Review 1483 : Virgil – Acheron

Virgil revient frapper avec son deuxième album.

Après avoir proposé un premier EP en 2017, suivi d’un album en 2020, le groupe composé de Marius Vantomme (chant), Julien Baquero (guitare), Charles Konieczna (basse), Thomas Fontaine (guitare) et David Blanquart (batterie) signent avec Source Atone Records pour annoncer la sortie d’Acheron.

Le groupe attaque avec Acheron, une courte introduction éponyme qui dévoile des tonalités mystérieuses avant de laisser Black Feathers nous écraser avec un mélange pesant de Black Metal, Deathcore et Post Metal. L’agressivité pure infusée aux sonorités épiques et dissonants colle parfaitement aux hurlements déchaînés qui alimentent l’ambiance apocalyptique avant qu’Eternity ne prenne la suite avec un son lancinant qui reste toujours aussi lourd. On retrouvera des patterns accrocheurs efficaces qui nous feront remuer le crâne, puis les leads perçants se joignent au son brumeux avant que la rythmique ne nous mène à Cocyte et ses riffs saccadés martiaux. Le son accélère d’un coup, laissant les influences les plus agressives et la double pédale se mêler aux hurlements avant de freiner à nouveau, rythmant le titre avec une énergie infernale tout comme sur Nil et ses riffs glaciaux effrénés, qui laisseront parfois des passages plus doux nous apaiser avant de nous clouer à nouveau au sol. L’album continue avec Immaculate et ses sonorités dérangeantes qui se muent peu à peu en riffs accrocheurs et énergiques tout en conservant une dimension assez éthérée avant que Charon ne vienne nous offrir un court moment de répit avec une douce mélodie. La fureur refera surface avec Hunt, une composition extrêmement agressive qui couple la dissonance à des patterns sauvages, créant un contraste accrocheur et varié avant que Martyr ne vienne nous ensevelir sous sa chape de noirceur dissonante et étouffante. Les riffs nous font suffoquer jusqu’à ce qu’ils ne s’éteignent soudainement pour laisser place à Mother, une composition plus agressive qui sait tirer profit des influences Black Metal et des orchestrations pour dévoiler des sonorités plus majestueuses. La mélancolie s’invitera dans la partie finale avant que Soreness ne prenne la suite pour écraser avec une recette très agressive aux multiples influences, mais le titre est assez court, et la tornade nous conduira rapidement à Ignis, la dernière composition, qui exploite ses racines assez Old School pour déployer ses mélodies aériennes et sa rythmique saccadée ravageuse jusqu’au dernier moment, non sans nous envoûter avec des harmoniques cinglantes.

Le son apocalyptique de Virgil nous cloue au sol en un instant, éradiquant tout sur son passage avec un mélange de Black Metal et de Deathcore infusé de diverses influences pour faire d’Acheron un album hautement contrasté mais indispensable.

90/100

English version?

Quelques questions à Julian Baquero, guitariste du groupe Virgil, pour la sortie de leur nouvel album, Acheron.

Bonjour et tout d’abord merci de m’accorder de votre temps ! Comment présenterais-tu le groupe Virgil sans utiliser les habituelles étiquettes “Metal” ?
Julian Baquero (guitare) : C’est un groupe de musique extrême qui focalise son univers sur les sentiments primitifs et profonds des hommes, une obsession qu’on pousse à son paroxysme.

D’où vient le nom du groupe, et comment le reliez-vous à la musique que vous jouez ?
Julian : Le nom du groupe vient de Virgile, le poète qui accompagne Dante en Enfer. On aime l’idée d’être la personne, qui accompagne l’auditeur/spectateurs dans les abîmes.

Votre second album, Acheron, s’apprête à sortir, comment vous sentez-vous à ce sujet ?
Julian : On est impatients. Ça fait plus de 2 ans que l’on travaille sur cet album. On est contents du produit final, que ce soit pour l’écriture des morceaux, la production sonore de l’album, les textes ou même notre imagerie on a vraiment envie qu’un max de monde l’écoute, le partage et de proposer des set live intenses ! 

Comment pourriez-vous résumer Acheron en trois mots ?
Julian : Sombre, Violent, Poisseux.

Comment s’est passé le processus de composition ? Ainsi que l’écriture des paroles ?
Julian : On a commencé à travailler un peu avant les confinements, à chaque fois par vagues de 2 à 3 morceaux. A chaque fois on part d’un riff, d’une intention ou d’une idée bien précise qu’on exploite au max. Après font des aller retour entre nous et en répétition. Marius nous propose un texte, une thématique et on avance morceau après morceau. Chaque morceau est enregistré plusieurs fois. Ça nous permet de prendre du recul sur notre musique, notre son et ça nous permet de maintenir une direction et de composer les arrangements avec plus de précision.

Et concernant l’artwork, comment s’est passée la collaboration avec l’artiste ?
Julian : C’était une expérience de dingue ! Dis toi qu’il n’y a pas de retouche sur la photo tout est « vrai”. Le liquide, le tissus, les différentes textures qui composent l’arrière-plan. Il y a une demi-journée d’installation et une nuit complète de shooting à faire des essais jusqu’à ce que l’excellent Kalimba nous dise « c’est bon je l’ai ! ». On est super fiers de son taf, il a fait un boulot incroyable et il faut aussi féliciter notre modèle qui a enduré un shooting et des conditions très intenses pour créer cette pochette.

