
Quelques questions au groupe Belore après leur show au Hellfest 2025 par Raven.
Bonjour et tout d’abord merci de m’accorder de votre temps. Comment vous sentez-vous par cette chaleur? ?
Aleevok (basse/chant/composition) : Ben c’est fatiguant effectivement, une chaleur assez fatigante, mais bon, on est très contents d’être là. C’est euh quand même un super cadre donc que dire en plus !
Première vraie question : Comment pourrais-tu décrire le groupe Belore sans jamais évoquer le terme “Black Metal” ?
Aleevok : Alors Belore c’est un projet qui évolue dans un univers médiéval fantastique, où il y a tout un lore qui a été créé, toute une histoire sur environ 1000 ans d’existence avec une carte des personnages, des villes, etc… et il y a une musique qui accompagne tout ça, qui est assez épique, assez atmosphérique.
Raven : Est-ce que je pourrais me permettre de dire que c’est une bande son de JDR dans ce cas-là?
Aleevok : Alors euh tu fais bien de dire ça parce que j’ai des j’ai des pros du JDR qui m’ont demandé sur les deux premiers albums, les exports juste des samples, sans les guitares, sans la batterie, etc… juste des samples et tout. Je leur ai envoyé parce que c’était c’était des potes, mais il est diffusent pour leur JDR oui.
Raven : Ah putain, je suis tombée juste, je ne sais même pas comment j’ai fait.
Belore a joué ce matin sur la Temple, comment s’est passé le concert de ton point de vue ?
Aleevok : Du coup c’était assez rapide, on a eu beaucoup de temps en fait pour s’installer, se préparer etc… Mais le petit créneau pour arriver et s’installer sur scène, faire le changement de plateau et tout, c’est extrêmement rapide et à partir de là, on n’a vraiment pas trop le temps de se rendre compte de ce qui se passe, on arrive vite, on a à peine fini de se brancher qu’on doit tout envoyer, tout le monde est déjà là, on doit envoyer le premier titre. C’était quand même assez exceptionnel de voir que la Temple était remplie.
Raven : Ça débordait vraiment de toutes parts !
Aleevok : Oui j’ai vu ça, donc pour un concert à 12h15, c’est vraiment très cool. On a tous vraiment apprécié, mais c’était quand même très rapide, c’est assez fulgurant comme sensation.
Raven: Pas du point de vue de la festivalière qui subit la chaleur.
Aleevok : Nous aussi sur scène on avait quasiment tous un ventilo. Je ne sais pas ce que Charlie en pense.
Charlie Videau (batterie) : En fait, moi j’avais un gros ventilo, le ventilo d’Alcest qu’ils ont oublié. Donc c’était cool. Il était sur ma droite, je devais être la seule personne de tout la Temple à être au frais. Bon après ça a bataillé. Les gars sont très pros sur les stages, ils te donnent beaucoup de temps avant. Moi je suis à la batterie donc j’ai un kit à monter. Je pensais avoir beaucoup moins de temps que ça. Au final, on a grave le temps, les gars sont là, ils aident, ils savent ce qu’il faut faire, ils sont hyper pro et ils sont tous très gentils.
Raven: C’est c’est quelque chose qui m’intéresse un petit peu, du point de vue du backstage, comment ça se passe justement quand vous arrivez sur scène ? C’était très rapide de votre point de vue et tout, mais vous êtes bien traités, ils vous aident, ils vous donnent toutes les indications qu’il faut ?
Aleevok : Oui effectivement c’était très rapide, juste le petit créneau quand c’est à nous de nous installer sur scène. Ce moment-là est très rapide. Tout le reste du temps, comme disait Charlie, on a beaucoup de temps, beaucoup d’attention et même en amont, on a vu énormément d’indications sur le déroulement, sur les infos, sur les heures, sur les adresses, sur les cheminements de tout, du coup on a été parfaitement bien accueillis. C’est un festival qui est impressionnant au niveau organisation, au niveau backstage, j’ai déjà été bénévole dans les différents festivals comme par exemple le Cernunnos Pagan Fest qui est l’un des meilleurs festival de France, et en que bénévole, c’est déjà assez exceptionnel en termes de regard, mais là effectivement, c’est assez c’est vraiment impressionnant et effectivement tout le monde est aux petits soins, tout le monde est très gentil et fait en sorte que que tout se passe bien pour tous les musiciens.
Ça me permet de rebondir pour ma question suivante : dans quel état d’esprit est-ce que vous êtes monté sur scène ? Est-ce qu’il y avait de l’appréhension, du stress ?
Matthieu Favre (flûtes) : Moi je suis le flûtiste, bonjour. C’est tellement grand et il y a tellement de gens que ça devient ça devient assez abstrait de jouer devant autant de monde, on ne se rend pas vraiment compte, c’est très difficile à décrire sans le vivre, je crois. Mais ça reste un concert qui était de mon point de vue vraiment hyper chouette, même si 30 minutes, ça passe vraiment très vite. On a joué quatre chansons en l’occurrence ici. C’est vrai qu’à la fin de la quatrième chanson, d’habitude pour nous, il en reste en tout cas deux
Raven : Ca va, vous n’êtes pas un groupe de Doom, vous avez pu en jouer plus qu’une *rires* !
