Quand des groupes grandissent, ils entraînent forcément d’autres formations dans leur sillage, et c’est précisément ce qu’ont fait Bloodywood. Il y a six ans, ils remplissaient une salle de 400 places, et aujourd’hui, c’est le Bataclan qu’ils investissent, accompagnés de Calva Louise, Demonic Resurrection et Midhaven. Ça ne vous dit rien ? On y travaille.
On débute donc dans le noir quasi complet avec Midhaven, quartet venu de Mumbai qui propose un Metal Progressif aux tonalités parfois orientales, parfois plus typées Heavy énergiques. Le chant partagé entre les deux guitaristes passe du clair au saturé de manière assez naturelle, et le public commence doucement à se masser dans la salle pour écouter leurs compositions travaillées, qu’ils agrémentent de quelques rares flashs lumineux, ou d’un rouge assez peu praticable. On notera également de rares interventions comme ce “Good evening Paris, bonjour !”, mais les musiciens semblent véritablement heureux d’être présents, et le public le leur rendra à l’issue de leur set !
On change totalement d’ambiance avec Demonic Resurrection, groupe (selon moi) légendaire que je n’espérais plus voir et que j’écoute assidûment depuis plus de dix ans. Si côté lumières, nous ne serons pas vraiment gâtés avec ce rouge infernal, Sahil “The Demonstealer” Makhija (guitare/chant) et son nouveau line-up (Aditya Swaminathan à la guitare, Swarnava Sengupta à la basse et Nikhil Rajkumar à la batterie) vont littéralement retourner la fosse avec seulement cinq compositions, mais qui vont déferler sur la foule et provoquer un véritable engouement au fil du set. Pour ceux qui l’ont oublié, Demonic Resurrection c’est un mélange de Black et Death Metal aux orchestrations majestueuses sur bande, et le tout encadré par quelques traits d’humour du vocaliste. On notera le “We are so old our drummer wasn’t even born” pour nous expliquer que le groupe fête ses vingt-cinq ans sur sa première grande tournée internationale, et nous demandera pour fêter ça un “olympic-sized circle pit”, qui sera effectué sur la fin du show. Je pourrais relever les applaudissements amplement mérités que le quatuor recevra à l’issue de sa demie-heure de jeu, mais je préfère garder les mots du fondateur du groupe : “you made an old man happy”.
Setlist: Matsya – The Fish – Apocalyptic Dawn – Krishna – The Cowherd – Narasimha – The Man-Lion – The Unrelenting Surge of Vengeance
Nouveau groupe, nouvelle ambiance, c’est avec Calva Louise, formation anglaise comprenant une chanteuse/guitariste vénézuélienne, un bassiste/claviériste français et un batteur néo-zélandais (oui, rien que ça) que nous allons continuer la soirée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mélange du groupe est… original. Entre Pop, Electro, Metal Alternatif et Nu Metal, le combo danse et se balade sur scène, naviguant entre ses différentes influences pour créer des sons relativement gentillets qui auront bien du mal à convaincre un public avide de violence musicale. On notera tout de même quelques passages hurlés aux frontières du Metalcore et les plus motivés qui sautillent au centre, mais tout le monde semble s’économiser pour le final.
Setlist: W.T.F – Third Class Citizen – Over the Threshold – Aimless – Tunnel Vision – Feast is Over – Oportunista
Et ce final, il est précisément là avec l’arrivée des très attendus Bloodywood, qui ne vont pas perdre un seul instant pour faire remuer la salle au son de leurs compositions aussi énergiques et festives que vindicatives. Si malheureusement le dhol de Sarthak Pahwa est un peu surmixé, les riffs tenus par Karan Katiyar (guitare), Roshan Roy (basse) et Vishesh Singh (batterie) sonnent parfaitement bien, et ils permettent au duo de vocalistes Jayant Bhadula et Raoul Kerr de hurler, chanter et rapper comme ils savent le faire. Mais bien que certains passages soient très violents, les vocalistes nous préviennent entre deux titres “make sure everybody is fine while moshing” avant de reprendre encore plus vivement, provoquant à nouveau des headbangs frénétiques et autres mouvements de foule, complétés par des slams incessants qui vont mettre les agents de sécurité à rude épreuve. Entre chaque titre ou presque, les musiciens prennent un moment pour remercier leur équipe, les groupes qui jouent avec eux, ou évoquant leurs précédentes tournées de 2023 et 2019, et constatant à quel point leurs fans sont loyaux, répondant présent à chaque moment. Et je pense que le point d’orgue de la soirée se fera sur Machi Bhasad (Expect a Riot), où les chanteurs ordonnent à la fosse de sauter à leur signal, et quelques secondes plus tard c’est toute la salle qui bouge et se rendre joyeusement dedans au rythme mi-festif, mi-brutal. Il va sans dire que les acclamations sont de rigueur, et qu’elles résonnent encore dans la salle.
Setlist: Dana Dan – Nu Delhi – Aaj – Tadka – Jee Veerey – Bekhauf – Machi Bhasad (Expect a Riot) – Halla Bol – Gaddaar
Le Bataclan se vide lentement après avoir connu une effervescence incroyable ce soir ! Si Bloodywood était certain de rencontrer un succès immédiat, je suis sincèrement heureux de voir que Demonic Resurrection gagne enfin de nouveaux fans à l’international ! Merci également à Calva Louise et Midhaven pour leur performance dépaysante, et surtout un énorme merci à mon ami Sahil “The Demonstealer” Makhija pour l’invitation ce soir ! Please come back soon, and take care!
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