Live Report : Motocultor 2019 – Day 4

Le quatrième jour du Motocultor est déjà arrivé. Avec des journées aussi remplies, on ne sent pas le temps passer, mais la boue et la fatigue nous le rappellent sans aucun souci. Un retard à l’ouverture des portes aura pour effet de masser la quasi-intégralité du camping (du moins ceux qui sont debout) devant les portes, qui s’ouvrent finalement.

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Et c’est sous la Dave Mustage, quasiment vide à cause du retard, que The Lazys prennent possession de leur espace de jeu. On découvre alors un Hard Rock aux accents enjoués menés par un Lean Harrison (chant) charismatique. “Thanks for coming up early, we are The Lazys!” lance t il alors que Liam Shearer et Matt Morris (guitares) entament déjà le riff suivant en headbanguant. Côté rythmique, c’est plutôt solide avec un duo formé Jay Braslin (batterie) et Glenn Williams (basse) qui ne s’arrête jamais. Aidant parfois aux choeurs, les musiciens se mettent en avant par moments, mais laissent au frontman la primeur des regards du public. “Did everyone had a good sleep? And a good shower?” ironise le frontman en reprenant son souffle. Et peu à peu, le public afflue sous la tente, attiré par ces riffs énergiques servis par des musiciens en pleine forme. Mais le set est court, et les australiens doivent déjà laisser la place après quelques acclamations amplement méritées.
Setlist: Howling Woman – Picture Thieves – Little Miss Crazy – All Fired Up – Louder Than Youth – Nothing But Trouble – Can’t Kill the Truth 

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La violence m’avait manqué, et c’est Beheaded qui va m’offrir la première claque de la journée. Devant une Supositor Stage qui peine à se réveiller, une introduction épique accompagne l’entrée en scène des musiciens, suivie par un Brutal Death de qualité. Au centre, Frank Calleja (chant) observe la foule avant de se mettre à hurler, motivant instantanément les plus éveillés du pit à bouger. Très motivé, David Cachia (basse) caresse brutalement ses cordes pendant que Simone Brigo et Omar Grech (guitares) alignent des harmoniques sanglantes sous les blasts furieux de Davide “BrutalDave” Billia (batterie). Et si le jeu de scène nous rappelle celui des polonais la veille, l’efficacité est présente ! Malgré la technicité de certains passages, le jeu des maltais est très propre, et leur permet d’attirer de plus en plus de monde. “Let’s fucking hear you Motocultor!” lance le frontman avant un passage plus Old School qui ravira les amateurs du genre. Les parties leads sont incisives, et la fosse se motive à créer un petit circle pit en se lançant de la paille, initialement déposée pour endiguer la boue. “Hey you motherfuckers how are you doing, make some noise!” hurle à nouveau le chanteur, alors que les riffs reprennent de plus belle. Et pendant quarante minute, les musiciens ne perdront pas une goutte d’énergie ! Un groupe à mon avis beaucoup trop sous-estimé.

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Retour sur la Dave Mustage pour un autre concentré d’énergie lorsque Get The Shot s’empare de la scène. Jean-Philippe Lagacé (chant) ne tient pas en place, sautillant et courant sur toute la longueur de la scène pendant que Guy-Pierre Genest, Tom Chiasson (guitares) et Dany Roberge (basse) headbanguent en jouant. Le blast typé Hardcore de David St-Pierre (batterie) motive la fosse, qui saute et se rentre dedans en rythme, alors que le chanteur s’immobilise finalement au niveau des retours. Haranguant la fosse, il repart alors dans sa furie pour un break dévastateur. Mais visiblement, la scène n’est pas assez grande pour lui, puisqu’il décide rapidement de venir hurler à la barrière, puis de sauter dans la fosse, au grand dam de la sécurité qui se retrouve à devoir le gérer lui en plus des slammeurs. Une fois de retour sur scène, le manège continue et on ne sait plus où donner de la tête entre le chanteur et les musiciens. “Motocultor, je veux voir des circle pits, je veux voir des stage dive, je veux voir la plus grosse violence !” hurle Jean-Philippe, avant de retourner dans la fosse. Et il n’en fallait pas plus au public pour s’exécuter sur les riffs Hardcore aux accents Thrash des canadiens, multipliant les mouvements de foule. S’arrêtant à peine quelques instants pour motiver encore plus l’assemblée à bouger, le chanteur semble également très engagé et on le ressent dans son discours. “Je veux voir plus de stage dives ! Nous pouvons utiliser ces barrières à notre avantage!” lance t il alors que la sécurité est déjà fortement sollicitée. Et il faudra attendre la fin du set pour que les esprits s’apaisent enfin, félicitant chaudement la formation.