Quand j’écoute l’album, je ressens un mix apocalyptique entre Black Metal, Deathcore et éléments Post, comment arrivez-vous à mêler toutes vos influences pour créer des riffs écrasants mais cohérents ?
Julian : On pense que ça vient de notre méthode de composition. On écoute tous des trucs très différents, on prend notre temps et on ne se fixe pas de limite. Il n’y a pas de problème d’ego dans la compo. On garde les riffs et structures que la majorité préfère et on continue. On avait une piste de travail un objectif dès le début et on a essayé de maintenir cette direction du début à la fin. Pour nous Acheron est une énorme évolution du son et de la direction dans laquelle Virgil s’engouffre.

Quel est le titre qui te parle le plus personnellement ?
Julian : Mother sans aucune hésitation. En plus d’être très écrite, elle a tout ce qu’on voulait faire en 4 min.

Pour avoir regardé quelques vidéo live du groupe, on constate une évolution de votre identité visuelle, comment s’est elle passée ?
Julian : Petit à petit, on a voulu pousser un peu plus le curseur, créer une identité, une ambiance. Dès Divina Infernum on a voulu aller plus loin dans la musique et par la même occasion travailler visuellement sur notre ambiance musicale. L’idée est de pousser l’expérience live, on doit apporter un plus par rapport au CD.

Vous avez récemment signé avec Source Atone Records, comment se passe la collaboration ?
Julian : Super ! Ils sont à l’écoute et nous font confiance. On est très contents d’avoir signé chez eux et de vivre avec eux cette sortie d’album. Surtout que dans le roster du label nous apprécions énormément la musique des autres groupes. 

Depuis 2020, le monde souffre du Covid-19. Comment avez-vous vécu les différentes périodes de restrictions en tant que groupe ? Est-ce que la pandémie a eu un impact sur l’album ?
Julian : La pandémie à eu un effet positif sur l’album, en vérité. Elle nous a permis de prendre le temps sur les compos, les arrangements, sur l’idée que nous avions de ce second opus. Bien évidemment, pour Divina, on avait commencé à jouer un peu partout dans l’hexagone, et le covid nous a fauché l’herbe sous le pied ! Mais ce n’est que partie remise ! 

Est-ce que vous avez déjà des plans pour le futur du groupe ? Que ce soit pour des dates live, ou même autre chose ?
Julian : On commence à reprendre des dates, et on est heureux d’avoir des assos et orgas qui nous contactent spontanément pour nous proposer des plans et des lieux pour jouer. Cela nous permet de renouer avec le monde de la scène, et de rencontrer de nouveaux artistes et notre public par la même occasion.

Quel est votre regard sur la scène française actuelle ? Et concernant la scène internationale ?
Julian : Sur la scène française, énormément de talent, mais parfois trop peu mis en avant en France. Concernant la scène internationale, c’est difficile à dire, il y a tellement d’albums qui sortent, même s’il y a eu d’incroyables découvertes encore cette année.

Est-ce qu’il y a des groupes ou des musiciens avec lesquels vous aimeriez collaborer, que ce soit pour un titre ou plus ?
Julian : Nous y avons déjà réfléchi. Mais notre musique étant très personnelle et intense je pense que cela ne servirait pas le propos. Si un jour nous avons une rencontre artistique intéressante ou un coup de cœur pourquoi pas. Nous ne nous mettons jamais de barrière, il faut juste trouver la bonne formule. 

Quels sont les groupes de la scène française qu’il faut absolument écouter en 2022 selon vous ?
Julian : Stengah avec leur album Soma Sema, Akiavel, Embrace your Punishement, The Great Old Ones, Regarde les Hommes Tomber, Enthroned (bon ils sont belges)… 

Est-ce que vous avez l’impression de vous être améliorés en tant que musiciens depuis l’album précédent ?
Julian : Oh que oui! Le Covid a eu cet effet positif sur nous, ça nous a permis de prendre plus de temps sur les compos et donc d’affiner un peu plus notre écriture et de mieux pratiquer nos instruments.

Est-ce qu’il y a un artiste avec lequel vous souhaiteriez collaborer ? Que ce soit pour un titre, un album, un artwork…
Julian : Virgil travaille depuis le début avec un “crew”. Ces hommes et femmes de l’ombre profitent énormément à l’amélioration constante de notre projet et nous adorons travailler avec ces personnes exceptionnelles qui apportent une vraie plus-value au groupe. Comme dit précédemment, nous ne sommes jamais fermés à des collaborations si cela permet de progresser. 

Si je vous demandais à quel plat français pourriez-vous comparer la musique de Virgil, lequel choisiriez-vous ? Pourquoi ?
Julian : Le Welsh (de chez nous), ça à l’air gluant, et pourtant on a toujours autant plaisir à en manger !

Dernière question: avec quels groupes rêveriez-vous de tourner ? Je vous laisse créer une tournée avec trois groupes, plus Virgil en ouverture.
Julian : Gojira, Behemoth, Der Weig Einer Freiheit.

Merci à nouveau de votre disponibilité, je vous laisse les mots de la fin !
Julian : Merci à toi de nous accorder du temps ! Merci à tout l’intérêt porté à notre projet. Et surtout à bientôt dans la fosse !

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