Matthieu : C’est vrai. Mais les 30 minutes passent très vite, mais on a quand même, en tout cas pour ma part, j’ai vraiment passé un très bon concert, on a vraiment donné le maximum compte tenu des conditions météo, on va dire. Je pense que le résumé, c’est que c’était un très bon concert pour le groupe, mais qui est passé trop vite.
Marty Dvergar (guitare) : Moi je suis guitariste. Mon ressenti est pareil, c’est passé extrêmement vite, j’ai pas eu le train de stresser personnellement, j’étais tellement focus sur le moment, et comme j’ai dit ça va très vite, on essaie de savourer l’instant présent et c’est ça qui prime par-dessus tout. C’était 30 minutes de bonne heure et si on devait tous le refaire, on le ferait sans hésiter en tout.
Baptiste Rinato (guitare) : Je suis le second guitariste. Oui effectivement, il faut quand même souligner la enfin la prouesse de l’organisation. Et si on est préparé à ça, on se laisse guider par l’orga, ils savent faire, on suit les étapes, ça se déroule et tout va bien. Après en effet, on a eu vraiment le moment où il fallait checker le son, ça c’était rapide parce que souvent on a besoin d’un petit peu plus de temps, il y a eu un problème sur la batterie. Donc ça nous a mis un peu dedans pour le début, mais pour autant c’est quand même super pro et c’était vraiment vraiment très cool.
Qu’est-ce que ça signifie de jouer au Hellfest pour le groupe, mais pour vous individuellement aussi ?
Charlie : Je ne sais pas si tu connais Karim Debbache, mais “c’est de la bombe de balle”. C’est énorme. Je crois que je suis le seul qui habite à côté. J’habite à Nantes. Ce qui fait qu’on dort chez moi. Belore c’est des copains qui dorment à la maison, donc je suis très content et on joue ce qui est un pinacle moi enfin dans ma tête. Je crois que quand on a reçu ce mail-là, on n’en menait pas large. T’as le mix entre t’es hyper heureux et t’es hyper stressé. On n’en menait pas large.
Raven : Un peu d’incrédulité peut-être ?
Charlie : Oui, clairement ! Et c’est intense. Comme je dis ça va vite, parce que tu joues 30 minutes donc quatre titres, mais c’est trop bien.
Aleevok : De mon point de vue, c’est assez bizarre parce que c’est un projet que j’ai commencé solo dans ma chambre, le premier album, je l’ai enregistré, composé et mixé sur mes sur mes genoux au casque dans ma chambre. Donc c’est assez bizarre de passer de ça à la Temple du Hellfest. J’arrive pas vraiment à réaliser l’impact et les notions de consécration, je ne réalise pas vraiment. Pour moi, je suis très focus sur “il faut qu’on arrive à faire un bon set, qu’on arrive à faire plaisir aux gens…” Mais ça reste quand même bizarre, j’ai encore un petit peu de mal à faire le lien.
Raven : C’est de l’énergie post concert encore ?
Aleevok : Oui. Entre le travail que je fais chez moi de mon côté et l’aspect live de base c’est vraiment un truc très solo et maintenant que je suis entouré de tous ces super musiciens qui m’aident de plus en plus pour la suite et le développement du projet, que ce soit Charlie dans les compositions de batterie dès le deuxième album, les avis à droite à gauche sur les compos, le mixage et tout, Baptiste au niveau au niveau de la carte de l’univers, c’est lui qui a designé toute la carte, moi qui était un brouillon sur une feuille volante que j’ai fait pendant le covid. Avec un stylo au dos d’une autorisation de sortie covid *rires*. Ça part de là quoi. C’est effectivement quand même une petite consécration même si j’ai du mal à réaliser, peut-être dans quelques jours quand je me poserai chez moi, seul, je verrai.
Raven : Je vois que vous avez des étoiles dans les yeux, vous souriez, c’est magnifique.
Aleevok: C’est la transpiration. *rires*
Raven J’ai essayé d’être gentille.
Baptiste : Comme dit Alex (Aleevok), et comme a dit Charlie, c’est un c’est un groupe de copains. On se connaissait avant qu’Alex ne commence à écrire et quand il a eu envie que son projet prenne forme sur la scène, il a appelé les copains et on était super content, et puis on ne savait pas où on allait à ce moment-là. Donc ça fait trois ans qu’on est sur scène et au bout de trois ans, on en est arrivés là. On est vraiment contents, on a bien bossé, ça plaît, les compos plaisent. Alex fait du bon boulot et il y a des retombées derrière. C’est une petite alchimie, il faut assembler tout ça et si tout ça prend et que tout le monde joue le jeu, s’investit, à la fin, le boulot il paye.