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Seul dilemme de la journée pour ma part, c’est avec une valeur sûre que j’attaque ce créneau. Et je suis content de constater que Hate est resté fidèle à ses valeurs avec un décor de scène certes un peu enrichi par rapport à la dernière fois où je les avais vus, mais toujours ce côté brut et épuré. Pavulon (batterie) s’installe à son kit pendant que Domin (guitare) et Tiermes (basse) se tiennent prêts alors qu’Adam “The First Sinner” Buszko (chant/guitare) prend place au centre, et le rituel démarre sur une introduction presque malsaine. Les deux crânes de chaque côté du micro ainsi que le backdrop offrent un parfaite cohérence avec la musique à la fois martiale, puissante et ésotérique des polonais. “What’s up people of France? Motocultor, are you ready?” hurle le frontman alors que le premier morceau démarre. L’atmosphère sombre se conjugue avec un son écrasant et prenant qui nous roule littéralement dessus. Après le premier morceau j’avoue faire une infidélité au groupe pour ne revenir que sur les deux derniers titres qui seront de la même efficacité, confirmant l’impression que j’avais eue en écoutant les albums: Hate c’est un show carré, précis et impressionnant qui prend littéralement une autre dimension en live. A revoir sans modération.
Setlist: Asuric Being – Erebos – Valley of Darkness – Sovereign Sanctity – Hex – Walk Through Fire

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C’est donc vers le combo japonais expérimental Vampillia que je cours, arrivant pile à temps pour apprécier leur folie à l’oeuvre. Mélangeant un Post-Hardcore, du Black Metal, des noises, un violon, un clavier et une basse vrombissante, les nippons nous offrent un spectacle incroyable en mêlant douceur, violence, sonorités malsaines, riffs atmosphériques, ambiance planante et un frontman incroyable qui hurle à pleins poumons ses textes pendant que l’orchestre se déchaîne derrière lui. Posé en plein milieu de la scène alors que les musiciens jouent, le chanteur harangue la foule, se mouche, se recoiffe puis traverse le pit photo afin de se laisser littéralement porter par le public au centre de la tente. Il se relève, et c’est sur les spectateurs qu’il hurlera avant de se laisser tomber à nouveau pour rejoindre la scène, où Neige (Alcest) attend patiemment de rejoindre le groupe sur scène. Un projet à creuser de toute urgence.

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On enchaîne avec un autre type d’orchestre puisque c’est Pensées Nocturnes qui investit la scène principale avec sa troupe décadente. Aidé de ses acolytes, Vaerohn (chant/trombone) sème la terreur sur la grande scène grâce à un Black Metal champêtre parfois dissonant, parfois furieux, mais toujours viscéral. Les coulrophobes n’apprécieront probablement pas ce maquillage à mi-chemin entre un corpse paint et un clown classique, mais ce sont également les tenues de scène qui participent à l’ambiance instaurée par les français. De la redingote à la veste jaune en passant par un pantalon à bretelles, le frontman mène la danse. “Allez Motocultor, j’entends rien !” hurle t il avant de repartir dans sa plus sombre folie. Un mégaphone à la main ou simplement vociférant dans son micro des paroles en français, le parisien semble totalement possédé sur ce rythme endiablé qui se poursuivra tout au long des compositions, n’autorisant que peu de temps morts.

