Review 2074 : Spiritual Deception – Semitae Mentis

Spiritual Deception a franchi une nouvelle étape.

Créé en 2016 en Italie par Mirko Frontini (guitare/chant, ex-Humans Ablaze, ex-Mechanical God Creation), le groupe compte également sur les talents de Manuel Del Giudice (batterie, Wraithrest), Riccardo Maccarana (guitare, ex-Cerebral Extinction) et Billy Repalam (basse) pour la sortie de Semitae Mentis, son premier album, chez Amputated Vein Records.

Le groupe attaque son album avec le son planant de The I Swells… (Decadence pt. I), une introduction d’abord extrêmement calme, qui va finalement exploser pour laisser la lourdeur s’exprimer. Les patterns torturés collent parfaitement à l’atmosphère dévastée qui continue avec Atavic Future (Decadence pt. II), où le groupe se déchaîne immédiatement avec des riffs complexes et surpuissants tout en intégrant également des mélodies entêtantes et des hurlements bestiaux. On retrouvera d’ailleurs un pig squeal perçant avant la partie finale, qui mène à The Days of Sleep (Decadence pt. III) et sa rythmique écrasante qui laisse des harmoniques dissonantes apparaître entre deux éruptions vocales, mais également quelques touches plus inquiétantes. Beyond Perception and Matter prend la suite en compagnie de choeurs angoissants, mais on remarque vite que tout le morceau est ancré dans la noirceur, créant une ambiance oppressante où les musiciens déversent leur violence en nous menant à la pesante Dirac Sea. Le groupe est soutenu par la guitare de Luc Lemay (Gorguts, Pallid Veil), qui colle parfaitement à leur approche lugubre et parfois effrénée, puis c’est avec la douceur qu’ils renouent sur The Night Opens, un interlude apaisant mais tout de même relativement mystérieux. On the Edge of the Abyss repart à pleine vitesse tout en jouant sur une extrême lourdeur et des riffs saccadés entrecoupés par des claviers ou des samples imposants, puis le groupe accueillera Karl Sanders (Nile) sur Thousand Lives Within, le titre suivant. Côté rythmique, les musiciens restent ancrés dans leur base lourde qu’ils projettent parfois à toute allure accompagnés par les leads mystiques, alors qu’Individuality Dissolves adopte des éléments Old School que le groupe entoure comme toujours de son voile sombre et étrange composé de claviers et de la chorale terrifiante. …to the Coldest Decline (Decadence pt. IV) viendra mettre un point final à l’album avec plus de neuf minutes du mélange aussi dévastateur que tourmenté qui nous réservera tout de même quelques surprises différentes de la déferlante de violence.

Spiritual Deception propose non seulement plus de compositions surpuissantes avec Semitae Mentis, mais également un gage de son évolution : leur son est plus précis, plus lourd, plus dissonant, mais aussi et surtout beaucoup plus riche.

90/100

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