Comment vous êtes-vous préparés pour ce show, à part une soirée pyjama avant ? *rires*
Aleevok : La soirée pyjama a été très courte parce qu’on a on est venu récupérer nos bracelets le jeudi et voir deux trois concerts, s’imprégner un peu, mais vu que Matt le flûtiste habite en Suisse, que Charlie et Romaric (l’ingé son) aussi habitent en Suisse, ils sont arrivés en avion hier soir tard, on s’est retrouvé, et les répètes – vu qu’on est à moitié dans le sud, à moitié à Nantes, à moitié en Suisse – sont rares, on doit faire trois répètes par an à peu près pour Belore. Donc on a répété hier comme des ados dans la chambre de Charlie avec une batterie électronique. Parce que le set a été très raccourci, même dans les introductions. J’ai dû faire un remix de tous les titres pour rentrer dans les 30 minutes du Hellfest. Du coup, pour pas avoir de surprise à l’instant T, on a dû faire une répète hier de 21h30 à 22h30, 23h, on a mangé et puis on s’est couché, pas le temps de niaiser.
Raven : Je l’attendais !
Le dernier album du groupe, Eastern Tales, date de l’an dernier, avec le recul, qu’est-ce que tu penses de cet album ? Comment ont été les retours ?
Aleevok : En ce qui concerne le dernier album Eastern Tales, on a effectivement eu beaucoup de bonnes retombées dessus. C’est un album qui nous a pas mal propulsés en avant, personnellement j’ai passé beaucoup de temps sur la production, le mixage/mastering aussi, du moins un peu plus que sur les précédents pour avoir une étape en plus, et avec Charlie aussi, on a travaillé un peu différemment les batteries. On a vraiment pris le temps pour travailler beaucoup plus à deux qu’avant et où lui il m’a fait énormément de propositions, j’en ai gardé autant que possible. Après, ces propositions-là ont modifié des riffs, ça modifié ma vision de ce que j’avais composé avant, du coup c’est un travail plus collaboratif et on a eu la chance d’avoir fait quelques concerts avant, du coup forcément quand on joue sur scène, il y a un peu plus d’attente un peu plus de retombées. Il y a eu plus de retours positifs, sauf un webzine italien, c’était assez drôle. Lui était relevé, c’était assez marrant.
Est-ce que tu as déjà commencé à travailler sur sa suite ?
Aleevok : Effectivement, j’ai commencé à travailler sur un prochain opus. C’est compliqué de trouver du temps entre l’enchaînement des concerts, le travail – parce que ce n’est pas mon boulot, j’ai un boulot à temps plein comme nous tous dans le un groupe, on a tous des des boulots assez chargés avec beaucoup de responsabilités chacun – et à côté de ça, la vie perso etc… Mais je pense et j’espère pouvoir un peu plus avancer dessus après les concerts de cet été, dans moins d’une semaine on est en Allemagne, on a deux dates de fests, donc après ça j’espère pouvoir me remettre un petit peu dessus. Et puis je ne suis pas le seul, dès que je finalise des compos, je les partage, j’envoie les multipistes et je leur demande s’ils ont des idées, des trucs auxquels je n’aurais pas pensé parce que je suis dans mon tunnel. Donc si jamais ils ont des idées qui ne me viennent pas, notamment à la guitare parce que je ne suis pas guitariste, à la composition, parce que je ne suis pas musicien, mais je vais laisser parler Charlie pour ça.
Charlie : Il faut savoir que le Alex, quand il nous envoie des compos – il commence par me les envoyer en général – elles sont quasiment terminées. C’est-à-dire qu’il a des idées de riff, il a des choses, il a déjà des plans et c’est assez rare dans un groupe parce qu’en général il y a quelqu’un qui propose quelque chose et après chacun met son grain de sel, tant dans la structure que dans l’harmonie. Alex, la plupart du temps, l’harmonie est quasiment terminée, on affine un petit peu la structure pour assaisonner. Et ça, c’est assez rare, donc il faut le porter à son crédit.
Baptiste : Oui, c’est vraiment pour compléter ce que tu dis parce que je te vois tiquer quand il en parle, mais c’est lui qui fait tout ça. Et on apporte soutien et support là où il y a vraiment un intérêt à apporter des choses, c’est quand on a vraiment commencé à répéter les anciens morceaux qu’on a une interprétation et des mises en place qui sont légèrement différentes. C’est venu enrichir les prestations. Ca fait aussi partie du jeu de scène parce que c’est un petit peu différent de ce qu’il a strictement sur l’album, mais pour autant comme dit Charlie, ça nous fait tous progresser mais quand Aleevok envoie une préprod, c’est déjà vraiment riche et personnellement quand j’écoute, je vois pas trop quoi rajouter, le seul moyen c’est de commencer à prendre le titre tel qu’il l’a composé et à ce moment-là je peux proposer des interprétations différentes. Jusque-là ça nous est vraiment arrivé pour les prestations scéniques, parce que c’est comme ça qu’on a travaillé.
