Review 1541 : Imperium Dekadenz – Into Sorrow Evermore

Imperium Dekadenz a bientôt vingt ans.

Créé en 2004 en Allemagne par Vespasian (guitare/basse/batterie/claviers) et Horaz (guitare/claviers/chant), le duo continue son aventure avec Napalm Records pour la sortie de son septième album, Into Sorrow Evermore, début 2023.

Le groupe joue en live accompagné par Naavl (guitare, Hlidskjalf), Kaelt (guitare) et Harvst (basse), membres de Vargsheim.

L’album débute avec Into Sorrow Evermore, le titre éponyme, qui nous offre une introduction planante et mystérieuse avant de nous plonger dans un Black Metal Atmosphérique saisissant et intense, qui sera rejoint par un chant brut et imposant, donnant au titre son aspect majestueux et mélancolique. Le morceau se montre aussi lancinant puis incisif avant de laisser Truth under Stars et ses leads entêtants nous envoûter avec une rythmique plutôt énergique qui se pare régulièrement de dissonance. Côté chant, on assiste également à une plus grande diversité, entre les tonalités pesantes aux influences Doom et les quelques mots en chant clair, puis Aurora vient nous apaiser avec ses claviers qui nous mènent à une vague de saturation planante, couplée à des hurlements fantomatiques. Bien que toujours cohérente avec les titres précédents, l’ambiance est relativement plus douce, mais Elysian Fields viendra à nouveau draper l’atmosphère générale dans la noirceur avec des riffs plus bruts et plus agressifs que le groupe mêle habilement à des mélodies oniriques. Le duo enchaîne avec Forests in Gale et son mélange froid aux sonorités lancinantes qui pioche également dans des influences Pagan sombres pour donner du relief à sa base accrocheuse dans laquelle les hurlements viennent à la vie, puis Awakened beyond Dreams, le titre le plus long, nous envoûte avec ses sonorités brutes et sa rythmique marquée. On retrouvera les envolées épiques via les leads, qui s’ancrent parfaitement avec les parties les plus martiales, mais le morceau semble s’apaiser sur la fin avant de laisser November Monument nous inonder avec sa torpeur pesante. Le morceau emprunte une fois de plus au Doom avec les parties les plus profondes de sa rythmique, notamment au niveau de la basse et de ses tonalités lourdes qui nous mènent à Memories … a raging River, le dernier titre, qui laisse à nouveau l’agressivité s’exprimer dans des riffs effrénés et par parties vocales massives, avant que la douceur ne nous mène au néant.

La régularité d’Imperium Dekadenz reste impressionnante de part sa qualité. Avec Into Sorrow Evermore, le groupe affirme une fois de plus sa puissance, qu’elle soit brute ou mélancolique, tout en nous envoûtant pendant près d’une heure.

95/100

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Quelques questions à Vespasian, l’un des deux maîtres d’Imperium Dekadenz.

Bonjour et tout d’abord, merci beaucoup de m’accorder de ton temps ! Peux-tu vous présenter, le groupe Imperium Dekadenz et toi, sans utiliser les « étiquettes » musicales habituelles ?
Vespasian : Ave, mon nom est Vespasian et je suis responsable de la batterie, des guitares, de la basse et des synthétiseurs d’Imperium Dekadenz. Mon ami et camarade de groupe Horaz est responsable du chant, des guitares et aussi des synthétiseur. Il écrit également la plupart des paroles. Nous venons tous les deux de la Forêt Noire, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Imperium Dekadenz existe depuis 2004 et nous avons maintenant bientôt sorti 7 albums et donné des concerts dans 15 pays. Imperium Dekadenz signifie pour nous la réalisation de soi, la passion et aussi un catharsis. Nous jouons notre propre type de Black Metal Atmosphérique.

Into Sorrow Evermore, votre septième album, va bientôt sortir. Comment vous sentez-vous ? Avez-vous déjà des retours ?
Vespasian : Nous sommes très fiers de ce nouvel album, car nous avons mis une énorme quantité de travail dans cette production. Nous avons vraiment tout donné pour obtenir le meilleur résultat possible. En conséquence, nous nous sentons très bien et nous sommes impatients de le sortir ! Nous avons déjà sorti deux singles. November Monument et Memories …A Raging River. Les deux chansons sont vraiment bien accueillies. Nous recevons des réponses très satisfaisantes de partout dans le monde. Les premières critiques et les retours sont maintenant disponibles. Je pense que nous n’avons jamais eu de meilleurs retours que cette fois-ci.

Comment résumerais-tu Into Sorrow Evermore en seulement trois mots ?
Vespasian : Passion, détermination, mélancolie.

