
Tulus est de retour.
Pour ses trente-cinq ans, le groupe mené par Sarke (batterie, Khold), Blodstrup (guitare/chant, Khold) et Crowbel (basse, Kråbøl, ex-Funeral, ex-Sarke) dévoile chez Darkness Shall Rise Productions son huitième album, Morbid Desires.
Salme II ouvre ce nouvel album en douceur avec des claviers planants, mais noirceur et agressivité arriveront bien assez vite sous la forme de riffs abrasifs et de rugissements, contrastés par les parties de chant clair et les claviers à la limite du Black Metal Symphonique. Pourtant, le mélange fonctionne bien, tout comme Skabb qui lui emboîte le pas et adopte un rythme bien plus groovy, presque même Black’n’Roll sur certains passages alors que d’autres sont faits d’éléments Old School furieux, à l’inverse de Tulus qui revient aux touches plus aériennes sur une base assez minimaliste. Nouvelle vague de violence avec Kistesmed, composition elle aussi tiraillé entre toutes les influences glaciales du groupe qui sait aussi bien laisser le blast que les harmoniques s’exprimer et qui n’hésite pas à passer de l’un à l’autre sans transition, puis Vanvidd nous offre des tonalités presque trop joyeuses ainsi qu’un peu de lourdeur. Malheureusement un peu rapide à mon goût, le titre nous offrira tout de même un solo avant de nous mener à Hedengangen, titre assez court également qui place immédiatement ses riffs accrocheurs et ses touches de Hard Rock entêtantes avant de revenir à la douceur sur Fossegrimens vakt, composition qui débute en acoustique mais qui ne tardera pas à laisser la saturation la hanter à nouveau. Le final est bien plus pesant, mais il s’apaisera à nouveau avec Skauånd, retrouvant ses sonorités hypnotiques en répétitives qui le rendent enivrant avant que Sabbat ne signe la fin de l’album avec huit minutes de riffs changeants et infusés au Heavy, comptant toujours sur la rugosité du chant pour accentuer l’agressivité même dans les passages les plus doux qui ponctuent la marche, passant même par quelques moments surprenants.
Toujours emprunt de diverses influences, le Black Metal de Tulus reste extrêmement efficace ! Si certains titres semblent un peu courts, Morbid Desires est dans sa globalité un bon album très diversifié qui n’hésite jamais à étonner.
80/100