Review 1405 : Petit Brabancon – Fetish

Petit Brabancon se révèle enfin.

Créé en 2021 au Japon, le groupe qui n’a de commun avec le chien du même nom que sa pochette se compose de Kyo (chant, Dir en Grey, Sukekiyo), Miya (guitare, MUCC), antz (guitare, Tokyo Shoegazer), Hirofumi Takamatsu (basse, THE NOVEMBERS) et Yukihiro Awaji (batterie, L’Arc~en~ciel). Peu après sa création et quelques singles, le groupe annonce la sortie de Fetish, son premier album.

Don’t Forget, le premier morceau, va immédiatement nous révéler un mélange entre lourdeur, parties vocales brutes et furie intense, créant un ouragan musical aux influences aussi multiples que complémentaires. Les choeurs viennent créer un contraste avec le chant principal hargneux sur ce court titre, mais Gion vient rapidement renouer avec des sonorités Nu Metal saccadées et groovy. Il est simple de prévoir les explosions de violence que le chanteur maîtrise à la perfection, mais les riffs lui donnent une saveur particulière tout comme sur OBEY et sa fausse douceur qui se transforme rapidement en lourdeur accrocheuse. Le chant clair inquiétant alimente le contraste avec les parties saturées explosives tempérées par l’instrumentale puis le groupe enchaîne avec Ruin of Existence et son groove immédiat qui laisse les cinq musiciens développer une rythmique aussi imprévisible que progressive. Shuchou ni Te wo Nobasu Shura va nous dévoiler une facette plus inquiétante et planante de l’univers musical du groupe qui laisse au vocaliste une liberté totale entre growls et chant clair, puis Koku lie les sonorités accrocheuse à des leads dissonants et planants. Les parties vocales s’adaptent à cette rythmique douce et planante tout en laissant quelques éclats de rage apparaître avant come to a screaming halt et ses influences Post-Punk modernes. Les claviers et effets cybernétiques développent une atmosphère très spéciale pour accueillir un chant apaisant, qui va créer un contraste total avec l’énergique et malsaine I kill myself qui laissera des leads entêtants nous emporter vers des parties lourdes. L’agressivité se développera à nouveau sur Pull the trigger, un titre extrêmement accrocheur et lourd qui laisse la folie contaminer tous les musiciens pour créer des riffs énergiques et agressifs tout comme Hiningen, Dokuhaku ni Arazu qui m’a tout simplement envoûté. Entre la rage viscérale du vocaliste et l’instrumentale lancinante, ce morceau est tout simplement l’un des plus sombres de cette année, et il ne nous lâche pas jusqu’à ce qu’Isolated Spiral ne prenne la suite avec des leads hypnotiques. La basse joue également un rôle important dans cette rythmique lourde qui donne aux parties vocales une base pesante avant que Muchitsujo ha Mukuchi to Utau ne réveille la folie. Lourdeur et agressivité permanente s’allient pour faire de ce morceau un véritable briseur de nuques avant de laisser Kawaki refermer l’album avec ce contraste entre douceur et agressivité.

Les groupes japonais ont toujours cultivé un son unique, et Petit Brabancon nous le prouve à nouveau. Tous les musiciens sont issus de groupes très différents, et leur alliance fait de Fetish un album varié axé sur un groove dévastateur couplé à une lourdeur massive.

85/100

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