Review 1731 : Kalmah – Kalmah

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La traque de Kalmah reprend.

Créé en Finlande en 1998, après une première série de cinq démos sous le nom d’Ancestor, le groupe est mené par les frères Antti (guitare, ex-Eternal Tears of Sorrow) et Pekka Kokko (guitare/chant, ex-Eternal Tears of Sorrow live) Complété depuis par Timo Lehtinen (basse, Clown Parade, Deimhal, ex-Catamenia), Janne Kusmin (batterie, Clown Parade, Deimhal, Wrathage, ex-Catamenia) et Veli-Matti Kananen (claviers, Fleetburner, Violet Sin, ex-Vintergata), le groupe annonce en 2023 la sortie de Kalmah, son neuvième album.

Haunted by Guilt, le premier morceau, nous replonge immédiatement dans cette atmosphère épique et agressive nourrie par une rythmique martiale à laquelle s’ajoutent des leads motivants et des hurlements sauvages. Le groupe joue également sur les accélérations soudaines et les riffs saccadés pour créer des sonorités accrocheuses, tout comme sur Veil of Sin, un morceau plus sombre et inquiétant qui conserve l’approche froide et mélodieuse. Impossible de ne pas se laisser emporter par l’instrumentale vive et énergique soutenue par des claviers aux sonorités mystiques, qui nous mène à Scarred by Sadness, un titre qui invoque des tonalités mornes avant de nous écraser avec sa rage soudaine. Les leads dissonants apportent une touche mystérieuse à la charge brute et aux riffs imposants complétés par une batterie efficace, créant un contraste extrêmement savoureux avant que No Words Sad Enough ne propose un son ouvertement mélancolique en compagnie de violons. Beaucoup plus lente, mais tout aussi intense, la composition nous permet de souffler tout en nous envoûtant avec un mélange lancinant, mêlant passages saturés lourds et parties plus douces avant que le refrain ne vienne nous hanter avant de nous relâcher sur Serve the Untrue, un titre qui repart dans les sonorités brutes et énergiques avec des riffs saccadés. A nouveau, les leads entêtants se mêlent habilement à la rythmique solide et fédératrice tout en leur apportant une dimension mystique avant de s’éteindre pour laisser place à Home Sweet Hell, un titre majestueux au premier abord, qui ne manquera pas de placer une base martiale sur laquelle guitares et claviers développent des mélodies enthousiastes. On notera également une accélération aux influences Thrash, suivie par Tons of Chaos, un morceau qui laisse sa rythmique se déchaîner sous des leads galvanisants qui pourront sans aucun doute mener les mouvements de foule. Ne croyez pas que le break va apaiser l’atmosphère, car la charge reprendra très vite à grand renfort de choeurs guerriers avant de freiner à nouveau pour Red and Black et son introduction planante. Mais une fois de plus, la saturation viendra donner une touche énergique à ces mélodies qui ne manquent pas de créer un contraste au sein des tonalités entraînantes, laissant également un sample de bataille nous mener jusqu’au final, puis jusqu’à Taken Before Given, une composition annoncée comme l’une des plus anciennes du groupe, qui met ses racines Thrash à l’honneur. Riffs effrénés, énergie pure et hurlements viscéraux s’allient pour faire du titre l’un des plus bruts, mais le groupe ne laisse pas l’agressivité rogner sur la complexité des leads, avant que Drifting in a Dream ne vienne refermer l’album avec une approche plus lente et pesante, combinant des sonorités lourdes avec des touches plus douces pour nous faire remuer le crâne une dernière fois.

Comme à chaque fois, Kalmah nous capture entre ses riffs accrocheurs, nous brise la nuque avec des hurlements sauvages et nous lacère grâce à des mélodies intenses. Kalmah ne fait que confirmer le statut du groupe, qui maîtrise parfaitement les tonalités froides de son Death Mélodique !

95/100

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Quelques questions à Antti Kokko, guitariste soliste et membre fondateur du groupe Kalmah.