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Restons dans la noirceur avec la première apparition française de Midnight sur la Supositor Stage. Les américains, menés par Athenar (basse/chant), se présentent encapuchonnés et le visage masqué par un tissus noir, mais nul besoin de voir leur visage pour savoir qu’ils sont prêts à en découdre. A la batterie, Steve “SS” Dukudslow blaste en quasi permanence, apportant ce côté Thrash/Speed voir même Punk sur certains passages aux riffs de Commandor Vanik (guitare) qui n’a de bouger sur scène. Headbanguant quelque peu, il n’hésite pas non plus à s’agenouiller, poser son pied sur les retours, haranguer la fosse, gesticuler ou monter à côté de la batterie tout en jouant, donnant cet aspect violent et très raw à la musique malsaine des américains. Athenar quand à lui, se contente de rester derrière son pied de micro et enchaîne les morceaux. Des titres courts et incisifs, qui témoignent d’une extrême volonté de la part du groupe. Dans la fosse, c’est le chaos le plus total, et visiblement tous les coups semblent permis… A la fin d’un set intense, il offrira un drapeau à un spectateur, mais la chose dégénère et il se voit obligé de le récupérer pour le rendre à son propriétaire, tant celui-ci se faisait presque marcher dessus pour la possession dudit cadeau. Quoi qu’il en soit, c’était sale et on en reprendrait bien !
Setlist: Penetratal Ecstasy – Poison Trash – Vomit Queens – Evil Like a Knife – Prowling Leather – Endless Slut – Satanic Royalty – Violence on Violence – Lust Filth and Sleaze – You Can’t Stop Steel – Who Gives a Fuck? – Unholy and Rotten

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On repasse sur la scène principale pour le show de Voivod, visiblement très en forme. Si Snake (chant) reste au centre de la scène avec son pied de micro, Chewy (guitare) est vraiment motivé. Au niveau des retours, le guitariste headbangue en jouant et harangue la fosse, alors que Rocky (basse) est un peu plus en retrait, mais semble tout autant motivé. Alliant un Thrash Metal incisif à des tonalités plus Prog, les canadiens comptent également sur le jeu énergique d’Away (batterie) qui maltraite ses cymbales avec vigueur. Le chanteur gardera son pied de micro même lors de ses déplacements, mais c’est avec un grand sourire qu’il s’adresse à nous. “Vous savez ce qui est bien? Enfin je peux parler français! La prochaine est une pièce de notre dernier album!” lance t il à une fosse plutôt conséquente. Et c’est un effet un titre qui reprend des éléments Prog voir même Avant-Gardistes et des samples étranges que groupe commence à jouer, mettant en avant à la fois leur virtuosité mais également leur goût du risque. “Alors, that’s crazy? On se fait un petit Rock’n’Roll?” demande Snake avant la fin, content du retour de l’assemblée qui a aussi bien accueilli les anciens titres que les nouveaux.

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Passage obligatoire par la Supositor Stage afin de se remplir les oreilles d’un Death Old School avec Incantation, que je vois pour la troisième fois en moins de six mois. Pas réellement de surprise donc avec une entrée en scène sobre et un “We are Incantation, we play Death Metal!” lâche avec entrain par John McEntee (guitare/chant) avant que le premier riffs gras ne frappe la foule. Chuck Sherwood (basse) et Sonny Lombardozzi (guitare) haranguent la foule en headbanguant pendant que le frontman growle au centre de leur espace de jeu, soutenu par un blast toujours aussi puissant de la part de Kyle Severn (batterie). Et on sent que les musiciens connaissent leur rôle à la perfection, alliant parties lead à une rythmique implacable et dévastatrice, qui fera remuer la nuque des habitués autant que des curieux. Mais la fosse ne s’agite pourtant pas énormément, préférant savourer les riffs gras et martiaux plutôt que de se rentrer dedans, malgré les “Come on!” répétés du chanteur. Allant d’avant en arrière, les musiciens posent tour à tour devant un public qui les acclamera à l’issue d’une prestation impeccable.

