine besoin de dire “Paris , we are Kreator, we’re glad to be back and you know what to do, we want to see the first wall of death”, agrémentant d’un “I want to see a fucking trench massacre” que tout sera effectué dans les règles de l’art. La scène est grande, mais les musiciens savent l’occuper, headbanguant ou se reculant pour les jets de flammes, de fumée ou même les lumières schizophréniques qui accompagnent leurs titres. Mais si on connaît (surtout moi, qui en suis à ma mon cinquième show du groupe) un Kreator assez exécutif et fédérateur, je le découvre ce soir plus théâtral, n’hésitant pas à abuser de flammes, de jets de fumée, de changement d’instruments ou même de tenues ! Car oui, on aime le Thrash cinglant et bourrin, mais visiblement, les allemands ont décidé ce soir de mettre les petits plats dans les grands, et de nous offrir performers à la torche, masques, et encore une fois ces flammes qui rythment leurs refrains, désormais devenus des hymnes pour certains. Du grand, du très grand Kreator, acclamé à chaque titre, avec même un passage où Mille laissera sa guitare à Fred pour un Loyal To The Grave fédérateur, mais on sent que même si l’album Krushers of the World est mis à l’honneur, le groupe explore toute sa discographie.

Setlist: Seven Serpents – Hail to the Hordes – Enemy of God – Satanic Anarchy – Hate Über Alles – People of the Lie – Betrayer – Krushers of the World – Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite) – Satan Is Real – Loyal to the Grave – Phantom Antichrist – Endless Pain – 666 – World Divided – Violent Revolution – Pleasure to Kill

Si pour ma part, je ne cache pas que je venais pour les deux excellentes premières parties qu’ont été Nails et Exodus, Carcass et Kreator ont eux aussi livré des shows massifs à tous points de vue ! Peu importe le style, du Powerviolence au Thrash, en passant par le Death, le Metal Extrême a vécu sa meilleure vie au Zénith de Paris ce soir ! Merci à nouveau à Live Nation France pour l’accréditation presse !

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