Live Report : Harakiri for the Sky + Schammasch + Groza – Backstage by the Mills

Après un week-end court mais rempli, je prends la direction du O’Sullivans Backstage By The Mill pour une date maintes fois repoussée, mais qui a toujours tenu bon malgré un petit changement. Ce sont donc Harakiri For The Sky, Schammasch et Groza qui viennent nous inonder de leur noirceur en ce début de semaine, pour une date qui affiche complet !

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Le pied de micro de Groza est déjà en place lorsque nous entrons dans la salle, et voir la fumée couplée aux lumières aveuglantes le laisser dominer la scène alimente une sensation mystique, rapidement complétée par l’arrivée des membres cagoulés, les deux guitaristes se plaçant sur des marchepieds pour dominer le public avant de lancer l’assaut. Pas de temps mort, pas de répit, les riffs froids et tranchants de P.G. (guitare/chant) et ses acolytes nous submergent sans crier gare, et le public entre immédiatement dans cet ouragan de rage et de noirceur. Aidé par U.A. (guitare/chant), le vocaliste donne vie au chaos lumineux guidé par M.S. (basse) et T.H.Z. (batterie) pendant que les titres défilent en accueillant toujours plus de fumée. Mais que l’on voie ou non les musiciens, on les sent habités par une force obscure intense qu’ils transmettent dans leurs riffs tranchants effrénés. “Last chance Paris!” lâchera le frontman avant que le dernier morceau ne nous frappe, faisant remuer le crâne d’une fosse conquise qui acclamera le groupe à l’issue d’une performance intense, mais malheureusement trop courte.

Setlist: Sunken in Styx – Part I : Submersion – Sunken in Styx – Part II : Descent – Elegance of Irony – Ouroboros – The Redemptive End – Unified in Void – Homewards

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L’ambiance change lorsque Schammasch prend place sur la scène, accompagné par deux pilliers. Les musiciens, tous vêtus d’un long manteau orné de dorures, sont à nouveau noyés dans la fumée, ce qui donne une certaine prestance supplémentaire aux deux guitaristes-chanteurs, qui sont également maquillés. Lorsque leurs premiers riffs débutent, l’oppression commence à naître, et elle sera couplée à une rage viscérale, que ce soit dans les riffs rapides ou dans les parties vocales, ce qui contraste énormément avec les passages plus occultes, qui sont également très bien gérés par des musiciens statiques, qui headbanguent sur leur position ou reste extrêmement calmes. On notera également des moments plus complexes, comme des séances de tapping aériennes qui collent avec des longues parties de batteries mystérieuses et ritualistiques avant que l’agressivité ne refasse surface, parfois soutenues par deux voix surpuissantes, mais à nouveau le groupe sait mélanger les différentes racines et influences qui compose sa musique et les lier avec des sonorités mystiques qui renforcent ce visuel apocalyptique avant de saluer un public conquis, puis de sortir de scène.

Setlist: Winds That Pierce the Silence – Ego Sum Omega – Golden Light – Rays Like Razors – A Paradigm of Beauty – Qadmon‘s Heir – Metanoia – Chimerical Hope

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La salle est désormais pleine lorsque les quatre colonnes ornées des lettres H, F, T et S sont dressées. Lorsque les lumières s’éteignent, la foule se masse, et la fumée dissimule à peine les membres du groupe, menés par J.J. (chant) et M.S. (guitare), très calmes, qui ne tardent pas à faire retentir les premières mélodies avant que l’ouragan de rage viscérale ne vienne frapper. Le mixage est excellent, nous laissant apprécier chaque harmonique, chaque hurlement brut, et surtout cette rythmique effrénée tenue par les trois membres qui les accompagnent. Et c’est ce qui fait la force d’Harakiri For The Sky, un groupe qui offre une place à chaque note, pendant que les membres n’hésitent pas à se mettre en avant ou haranguer la fosse en laissant le vocaliste déambuler sur scène en se tenant le crâne ou en enroulant son fil de micro quand il ne hurle pas, manquant parfois de rentrer dans ses compères. La setlist est principalement axée sur Mære, le dernier album du duo, mais on trouve tout de même des titres plus anciens comme la sublime et énergique Funeral Dreams qui mettra tout le monde d’accord, ou encore Dancing on Debris, issue du premier opus des autrichiens qui se montre beaucoup plus brute et abrasive, autant dans le chant que dans sa rythmique dévastée. Après ce qui m’a semblé être un trop bref instant (mais qui était en réalité sept titres), le groupe entier part de scène, nous faisant l’éternel “surprise” de revenir avec Fire, Walk With Me, sur laquelle je pense m’être endommagé une vertèbre ou une corde vocale (ou les deux) en compagnie des nombreux spectateurs hurlant le refrain à l’unisson avec le vocaliste, puis avec Song to Say Goodby, dont l’atmosphère Post-Punk empruntée à Placebo se transcrit parfaitement pour alimenter la flamme avant de laisser pour de bon retomber la pression. On notera également ce passage de J.J. dans la fosse pour hurler le dernier refrain en compagnie des premiers rangs avant de rejoindre à nouveau la scène pour clore le show, qui ne manquera pas d’être acclamé par l’intégralité de l’audience.

Setlist: Sing for the Damage We’ve Done – Funeral Dreams – And Oceans Between Us – Jhator – Dancing on Debris – Homecoming: Denied! – I, Pallbearer
Rappel: Fire, Walk With Me – Song to Say Goodbye (Placebo cover)

Le stand de merchandising est pris d’assaut et la salle se vide lentement. Dehors, les musiciens rencontrent les fans pour quelques discussions, signatures ou tout simplement pour finir leur verre, et les métros s’engouffrent dans la nuit. A mes yeux, la soirée, bien que très largement embrumée visuellement parlant, était excellente. De l’introduction glaciale de Groza en passant par le rituel occulte de Schammasch jusqu’à la conclusion intense et viscérale d’Harakiri For The Sky, chaque groupe a assuré une prestation à la hauteur de la présence du public. Merci à Garmonbozia Inc. pour avoir maintenu coûte que coûte cette tournée, ainsi que pour l’accréditation photo.

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