Bonjour et tout d’abord, merci beaucoup de m’accorder de ton temps ! Pourrais-tu vous présenter, le groupe Kalmah, que vous décrivez comme un groupe de « Swamp Metal », et toi ?
Antti Kokko (guitare) : Merci ! Je m’appelle Antti Kokko et je suis le principal compositeur des chansons de Kalmah. A l’époque où nous avons commencé, il y avait des genres pour tout, donc nous avons créé le Swamp Metal ? Je pense que le genre le plus approprié est le Melodic Death Metal, mais c’est du Swamp Metal parce que c’est ce que nous disons.

Comment avez-vous créé le nom Kalmah à l’époque, et comment le reliez-vous à la musique que vous jouez ?
Antti : Nous avons fait plusieurs démos sous le nom d’Ancestor au début des années 90. Puis en 1996-1997, nous avons pris un claviériste dans le groupe et nous avons découvert un artiste enregistrant avec un nom presque similaire à celui d’Ancestor. Nous avons donc décidé de faire table rase et de changer de nom. Kalmah est un mot du dialecte carélien qui n’est plus parlé par beaucoup de gens et qui vient de la région qui appartenait à la Finlande avant la seconde guerre mondiale. Nous avons de la famille qui a été évacuée en Finlande pendant la guerre et qui parle encore cette langue. Cela signifie « Jusqu’à la tombe » ou « Jusqu’à la mort ». Cela correspond donc assez bien à la musique Metal ?

Kalmah, votre neuvième album, sortira à la fin du mois. Avez-vous déjà des retours ?
Antti : Jusqu’à présent, les réactions ont été plutôt minimalistes, mais les singles ont bien sûr été très bien accueillis. Les journalistes qui ont été contactés et qui ont écouté l’album à l’avance en ont fait l’éloge. Mais en fin de compte, le groupe est vraiment satisfait des chansons et du résultat global, et c’est ce qui compte pour nous.

Comment résumerais-tu Kalmah en trois mots ?
Antti : Agressif, mélodique, swampmetal.

Comment s’est déroulé le processus de composition de Kalmah ? Avez-vous remarqué des changements par rapport aux albums précédents ?
Antti : Oui. J’ai fait presque toutes les chansons pour les albums mais cette fois-ci nous avons deux chansons de Pekka, une chanson du bassiste Timo et une en co-op avec Veli-Matti qui a fait le travail initial et j’ai arrangé/accordé les riffs de guitare un peu. Donc, dans l’ensemble, c’est toujours reconnaissable à Kalmah, mais il y a de bonnes variations.

Quelles étaient les lignes directrices pour l’artwork, et comment s’accordent-elles avec la musique que vous avez créée ?
Antti : Nous avons simplement donné l’idée à Niklas Sundin, qui a également réalisé l’illustration de Palo, et l’idée et tout ce que nous voulions étaient là dès les premières esquisses. Il a également fait des recherches sur la région où nous vivons, dans le nord de la Finlande, et a réalisé de superbes détails basés sur notre culture locale. Niklas est un artiste extraordinaire et nous sommes plus qu’heureux du résultat pour cet album aussi. L’idée sur la pochette représente la situation actuelle que nous avons. Nous ne savons pas si c’est le dernier album pour nous, mais on peut le considérer comme le début de quelque chose de nouveau.

Où trouvez-vous l’inspiration pour créer de la musique ?
Antti : Mon inspiration vient de tout ce qui n’est pas de la musique. Surtout quand je vais dans les bois et les marais de Finlande pour chasser ou cueillir des baies, etc… J’écoute généralement le silence, le chant des oiseaux, etc… et mon inspiration commence à me donner des idées. Et quand je prends ma guitare et que je commence à jouer, au bout d’un moment, quelque chose de bon peut surgir.

En ce qui concerne les chansons elles-mêmes, vous avez sorti Taken Before Given, une composition que vous présentez comme l’une des plus anciennes que le groupe ait créées. Pourquoi l’avoir gardée secrète pendant si longtemps, et comment l’idée d’y revenir a-t-elle germé ?
Antti : En fait, nous avons toujours réenregistré de vieux morceaux sur chaque album. C’est notre revanche puisque nous n’avons pas pu obtenir de contrat d’enregistrement à l’époque ? Mais maintenant il ne nous reste plus grand chose, peut-être une ou deux chansons. 