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Place à présent à l’ovni musical de cette programmation, empereur des jeux de mots depuis… eh bien probablement depuis des dizaines d’années, Henri Des vient ramener à nos hordes de metalleux sanguinaires (vous la sentez l’ironie ?) leurs jeunes années. Et pour ce faire, c’est avec son groupe ZE Grand Gamins que l’icône des enfants est arrivé. Son fils Pierrick Destaz (également appelé Mouloud Rochat) à la batterie ainsi que Raphaël Ortis (surnommé Obi-Wan Pichon) à la guitare/basse vont donner un accent Thrash/Musette/Punk aux contines pour enfants que le bonhomme, du haut de ses 78 ans et demi, nous interprétera comme au premier jour. “Hey Motocultor ! Vous êtes la ?” demande le chanteur à une tente qui déborde presque, et qui slamme déjà, donnant du fil à retordre à la sécurité. Un “chenille pit” démarre alors, faisant à nouveau perdre quelques années au public, qui semble oublier toute notion de violence lors de ce concert exceptionnel.

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On revient à la brutalité pure et dure pour l’entrée en scène d’Aborted, qui vient à nouveau retourner le Motocultor. Après une introduction rapide, pas de quartiers ! TerrorVision vient mettre une première mandale au public, avec les hurlements toujours aussi impressionnants de Sven “Svencho” de Caluwé (chant). Le rouleau compresseur de double pédale signé Ken Bedene (batterie) est toujours aussi bien huilé, pendant que Ian Jekelis headbangue seul de son côté, alors que Stefano Franceschini (basse) et Harrisson Patuto (guitare) jouent entre eux. “Hey Motocultor, ça va ?” lance Sven, juste avant qu’un Deep Red surpuissant ne nous tombe dessus, suivi d’un Necrotic Manifesto dévastateur. Alors que la fosse s’est déjà bien agitée, le chanteur n’entend pas en rester là. “Chaque fois qu’on passe ici, y a du circle pit, y a des slammeurs, mais on a un circle pit autour de la sono la dernière fois, vous nous refaites la même chose !” ordonne le frontman. Et il n’en fallait pas plus pour que des dizaines de spectateurs se mettent à tourner autour de la régie son, provoquant l’hilarité des non-initiés, mais aussi la détresse dans les yeux de ceux qui ne s’y attendaient pas. Et un show d’Aborted, c’est ça en permanence, de la fureur, de l’intensité, du slam, des mouvements de foule par dizaines, des “Bang your fucking head!” du chanteur juste avant un break pachydermique, des sauts sur scène, des musiciens talentueux qui alignent sans sourciller des parties aussi complexes que violentes… Et quand leur set prend fin après une dizaine de morceaux, on comprend que le réveil du lendemain va être compliqué !
Setlist: Lasciate ogne speranza (sur bande) – TerrorVision – Deep Red – Necrotic Manifesto – Hecatomb – Cadaverous Banquet – Retrogore – Vespertine Decay – The Holocaust Incarnate – Coffin Upon Coffin – A Whore D’oeuvre Macabre – Sanguine Verses (…Of Extirpation) – Threading on Vermillion Deception / The Saw and the Carnage Done