Raven : D’accord, donc c’est la touche de l’artiste, la touche personnelle. Je tiquais parce que je suis impressionnée que quelqu’un soit vraiment multitâche comme ça.
Baptiste : A juste titre ! Nous on le soutient, on essaie de faire en sorte qu’il ne craque pas parce qu’il fait beaucoup de trucs et on prend la part qu’on peut prendre, mais il enchaîne et c’est bien.
Charlie : Et là, tu ne parles que de musique. Il y a la logistique des concerts, on est partout, il y a la logistique des répètes, Encore une fois, il y a peu de répètes, donc il faut bosser en amont, la partie artwork et la partie design, donc la DA (direction artistique, ndlr) et toutes les déclinaisons de la DA, le community management…
Baptiste : Tu verrais ses notifs ! *rires*
Charlie : Le gars il est persévérant.
Raven : Je suis vraiment impressionnée ! Je me demande, tu parviens à dormir combien de temps par nuit?
Aleevok : Je me force, je m’impose des nuits de sept à huit heures. Je suis obligé, j’ai envie de travailler, j’ai envie mais je me dis non, ça y est, c’est l’heure, il faut que je me couche. Je pense que si je ne m’imposais pas ça, je serais en burnout depuis très longtemps.
Raven : Ouais je suis pareil je suis workaholic donc je comprends tout à fait.
Aleevok : Mais voilà, j’ai aussi la chance, dans mon travail, je suis responsable de service donc je suis un peu mon propre chef, mais dans mon équipe, j’ai la chance de pouvoir des fois travailler sur certaines choses comme les réseaux sociaux, la logistique, etc… dans mon travail quand j’ai pas des tâches urgentes, parce que sinon Belore c’est un second travail, je suis à 40 heures semaine pour mon travail perso et je suis à autant pour Belore.
Comment parvenez-vous à concilier vie professionnelle et vie musicale?
Matthieu : Moi déjà j’ai un travail où on bosse la nuit et les week-ends, je bosse dans le ferroviaire en Suisse, donc euh j’ai des horaires irréguliers. J’ai plusieurs groupes avec lesquels je suis musicien en session à plusieurs instruments. J’ai un boulot à 100% du coup.
Aleevok : Un des groupes c’est quand même Cân Bardd !
Matthieu : Je ne voulais pas le dire pour faire de l’autopub, mais je fais de la guitare dans Cân Bardd aussi, donc c’est vrai qu’on fait des tournées, on a des dates loin à l’avance, donc c’est une organisation qui n’est pas toujours évidente, mais c’est quand même des groupes, tant Belore que Cân Bardd, où on joue sur des scènes qui sont assez importantes, ce qui fait qu’on connaît ces dates longtemps à l’avance. Pour mon boulot, c’est obligatoire parce que je peux m’organiser loin à l’avance. Je ne peux plus faire de concerts où on me dit “dans deux semaines, on va jouer là”. Pour le Hellfest, à un collègue près qui n’a pas pu échanger son shift avec moi, je ne pouvais pas le faire par exemple, parce qu’on a eu l’info un peu au dernier moment. Mais je combine ça comme je peux, pour l’instant, ça marche. Ça fait des années que ça tourne comme ça et je fais des journées où je dors un peu mais ça fonctionne. À la fin, le résultat, c’est que bah je peux faire tous ces concerts avec tous ces groupes, avec tous ces autres musiciens qui sont au taquet aussi, ça vaut la peine de faire tout ça, je pense.
Marty : Pour ma part, je travaille dans un bureau d’études où je propose des devis pour des panneaux solaires, j’ai un boulot classique de bureau, le soir je rentre, dès que j’ai un peu d’énergie, parce que le boulot c’est forcément crevant, je bosse mes morceaux à fond. Après c’est sûr qu’il y a un certain sacrifice qu’on fait tous, notamment sur les congés, on a beaucoup de dates donc ça demande beaucoup de présence et tant mieux qu’on ait beaucoup de dates, mais du coup tous les congés qu’on a, on les sacrifie pour le groupe et c’est ce qui fait partie aussi du jeu si on veut continuer à monter et continuer à se surélever comme ça.
Raven : C’est tout le mal que je vous souhaite, vous m’impressionnez vraiment !
Charlie : Un tout petit mot, big up à toutes nos petites femmes qui ne sont pas là, parce qu’elles s’occupent de tout le reste, qui nous soutiennent. Hier, ma petite Julie, elle nous a carry toute la soirée, elle a fait en sorte qu’on puisse répéter tranquillement et elle a tout géré alors que moi j’avais du travail par-dessus. Ta petite femme c’est pareil, elle gère à fond, c’est aussi dur pour Alexandre. Puis toi mon Titou, il n’a pas qu’une petite femme, il a deux petits enfants aussi.
