Review 1921 : Primordial – How It Ends

Primordial s’est à nouveau éveillé.

Créé sous le nom de Forsaken, le groupe change de nom en 1992 et débute son aventure entre Black Metal et influences Celtiques. En 2023, les trois fondateurs A.A. Nemtheanga (chant, Dread Sovereign, The Nest, Twilight of the Gods, Verminous Serpent), Ciarán MacUilliam (guitare) et Pól MacAmlaigh (basse), accompagnés de leur batteur de longue durée Simon O’Laoghaire (batterie, ex-Dread Sovereign), annoncent la sortie de leur dixième album How It Ends, chez Metal Blade Records.

L’album débute sur des tons mélancoliques avec How It Ends, le titre éponyme. La guitare finira par se dédoubler pour créer des harmoniques dissonantes, suivie par une base rythmique lancinante, puis par ce chant si puissant et démonstratif qui n’hésite pas à s’intensifier pour créer des passages déchirants pendant que les influences Black Metal déferlent. Le solo final nous laissera finalement avec Ploughs to Rust, Swords to Dust et sa lourdeur qui accueille des leads entêtants pour créer un contraste intéressant avant que n’arrivent les vagues de fureur, menées par un chant brut et une batterie massive. Les mélodies empruntées au Folk résonnent librement en nous menant à We Shall Not Serve, qui se montre rapidement beaucoup plus lourde et plus sombre, alimentant en permanence une alliance de sonorités pesantes et agressives même lors ce cette partie centrale plus lente, ou du break en son clair inquiétant. La saturation reviendra bien vite clore la composition, qui laisse place à Traidisiúnta, un interlude instrumental enivrant assez court, qui viendra apaiser l’atmosphère avant que Pilgrimage to the World’s End ne prenne la suite pour placer ses leads hypnotiques sur une base beaucoup plus douce et accessible. Le chant reste très libre et expressif, proposant vers la fin une envolée presque bouleversante, puis Nothing New Under the Sun développera une rythmique très progressive, mais on sent clairement la flamme s’intensifier avant de laisser le groupe exploser en empruntant notamment parfois quelques influences Post-Rock. Call to Cernunnos va évidemment rendre hommage aux racines Pagan/Folk celtiques du groupe en créant des mélodies presque enjouées, mais également avec les choeurs inattendus avant de revenir dans une dynamique plus martiale avec All Against All qui joue sur des tonalités ouvertement plus sombres, évoquant différentes croyances avec des paroles tels que “Kali Yuga” ou “Ragnarök”, qui collent parfaitement à l’ambiance apocalyptique du titre. On retrouvera un break utilisant le mystérieux chant diphonique avant que les riffs ne reviennent, s’intensifiant jusqu’à ce que Death Holy Death, le titre le plus court de l’album, ne dévoile son approche lente qui couple des leads dissonants avec une base assez rythmée qui sait placer des touches plus énergiques. Victory Has 1000 Fathers, Defeat Is an Orphan, le premier titre dévoilé, viendra conclure cet album en mêlant habilement des passages légèrement pesants tout en laissant le champ libre à des sonorités plus motivantes et entêtantes, comme sur le final où le vocaliste se déchaîne une dernière fois.

Le mélange unique de Primordial fait à nouveau mouche. Les amateurs du groupe seront sans aucun doute conquis par How It Ends, qui laisse une fois de plus le groupe explorer son riche univers tout en offrant une identité unique et marquante à chaque titre.

95/100

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