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Retour sur la Dave Mustage pour l’arrivée d’un des groupes les plus attendus de la journée, j’ai nommé Avatar ! Alors que les membres ont été victimes d’un accident plus tôt dans le week end, ils sont tout de même présents ce soir plus le plus grand bonheur des festivaliers, et c’est sur un “We are… Avatar! You know they can’t stop up! I just want you all to loose your minds…” de la part de Johannes Eckerström (chant) que le show commence sur l’entraînante Hail the Apocalypse. Le jeu de scène est roadé à l’extrême, Jonas Jarlsby (guitare), Henrik Sandelin (basse) et Tim Öhrström (guitare) headbanguent à s’en décrocher la nuque (comme le public d’ailleurs) sous les frappes de John Alfredsson (batterie). Haranguant la foule qui réagit immédiatement à ses ordres, le frontman maquillé en profite pour nous gratifier de toutes sortes de grimaces avant d’enchaîner sur la plus récente A Statue of the King, tout aussi martiale que le titre précédent. Et c’est ce qui fait la force d’Avatar, une rythmique lourde et rapide, un Groove à toute épreuve, et quelques sonorités un peu dissonantes. Cependant, je vous avoue avoir perdu toute notion de raison sur les divines Paint Me Red et Bloody Angel, aux paroles ô combien puissantes. “You know something? This is the last festival of our summer! So this is everyone’s last chance to lose your mind on Avatar!” hurle le frontman. Et à nouveau les suédois nous prouvent que la réputation qu’ils ont bâti n’est pas usurpée avec un chant clair intense que les hurlements, un jeu de scène mémorable, mais également un humour et une joie de vivre communicative, qui sera témoignée sur scène par des musiciens qui prennent plaisir à aligner leurs riffs devant un public souriant et heureux de vivre le moment. Mais le chanteur ne compte pas en rester là, car après une parfaite interprétation de The King Wants You to Avatar Country, il nous annonce la suite des festivités en véritable maître de cérémonie. “We are closing our Avatar Country so next time we will have some new shit!”. Et alors que la foule exulte d’entendre de nouveaux morceaux, le sourire du frontman s’assombrit. C’est Smells Like A Freakshow qui a été choisie pour clore cet intense set, et c’est pour moi le moment de dire définitivement adieu à ma nuque. Vous l’aurez compris, cette prestation était démentielle.
Setlist: Hail the Apocalypse – A Statue of the King – Paint Me Red – Bloody Angel – The Eagle Has Landed – Get in Line – Let It Burn – Glory To Our King (sur bande) – The King Welcomes You to Avatar Country – Smells Like a Freakshow

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L’atmosphère change du tout au tout avec Primordial qui investit la tente, avec une sobriété évidente de la part de tous les musiciens, laissant le centre de la scène à A.A. Nemtheanga (chant). Surmotivé et très théâtral comme à son habitude, le frontman nous offre un chant d’une pureté et d’une intensité incroyables, tout en haranguant la foule. “Are you ready?” lâche t il, alors que Ciáran MacUiliam et Micheál O’Floinn (guitares) alignent leurs harmoniques sombres aux inspirations celtiques sur la rythmique intransigeante de Simon O’Laoghaire (batterie) et Pól MacAmlaigh (basse). Sans aucune coupure, on se laisse facilement emporter par ces titres mi-violents, mi-atmosphériques mais qui sont servis avec la même perfection que sur album, avec en plus de ça des lumières qui aident à se prendre au jeu. Accroupi sur le devant de la scène, Nemtheanga continue de chanter en s’adressant à nous. “Show me your horns Motocultor, let’s go!” hurle t il en plein morceau, alors que derrière lui les musiciens headbanguent en jouant, ne s’arrêtant même pas entre les titres. Si j’avais déjà vu Primordial auparavant, et que j’avais déjà été surpris de leur puissance sur scène, je peux vous assurer que c’est le meilleur concert qu’ils aient donné depuis un moment !
Setlist: Where Greater Men Have Fallen – Lain With the Wolf – Nail Their Tongues – No Grave Deep Enough – To Hell or the Hangman – Empire Falls

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Changement total d’univers avec Hatebreed qui entre sur la scène principale avec un titre coup de poing qui surprend après une introduction très calme. Motivé et communicatif, Jamey Jasta (chant) ne tient pas en place, alors que dès le début c’est une slammeuse dans une poubelle qui arrive au niveau de la sécurité. “You know what time it is!” lâche le chanteur en repartant, alors que Chris Beattie (basse), Wayne Lozinak et Frank Novinec (guitares) nous offrent une rythmique dans la plus pure tradition du Hardcore sous les frappes de Matt Byrne (batterie). Je me répète, mais je n’ai jamais été grand fan de ce style musical, pourtant ce week end commence à me réconcilier avec, et Hatebreed y participe avec leur énergie intarissable. “You guys are ready?” demande le frontman comme pour lui-même alors que c’est Destroy Everything qui commence. Nul besoin de technicité ici, c’est l’efficacité qui prime et la réponse est immédiate. “We are celebrating 25y of Hatebreed!” annonce le chanteur. “Thanks to Motocultor for this! Respect!” lance t il avant de repartir sur un nouvel hymne motivant qui fait sauter et mosher la fosse. Les applaudissements qu’ils récolteront à la fin de leur temps de jeu seront amplement mérités.