Aleevok : Mais effectivement, on a tous la chance d’avoir du soutien dans notre entourage très proche, des personnes très impliquées, même la compagne de Marty qui est la cinéaste qui a fait le clip de Battle for Therallas, qui a tourné la live session à Tarare, etc… On est vraiment très bien entourés et c’est aussi pour ça que ça marche.
Sur Eastern Tales, tu avais eu l’aide de la flûtiste Ella Zlotos, est-ce que tu comptes refaire appel à elle, ou à d’autres invités pour les prochains morceaux ?
Aleevok: Pour le prochain album, Ella est la flûtiste de Saor, à l’époque on venait de finir plusieurs dates avec eux et Cân Bardd, et ça c’est très bien passé, du coup je lui avais proposé, mais on en a même rediscuté directement avec Ella, et pour le prochain album dans tous les cas, ce sera sûrement Matt, qui a intégré le groupe en tant que flûtiste live bien plus tard. De base, on l’a intégrée parce sur les deux premiers albums, c’était via des logiciels que je faisais la flûte et même si je pouvais jouer la flûte, car j’ai appris à en jouer, je n’avais pas tout, je n’ai pas le niveau pour la jouer en live, je le faisais sur un titre quand même, sur The Whispering Mountain du premier album où j’ai rajouté de la flûte en live mais c’était difficile de faire à la fois la flûte, le chant et la basse en même temps sur certains passages. Mais il y avait cette histoire de vouloir intégrer un euh un L’instrumentaliste Folk dedans, ce qui a été fait l’été dernier. Matt est arrivé, et maintenant ça va être obvious, il fait partie intégrante du projet !
Raven : Félicitations !
Aleevok : Ou mes condoléances *rires*. En tout cas si tu veux bien gros !
Matthieu : Oh ouais, je veux bien !
Aleevok : Mais pour Ella, Matt comme on parlait avant, a un planning très très chargé avec ses groupes et notamment pour les deux prochaines dates la semaine prochaine en Allemagne et la tournée européenne en février, Matt n’est pas disponible. Du coup, c’est Ella qui va venir et qui va le remplacer pour ces dates-là, comme pour Baptiste qui a ses obligations de vie de famille, et on essaye de composer avec, quand tu demandes les emplois du temps, les congés, quand il y en a un qui ne peut pas, on essaie d’avoir une solution de secours. Si ça peut se faire, c’est bien, si ça ne peut pas, on ne le fait pas du tout. Mais là on a la semaine prochaine on a Nico et Ella qui sont deux membres de Saor qui vont venir les remplacer, et puis ça va être top.
Merci c’est vraiment impressionnant ! Comment se passe la collaboration avec ton label, Northern Silence Productions ?
Aleevok : Northern Silence c’est un label qui effectivement colle parfaitement avec le style. C’était un de mes objectifs premier un peu inatteignable quand je les ai démarchés, je ne pensais pas du tout qu’ils allaient même répondre en fait, même un non euh j’aurais été très très content ! Mais c’est un label qui colle parfaitement dans le style et qui ça se passe bien, c’était un petit peu compliqué au début parce que Torsten, le leader du label était intégralement tout seul depuis 15 ans, à gérer à la fois le management de tous les groupes, manager tous les envois, toutes les commandes, manager les signatures, manager les deals… C’était impossible et du coup ça a été très compliqué, ça a fini par être impossible pour lui. Et la crise covid a fait beaucoup de mal à ça et maintenant, il a réussi à s’entourer de très bonnes personnes et avec qui du coup ça se passe très bien et le label va mieux maintenant pour le niveau artiste ça va beaucoup mieux. Donc effectivement nous on vient de finir notre notre contrat de trois albums avec lui, mais après je ne sais pas du tout ce qu’il ce qu’il viendra pour la suite, on n’y est pas encore, mais c’est vrai que le gros avantage, c’est que c’est un label qui est international, qui a carrément une énorme portée sur cette scène-là, sur cette branche de Black Epique et Black Atmo, etc… Et directement dès la sortie du premier album, grâce à ce label-là, on a touché un coeur de cible qui était qui était très grand et très concerné en fait et moi-même, je ne pensais pas que ça intéresserait autant et donc c’est vraiment grâce à ce label-là et à la fanbase qu’ils ont que euh que ça a pu aider à se développer autant.
Petite question pour toi Aleevok, qu’en est-il de tes autres projets ? Sur Encyclopaedia Metallum, il est noté que tu joues avec Continuum, DXS, Hamka et Darkenhold en live.
Aleevok : Alors cette page n’est pas du tout à jour depuis 50 ans je pense ! Le seul groupe que j’ai qui est actif c’est Darkenhold, je suis bassiste de Darkenhold depuis le début du groupe, 2008. On vient de sortir notre sixième album chez Les Acteurs De L’Ombre, Le Fléau du Rocher, qui est un album concept euh d’une histoire Medieval Fantasy qui est assez exceptionnelle.
Raven : Étonnant *rires*.