J’ai aussi remarqué la chanson No Words Sad Enough, qui est l’une des plus lentes et des plus mélancoliques que le groupe ait créées. A-t-elle une histoire particulière ?
Antti : C’est notre bassiste qui a eu l’idée de cette chanson. Il a déjà essayé de proposer une chanson pour chaque album, mais la barre du jury est haute et ces chansons n’ont pas été retenues. Cette fois-ci, cette chanson convient parfaitement. Le claviériste Veli-Matti a bien sûr un rôle important à jouer avec tous les claviers extraordinaires. Il a également arrangé les vrais violoncelles.

Peut-être as-tu une chanson préférée sur cet album ? Ou peut-être la plus naturelle que vous avez créée pour l’album ?
Antti : J’aime bien sûr toutes les chansons que j’ai écrites ? Je dois dire que Haunted by Guilt est peut-être la chanson qui a été la première écrite pour cet album et qui a montré la voie pour les autres chansons. 

Penses-tu que tu continues à t’améliorer en tant que musicien et compositeur ?
Antti : Oui, j’ai été assez surpris quand l’inspiration m’a donné de nouvelles idées et les chansons que j’ai écrites ont une structure beaucoup plus variée qu’avant, donc après tout, je suis toujours capable de me renouveler. Cette fois-ci, les solos ont commencé à jouer dans ma tête pendant que la chanson prenait sa forme définitive. Je pense que l’album contient les meilleurs solos que j’ai jamais créés.

D’après Internet, la majorité des concerts que vous avez donnés se sont déroulés en Finlande, votre pays d’origine, et en Amérique. Envisagez-vous de tourner davantage à l’avenir ?
Antti : Cela dépend des offres. Nous faisons des tournées si l’offre est assez bonne. Avec cette expérience et ces années, nous n’avons plus besoin de faire de la « promotion ». Et au final, ce n’est pas un vrai travail pour nous, mais plutôt un hobby.

En parlant de concerts, j’ai assisté au premier et pour l’instant unique concert de Kalmah à Paris en 2018, mais tu étais temporairement remplacé par un guitariste live. Prévois-tu de faire une tournée complète avec le groupe à l’avenir ?
Antti : Je fais des tournées si possible. Les longues tournées ne sont plus mon truc. J’en ai vu et j’aime bien le moment sur scène, mais toute l’attente, les voyages, etc… ne sont plus pour moi. Je préférerais faire autre chose. Mais c’est bien que nous ayons un guitariste de tournée, donc il n’y a pas d’obstacles si les autres gars veulent en faire.

Quel est le souvenir le plus drôle que vous aimeriez partager avec nous ?
Antti : Eh bien, il y a beaucoup d’événements de toutes sortes. Je mentionne la première fois à Montréal. La salle était pleine à craquer et le groupe a dû revenir de la scène en passant par le public. Nous n’avions pas l’habitude d’avoir un chemin tracé par vingt videurs bodybuildés pour qu’un groupe puisse passer. 

Y a-t-il des musiciens ou des artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ? Que ce soit pour une chanson ou plus.
Antti : Je dois mentionner Marty Friedman. C’est le guitariste selon moi. C’est un musicien et un artiste extraordinaire. Peut-être que j’essaierai de le contacter pour notre prochain album, s’il y en a un ?. 

Si tu devais organiser un concert pour la sortie de Kalmah, avec quels groupes aimerais-tu jouer ? Je vous laisse créer une affiche avec Kalmah en tête d’affiche et trois autres groupes !
Antti : Parmi les groupes existants, je choisirais Paradise Lost, Megadeth et Pantera. Mais nous jouerions en premier. Parmi les groupes qui n’existent plus, je choisirais Death.

Dernière question amusante : à quel plat comparerais-tu la musique de Kalmah ?
Antti : La grouse de saule épicée à la rosmarine et au poivre noir avec une sauce crémeuse aux auriculaires (ndlr: ce sont des champignons). Et bien sûr, des pavés de pommes de terre.

C’était ma dernière question, merci à nouveau de m’avoir accordé de ton temps et pour ta musique, je te laisse mots de la fin !
Antti : Merci beaucoup ! Faites-nous jouer au Hellfest !

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