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On reste dans la violence et l’efficacité avec une autre formation légendaire, puisque c’est Napalm Death qui nous offre la dernière prestation du festival sur la Supositor Stage. Alors qu’il semblait très calme, Mark “Barney” Greenway (chant) s’excite d’un seul coup et commence à courir sur la scène, s’arrêtant à peine pour vociférer dans son micro. Pendant ce temps, Shane Embury (basse), Danny Herrera (batterie) et John Cooke (guitare) maltraitent leurs instruments pour nous offrir un condensé de ce que les anglais ont fait de meilleur dans leur carrière, c’est à dire des riffs rapides, dérangeants et massifs. Et après quelques titres, Barney prend la parole, offrant à ses camarades et lui quelques secondes de répit. “For those who doesn’t know, we are Napalm Death from Birmingham England”. Mais à peine le nom de leur pays prononcé, le groupe enchaîne avec un nouveau titre tout aussi empli de rage. De rapides interventions, engagées ou non, nous annoncent les morceaux, qui défilent dans la tradition des anglais. Mais la fatigue se fait sentir du côté des festivaliers, et la fosse est plus calme que d’habitude pour les papes du Grindcore. “Now it is time for a cover song!” lance le frontman. “Anti fascism, contre le fascisme! Originally played by a band called Dead Kennedys!”. Et les poings se lèvent alors pour accueillir la célèbre Nazi Punks Fuck Off. Encore quelques morceaux, et c’est la fin du show d’une valeur sûre de la scène mondiale en matière de violence, qui ne m’a jamais déçu !

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Tout dernier show de cette édition 2019, Bloodbath vient déverser toute sa haine sur un public fatigué mais visiblement au rendez-vous. Et rapidement, c’est (sans mauvais jeu de mots) un bain de sang visuel, puisque les lumières rouges inondent la scène lorsque Old Nick (chant) et ses acolytes arrivent sur un “Bonsoir Motocultor” de la part du chanteur. Mais peu importe, puisque le son est excellent, surtout lors des leads cinglants de Blakkheim et Tomas Åkvik (guitares), qui n’hésitent pas à se mettre en avant. Les titres sont d’une violence incroyable, en partie grâce aux frappes sauvages d’Axe (batterie), qui restera malheureusement invisible, et à la basse vrombissante de Lord Seth, qui assure une base grasse permettant aux guitares de s’exprimer. Et bien qu’il ait été sujet à des discussions houleuses, les hurlements du chanteur sont parfaits. “This is… So. You. Die.” lâche t il pour introduire le troisième morceau, qui sera tout aussi puissant que les deux précédents. Bien qu’axée sur le dernier album de la formation, avec pas moins de quatre titres, les suédois jouent sans difficulté des morceaux plus anciens, avec quelques choeurs du plus bel effet. “Merci Beaucoup…” lance froidement Nick. “We are the last band of the festival, so here is the next song”. Et ce sont à nouveau des riffs violents, sanglants et lourds qui emplissent la tente jusqu’à ce merveilleux doublé final: la malsaine Cry My Name ponctuée d’harmoniques perçantes et enfin la divine et lourde Eaten. Une leçon de Death Metal.
Setlist: Fleischmann – Let the Stillborn Come to Me – So You Die – Chainsaw Lullaby – Bloodicide – Breeding Death – Cancer of the Soul – Warhead Ritual – Outnumbering the Day – Cry My Name – Eaten

 

Le festival est terminé. Le temps de rejoindre l’espace presse pour un dernier verre en compagnie d’amis de longue date, de collègues que l’on recroise tous les ans ou des nouveaux rencontrés, et il faut déjà regagner la voiture. Le sol est beaucoup plus praticable, mais la déprime post-festival commence déjà à pointer le bout de son nez. Le rendez-vous est déjà donné pour l’an prochain avec le premier groupe annoncé: Heilung ! Rien que ça.

Un énorme merci à Yann Le Baraillec et son équipe pour cette programmation intense, c’est une réussite !

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