Aleevok : Mais c’est un c’est un groupe vraiment plus dans les clichés Black Metal milieu 90 et tout, c’est un son beaucoup plus raw, beaucoup plus brut. C’est une autre vision qui est tout aussi géniale quoi. Après DXS non, c’était un vieux groupe de Prog que j’avais avant, du Prog Metal Extrême et Hamka j’ai juste fait une apparition dedans. J’ai eu un milliard de projets mais les seuls actifs évidemment, c’est Belore puis Continuum, et c’est suffisant.
Raven : D’accord. je reste toujours impressionnée quand même !
Aleevok : Ah oui, c’est vrai que la femme de Baptiste… j’ai connu sa femme avant avant Baptiste, parce qu’elle a tourné dans un clip de DXS en 2010 ! J’ai connu ta femme avant toi mec ! Et je rajouterai rien de plus.
Raven : *rires* Vous êtes fatiguants !
Aleevok : Si vous allez voir le clip de DXS qui s’appelle The Musical Box, vous verrez.
Raven : D’accord, merci, il faudra penser à mettre la page à jour !
Aleevok : Alors ça par contre c’est pas à moi de faire je m’en fous.
Baptiste : Ca tombe bien en plus, t’as le temps *rires*.
Cela fait un moment que tu évolues au sein du paysage Black Metal français, est-ce que tu as vu une évolution ? Ou des changements notables, des groupes émergeants dont tu souhaiterais nous parler ?
Charlie : Tu connais le groupe Houle ?
Raven : Oui, je les ai eus en interview l’année dernière.
Charlie : Ils sont monstrueux hein ?
Matthieu : Ouais, c’est les petits copains, c’est cool.
Baptiste : On les a rencontrés, enfin le guitariste, il est venu nous parler, on l’a pas rencontré parce que on l’a déjà vu, bien sûr. Mais on a eu un échange hier et euh il nous disait “demain vous jouez, c’est trop bien, je vous vois”. Et rends-toi compte, on a joué ensemble, ils avaient sorti leur leur EP, nous on avait deux albums sortis et maintenant qu’on se revoit, ils ont sorti un album et ils tournent, ils sont partis jouer en Allemagne, c’est une méchante progression ! Donc ça marche bien, ils sont suivis, et ça commence à partir, c’est un groupe à suivre.
Il y a Manegarm qui passe dans pas longtemps, je crois que vous voulez aller les voir ?
Alevook : Oui, on se croise pas mal sur les scènes et on a bien envie de boire des coups, donc on va aller les voir !
Raven : Justement, est-ce qu’il y a d’autres groupes que vous voulez voir ?
Aleevok : Alors oui, effectivement du Dream Theater, Charlie et moi on vient du milieu Prog, on s’est connu par le Prog !
Raven : Du Prog au Black Metal… ça a été progressif ! *rires*
Aleevok : Effectivement, ça a été progressif. Mais Dream Theater, après je ne sais plus. Ah tiens, il y a l’affiche… c’est demain Dream Theater, il y a Leprous, c’est vrai qu’il y a l’enchaînement Leprous / Dream Theater, là, c’est un oui ! Et Persefone, moi c’est un c’est un petit coup de cœur parce que c’est un groupe que je suis depuis que j’ai que j’ai 17 ans. Je les ai connus sur leur tout premier album. Je l’ai acheté dans un disquaire à Nice parce que la pochette était cool à l’époque où il n’y avait pas internet. Donc on en a acheté, il y avait un vieux papillon dégueulasse sur Photoshop avec des lumières, c’était génial. Je l’ai acheté et j’ai pris une claque et j’ai vu qu’ils ont fait leur premier concert en France, ça devait être en 2006 ou 2005 à Perpignan, j’ai traversé de Nice à Perpignan, j’avais même pas le permis, je suis on est allé là-bas pour aller voir. Puis du coup, c’est c’est devenu de très bons potes et je suis très content de les revoir euh 20 ans après. Dethklok aussi ! Gene Hoglan et Bryan Beller, le bassiste de The Aristocrats !
Raven : Je ne sais plus, j’ai le cerveau qui est en train de fondre.
Aleevok : The Aristocrats, c’est un groupe de Rock Prog du coup, et ça c’est le groupe de coeur.
Charlie : Freak Kitchen aussi, ça pourrait te plaire. Et The Ocean !
Raven : The Ocean, je valide. Ainsi qu’Eisbrecher.
J’ai une dernière question et je vous laisse : à quel plat pourrais-tu comparer la musique de Belore ?
Baptiste : Des pâtes à la tisisitou.
Aleevok : Non, moi c’est pâtes au pesto, je suis désolé mais moi c’est mon plat préféré de toute ma vie ! Mais vraiment, pâtes au pesto c’est tous les dimanche soirs de ma vie depuis 20 ans ! C’est mon plat réconfort, avant de reprendre le travail, tu te pètes le bide avec une bonne plâtrée et voilà. Bon, tu peux plus faire grand-chose après mais les pâtes au pesto quoi. Quelqu’un veut apporter sa pierre à l’édifice ?