Comment avez-vous abordé le processus de composition de cet album ? Qu’en est-il de son nom et de son artwork ?
Vespasian : Nous avons eu, comme presque tout le monde, beaucoup de temps pendant la pandémie de Corona. C’est exactement pendant cette période que nous avons commencé à écrire des chansons. Nous étions très créatifs et avons composé plus de vingt chansons. À un moment donné, il était clair que les chansons qui feraient partie de l’album seraient choisies. Nous avons alors travaillé ces chansons dans les moindres détails. Chacun de nous a son propre home studio. Nous nous envoyons donc toujours des chansons complètes, ce qui contribue grandement à une méthode de travail axée sur les objectifs et la concentration. Après avoir terminé la pré-production dans nos studios, nous nous sommes ensuite rendus aux studios Iguana, près de Fribourg, en mars 2021, pour commencer à enregistrer la batterie. L’album a ensuite été enregistré, mixé et masterisé en août 2021.
Le titre résume bien l’ambiance mélancolique de l’album. En outre, il résume le chemin que nous décidons de prendre. Alors que la plupart des gens se tournent vers la lumière, nous puisons notre force dans l’obscurité et le mysticisme de la nature. Rien ne nous inspire plus qu’une nuit sous un ciel clair et étoilé. La couverture est une photo montrant deux masques sculptés dans le bois. Le motif peut être interprété comme une sorte d’échelle. Le masque cruel représente le chemin de l’obscurité, le masque plus neutre représente le chemin de la lumière. Pour le chemin que nous choisissons toujours, je l’ai mentionné ci-dessus. Nous avons fait faire les masques par un bon ami, Simon Stiegeler. La photo a ensuite été prise par Void Revelations.

Qu’est-ce qui vous inspire pour créer votre musique ? Même question pour les paroles. Ressentez-vous une évolution par rapport aux débuts du groupe ?
Vespasian : Nous sommes inspirés par la vie elle-même, par le mysticisme de la nature, par l’histoire et surtout par l’art. Cela est vrai pour la musique comme pour les paroles. Un bon livre, un film émouvant, mais aussi une randonnée inspirante peuvent inspirer une chanson. La créativité ne connaît pas de loi. Musicalement, nous avons pu établir très tôt notre propre écriture et notre propre style. Vous reconnaîtrez toujours très vite si une chanson vient d’Imperium Dekadenz. Avec chaque album, nous essayons d’intensifier les émotions des chansons. Ainsi, sur le nouvel album, les moments agressifs sont plus agressifs que jamais, les moments ralentis et mélancoliques sont en conséquence plus mélancoliques et intenses que jamais. C’était notre objectif, en tout cas. Les paroles sont plus personnelles que jamais. Dans le passé, nous utilisions souvent des événements historiques pour les paroles. Cependant, nous ne l’avons pas fait du tout sur les deux derniers albums.

Comment avez-vous choisi les premiers singles à dévoiler pour introduire votre nouvel album ?
Vespasian : Avec les singles, nous voulons donner un bon aperçu de notre travail actuel. Memories … A Raging River résume bien l’atmosphère qui prédomine sur le nouvel album et November Monument montre que nous avons porté notre côté mélancolique et lancinant à un niveau encore plus intense.

Toutes vos compositions sont faites d’un contraste entre des sons bruts et atmosphériques. Comment parvenez-vous à créer un équilibre entre toutes vos influences, que ce soit sur des morceaux rapides ou lents ?
Vespasian : Il n’y a pas de plan ou quelque chose comme ça. Pour nous, un album doit avoir une dramaturgie comme un bon film. Chaque émotion, chaque dispositif stylistique doit être utilisé au bon endroit pour envoyer l’auditeur en voyage. L’équilibre entre les différentes parties se crée simplement au cours de l’écriture des chansons. Nous avons acquis beaucoup d’expérience au fil des ans et nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. En fin de compte, nous voulons simplement être contents d’un album. Un album est toujours une œuvre d’art totale pour nous et chaque chanson, chaque intro et outro fait partie de cette « peinture musicale ».

Avez-vous d’autres projets pour l’avenir du groupe ?
Vespasian : Je vais rester bref : nous voulons continuer à créer de l’art pertinent et jouer également en live sur de nombreuses scènes à travers le monde.

Y a-t-il des musiciens ou des groupes avec lesquels vous aimeriez collaborer ? Que ce soit pour une chanson, un album…
Vespasian : Pas vraiment, puisqu’Imperium Decadenz fonctionne de manière optimale avec Horaz et moi. Cependant, si nous avions la chance d’avoir Brendan Perry de Dead Can Dance comme chanteur invité pour une chanson, ce serait quelque chose de super !

Dernière question : avec quels groupes aimeriez-vous faire une tournée ? Je vous laisse créer une tournée (ou juste un seul concert) avec Imperium Dekadenz et trois autres groupes !
Vespasian : Primordial, Satyricon, Rotting Christ.

C’était ma dernière question pour moi, merci à nouveau de m’avoir accordé de ton temps et pour votre musique, je te laisse les mots de la fin !
Vespasian : Merci pour cette interview détaillée et intéressante. Je tiens également à remercier tous les supporters ! C’est grâce à vous que nous pouvons faire tout cela. Nous vous en sommes très reconnaissants ! Nous espérons vraiment que notre nouvel album vous plaira et vous inspirera.

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