Live Report : Panopticon + Sunken + Midsummer Blaze – Backstage By The Mill

Avril débute à peine, mais le mois s’annonce déjà riche en émotions, car Sanit Mils nous offre une exclusivité incroyable : la première date parisienne de Panopticon.

Célébrant The Laurentian Trilogy, les américains sont accompagnés sur la tournée par les danois de Sunken, que j’avais été contraint de rater l’an dernier, mais également de la formation réunionnaise Midsummer Blaze, qui m’avait fait forte impression l’an dernier ! De quoi donner au Backstage by the Mill des airs de recueillement aux différentes teintes de Black Metal… A noter que malgré un conflit d’intérêt musical, le public est déjà venu en nombre avant même l’ouverture des portes !

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Avec un tout petit retard, les lumières s’éteignent, et le son de Midsummer Blaze commence à se diffuser, tel une rumeur au sein de l’assemblée, guitariste et bassiste montant sur scène, suivie de la silhouette imposante de Saline (chant), qui se plante au centre et commence à chanter. Ses mouvements sont d’abord assez simples, presque automatiques lorsqu’elle est dans son épais manteau de cuir noir, affichant une certaine froideur à côté de ses camarades qui remuent légèrement la tête en jouant, mais lorsqu’elle le quittera pour dévoiler sa tenue blanche et déchirée – mise en valeur par des lumières plutôt clémentes – et le show prend une autre envergure. Si côté son, on retrouve cette même intensité par vagues propre au Blackgaze, on notera un fort contraste entre les musiciens impassibles, happés par leurs parties, et la vocaliste qui vit pleinement chaque partie de chant, chaque cri, chaque vague d’émotion qui nous emporte dans leur univers, finissant même à genoux au sol, hurlant de désespoir. Entre les titres, seuls quelques applaudissements se font entendre avant le long et appuyé banquet final, largement mérité pour cette ouverture onirique.

Setlist : Gaslighting – Acrimony – Ataraxia – Rumination

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Bien qu’adorant leur musique, j’avais quelques appréhensions à aller voir Sunken sur scène… et je n’ai pas été déçu : dès les premières notes, d’épais nuages de fumée se développent, obstruant totalement les cinq danois et les réduisant à l’état de silhouettes mouvantes. Le plus impressionnant restera Martin Skyum Thomasen (chant) dont la voix résonne dans ce brouillard intense (qui ne manquera pas de se renouveler, au cas où on souhaiterait prendre des photos correctes) tel un “memento mori”, accompagnant une rythmique sombre mais délicate réglée avec soin, et qui enchante à son tour l’intégralité de la fosse, déjà bien massée. Relativement timides au début du set les quatre musiciens qui accompagnent le vocalist ne manqueront pas de se prendre au jeu, headbanguant tout leur saoul lors des longues parties instrumentales prenantes qui font la marque de fabrique du groupe, et osant même se mettre en avant (j’ai d’ailleurs failli déguster la tête de la basse), pied sur le retour, pendant que le public apprécie silencieusement. On notera quelques “merci Paris” entre les morceaux, et le rituel sous-marin se poursuit devant une assemblée médusée qui n’aurait pas boudé un ou deux titres supplémentaires de la cérémonie !

Setlist : Din røst malede farver i luften – Foragt – Dødslængsel – Når livet går på hæld

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Les musiciens de Panopticon investissent finalement la scène, mais leur arrivée tardive (merci aux douanes anglaises) ont retardé leur soundcheck, qui sera fait dans une atmosphère légèrement chaotique. Pourtant, accusant à peine quelques minutes de retard sur l’heure prévue, Austin Lunn (guitare/chant) et ses camarades entament leurs premiers riffs, qui bien qu’assez imprécis sur le premier morceau ne cesseront de s’améliorer, nous faisant profiter de toute leur magie. À ses côtés, je ne reconnais qu’Aaron Charles (guitare/chant, officiant dans Falls of Rauros), qui l’aide à hurler pendant que bassiste et violoniste/claviériste compléteront les chœurs en temps voulu, et les riffs du quintet – que ce soit lors des moments les plus intenses ou durant les quelques pauses acoustiques – déférlent sur la capitale avec une efficacité redoutable. Austin s’excusera du retard, expliquant la situation et précisant “we usually got some visual stuff”, présentant par la même occasion le dernier album de son projet qui clôture la Laurentian Trilogy, mise à l’honneur ce soir, et le show reprend avec toujours autant de fougue et d’intensité, mais avec cette fois ci un mix parfait, peu importe l’endroit de la salle où nous nous trouvons. Chaque titre est un véritable bonheur, et les quelques rapides interventions de la tête pensante du groupe n’enlèvent absolument rien au charme de la soirée, même lorsqu’il demandera s’il leur reste un moment pour un dernier titre, qu’il souhaite pouvoir jouer sans que quiconque ne filme. Ce dernier titre est une véritable tornade jouant avec l’intensité et les changements de rythme envoûtants, profitant de passages à deux, voire même trois ou quatre voix, et c’est là que l’on peut se dire une chose : j’ai fait le bon choix ce soir. 

Setlist: I erindringens høstlige dysterhet (sur bande) – Winter’s Ghost Part II: Hjemløs – Dead Loons – The Great Silence, Extinct – Blood and Fur Upon the Melting Snow – The Blue Against the White – Woodland Caribou – Into the North Woods

Quelle soirée légendaire ! Bien que les conditions n’étaient à la base pas favorables (la présence de plusieurs shows, dont un sur les mêmes styles, ainsi que l’arrivée tardive), Panopticon a réussi haut la main son premier passage parisien au Backstage by the Mill ! Mention spéciale à Midsummer Blaze qui a tout donné pour réveiller le public, ainsi qu’aux fantômes de Sunken pour avoir assuré une vague de noirceur saisissante ! Et comme toujours, merci à Sanit Mils à la fois pour leur confiance, ainsi que l’organisation de shows aussi exceptionnels ! 

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