Matthieu : Pas un plat, mais moi je dirais que c’est un immense buffet à volonté. Parce qu’en fait, tout le monde trouve un truc sympa à manger dans ce groupe. Que ce soit du scream ou bien des choeurs à plusieurs voix ou des instruments un peu Folk ou bien du blast, ou bien des ambiances, et je trouve que c’est ça qui fait que c’est cool, et que ça plaît à beaucoup de gens. C’est ça et je pense que c’est un buffet d’assez bonne qualité où t’as pas une immense chiasse après par exemple, à l’opposé des pâtes au pesto Gutalax par exemple. Donc voilà, moi, c’est un peu ma vision de de du groupe et de ce genre de musique quand elle est bien exécutée, notamment, je trouve que c’est un peu ce qui se rapproche le plus.
Eh bien merci beaucoup les gars, c’était ma dernière question et je vous laisse les mots de la fin, à qui le veut, pour l’audience !
Matthieu : Gutalax.
Aleevok : C’est le mot de la fin.
Raven : Vous me fatiguez, je vous aime.
A few questions for the band Belore after their show at Hellfest 2025 by Raven.
Hello, and first of all, thank you for taking the time to talk to me. How are you feeling in this heat?
Aleevok (bass/vocals/composition): Well, it’s tiring, actually, quite exhausting heat, but hey, we’re very happy to be here. It’s still a great setting, so what more can I say!
First real question: How would you describe the band Belore without ever mentioning the label “Black Metal”?
Aleevok: Well, Belore is a project that takes place in a medieval fantasy universe, where a whole lore has been created, a whole history spanning about 1,000 years of existence with a map of characters, cities, etc., and there’s music that accompanies all of that, which is quite epic, quite atmospheric.
Raven: Would it be fair to say that it’s a role-playing game soundtrack in that case?
Aleevok: Well, you’re right to say that because I have some role-playing game pros who asked me for the first two albums, just the samples, without the guitars, without the drums, etc., just the samples and everything. I sent them to them because they were friends, but they’re using them for their RPG, yes.
Raven: Holy shit, I got it right, I don’t even know how I did it.
Belore played this morning at the Temple. How did the concert go from your point of view?
Aleevok: It was pretty quick. We actually had a lot of time to set up, get ready, etc. But the short window to arrive and set up on stage, change the set, and everything else is extremely fast, and from there, we really don’t have much time to realize what’s going on. We arrive quickly, we’ve barely finished plugging in, and we have to start playing. Everyone is already there, and we have to start the first song. It was pretty amazing to see that the Temple was full.
Raven: It was really overflowing on all sides!
Aleevok: Yes, I saw that, so for a concert at 12:15 p.m., it’s really cool. We all really enjoyed it, but it was still very fast, it’s quite a dazzling feeling.
Raven: Not from the point of view of the festival-goer who has to endure the heat.
Aleevok: We almost all had fans on stage too. I don’t know what Charlie thinks about it.
Charlie Videau (drums): Actually, I had a big fan, Alcest‘s fan, which they forgot. So that was cool. It was on my right, I must have been the only person in the whole Temple who was cool. Well, after that it was a struggle. The guys are very professional on stage, they give you a lot of time beforehand. I’m on drums, so I have a kit to set up. I thought I’d have a lot less time than that. In the end, we had plenty of time, the guys were there, they helped, they knew what to do, they were super professional and they were all very nice.
Raven: That’s something that interests me a little bit, from a backstage perspective, how does it work when you arrive on stage? It was very quick from your point of view and everything, but are you treated well, do they help you, do they give you all the information you need?
Aleevok: Yes, it was very quick, just the short time slot when it’s our turn to set up on stage. That moment is very quick. The rest of the time, as Charlie said, we have a lot of time, a lot of attention, and even beforehand, we had a lot of information about the schedule, the details, the times, the addresses, the routes for everything, so we were very well received. It’s a festival that’s impressive in terms of organization, backstage, I’ve been a volunteer at various festivals, such as the Cernunnos Pagan Fest, which is one of the best festivals in France, and as a volunteer, it’s already quite exceptional in terms of perspective, but here, it’s really impressive and everyone is very attentive, everyone is very kind and makes sure that everything goes well for all the musicians.
That brings me to my next question: what was your state of mind when you went on stage? Were you nervous or stressed?
Matthieu Favre (flutes): I’m the flutist, hello. It’s so big and there are so many people that it becomes quite abstract to play in front of so many people, you don’t really realize it, it’s very difficult to describe without experiencing it, I think. But it was still a concert that, from my point of view, was really great, even if 30 minutes goes by really quickly. We played four songs here. It’s true that at the end of the fourth song, usually for us, there are still two left…
Raven: It’s okay, you’re not a Doom band, you were able to play more than one *laughs*!
