Review 1829 : Church of Misery – Born Under a Mad Sign

Day 1 - 11 - Church Of Misery

Church of Misery met fin au silence.

Créé en 1995 à Tokyo par le bassiste Tatsu Mikami (Skull Pit, Sonic Flower, ex-G.A.T.E.S.), le groupe mélange Stoner, Doom Metal et les histoires morbides de tueurs en séries. En 2023, c’est accompagné par Kazuhiro Asaeda (chant), Fumiya Hattori (guitare, Afterzero) et Toshiaki Umemura (batterie, DeadClaw, Eternal Elysium) que le groupe annonce la sortie de son septième album, Born Under a Mad Sign, chez Rise Above Records.

Les parties de guitare ont été enregistrées par Yukito Okazaki (Eternal Elysium, Enough to Escape).

Après un sample résumant l’affaire, Beltway Sniper (John Allen Muhammad) débute l’album grâce à des riffs lourds bourrés d’harmoniques psychédéliques et cinglantes dont le groupe a le secret. Les parties vocales assombrissent le mélange, qui redevient plus accessible avec le break en son clair groovy, mais la saturation refait rapidement surface pour conduire le solo avant de laisser place à un final plus doux, puis à la noirceur de Most Evil (Fritz Haarmann). Le groove malsain couplé aux murmures qui entourent le chant principal accentue largement le sentiment d’oppression, qui use également de l’accélération soudaine et des leads hachés pour se renforcer, alors que Freeway Madness Boogie (Randy Kraft) dévoile des influences plus vives. La rythmique énergique offre un refuge parfait aux harmoniques folles ainsi qu’aux parties vocales entraînantes, mais l’intensité redescend d’un cran lorsque Murder Castle Blues (H. H. Holmes) entre en jeu avec son introduction intrigante, avant de se raviver avec les racines Blues saturées. Le titre semble plus minimaliste, comme une référence à celui dont il compte l’histoire et qui fut reconnu comme l’un des premiers américains à effectuer sa morbide activité, et dont la rythmique grasse contribue à renforcer son poids, avant que Spoiler ne place des sons plus joyeux grâce à des claviers inattendus. Le titre surprend grâce à sa douceur, mais il reste ancré dans les racines de la formation, qui reviendra bien vite à ses tons habituels avec Come and Get Me Sucker (David Koresh) et ses riffs saccadés qui témoignent à nouveau des activités croissantes de l’ancien leader de secte, accompagnés par des leads torturés. La saturation rend le mélange assez dérangeant, même lorsque les riffs se montrent presque dansants, puis l’approche devient à nouveau plus lisse sur Butcher Baker (Robert Hansen), comme pour contraster avec la sauvagerie de son histoire, mais qui placera également d’habiles touches entêtantes, y compris un court sample.

Church of Misery revient réclamer sa place de maître du Stoner/Doom morbide avec Born Under a Mad Sign, un septième album toujours aussi gras, inspiré et complété par quelques samples qui rendent la terreur plus tangible.

95/100

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