Matthieu: That’s true. But the 30 minutes go by very quickly, but we still, at least for my part, had a really good concert, we really gave it our all considering the weather conditions, let’s say. I think the summary is that it was a very good concert for the band, but it went by too fast.
Marty Dvergar (guitar): I’m a guitarist. I feel the same way, it went by extremely fast, I didn’t have time to stress out personally, I was so focused on the moment, and as I said, it goes by very quickly, so we try to savor the moment and that’s what matters most. It was 30 minutes of good time and if we had to do it all over again, we would do it without hesitation.
Baptiste Rinato (guitar): I’m the second guitarist. Yes, indeed, we have to emphasize the organizational prowess. And if you’re prepared for it, you let yourself be guided by the organizers, they know what they’re doing, you follow the steps, it all goes smoothly, and everything is fine. After that, we had to check the sound, which was quick because we often need a little more time, and there was a problem with the drums. So that threw us off a bit at the beginning, but it was still very professional and really, really cool.
What does playing at Hellfest mean for the band, but also for you individually?
Charlie: I don’t know if you know Karim Debbache (French videast), but “it’s fucking awesome” (originally an invented French locution, ed.). It’s huge. I think I’m the only one who lives nearby. I live in Nantes. So we’re sleeping at my place. We’re all friends in Belore, and we sleep at my house, so I’m very happy and we’re playing what is, in my mind, the pinnacle. I think when we got that email, we were pretty nervous. You have this mix of being super happy and super stressed. We were pretty nervous.
Raven: A bit disbelief, maybe?
Charlie: Yes, definitely! And it’s intense. Like I said, it goes fast, because you play for 30 minutes, so four songs, but it’s so good.
Aleevok: From my point of view, it’s pretty weird because it’s a project I started solo in my bedroom. I recorded, composed, and mixed the first album on my lap with headphones on in my bedroom. So it’s pretty weird to go from that to the Temple at Hellfest. I can’t really grasp the impact and the notion of recognition, I don’t really realize it. For me, I’m very focused on “we have to put on a good set, we have to make people happy…” But it’s still weird, I’m still having a little trouble making the connection.
Raven: Is that post-concert energy again?
Aleevok: Yes. Between the work I do at home on my own and the basic live aspect, it’s really a very solo thing, and now that I’m surrounded by all these great musicians who are helping me more and more with the future and development of the project, whether it’s Charlie with the drum compositions on the second album, advice here and there on the compositions, the mixing and everything, Baptiste on the universe map, he designed the whole map, which was just a rough draft on a loose sheet of paper that I did during Covid. With a pen on the back of a Covid exit permit *laughs*. That’s where it all started. It’s actually a bit of a crowning achievement, even if I’m having trouble realizing it. Maybe in a few days, when I’m sitting at home alone, I’ll see.
Raven: I see you have stars in your eyes, you’re smiling, it’s beautiful.
Aleevok: It’s sweat. *laughs*
Raven: I tried to be nice.
Baptiste: As Alex (Aleevok) and as Charlie said, it’s a group of friends. We knew each other before Alex started writing, and when he wanted to bring his project to life on stage, he called his friends and we were super excited, even though we didn’t know where we were going at the time. So we’ve been on stage for three years now, and after three years, this is where we are. We’re really happy, we’ve worked hard, people like it, they like the songs. Alex does a good job and there are benefits to that. It’s a bit of alchemy, you have to put it all together, and if it all comes together and everyone plays along, gets involved, in the end, the work pays off.
How did you prepare for this show, apart from a sleepover the night before? *laughs*
Aleevok: The sleepover was very short because we came to pick up our wristbands on Thursday and see two or three concerts, to soak it all in a bit, but since Matt the flutist lives in Switzerland, and Charlie and Romaric (the sound engineer) also live in Switzerland, they flew in late last night, we got together, and rehearsals—since we’re separated in the south of France, Nantes, and Switzerland—are rare, we have to do about three rehearsals a year for Belore. So we rehearsed yesterday like teenagers in Charlie‘s bedroom with an electronic drum kit. Because the set was very shortened, even in the introductions. I had to remix all the tracks to fit into the 30 minutes at Hellfest. So, to avoid any surprises at the last minute, we had to rehearse yesterday from 9:30 p.m. to 10:30 p.m., 11 p.m., we ate and then went to bed, no time to mess around.
Raven: I was waiting for it!
The band’s latest album, Eastern Tales, came out last year. Looking back, what do you think of it? How was the feedback?
Aleevok: As far as the latest album Eastern Tales is concerned, we did get a lot of good feedback on it. It’s an album that really propelled us forward. Personally, I spent a lot of time on the production, mixing/mastering too, at least a little more than on the previous ones, to take it a step further, and with Charlie too, we worked a little differently on the drums. We really took the time to work together much more than before, and he made a lot of suggestions, which I kept as much as possible. Afterwards, those suggestions changed the riffs, it changed my vision of what I had composed before, so it’s more collaborative work and we were lucky enough to have done a few concerts before, so inevitably when we play on stage, there’s a little more expectation, a little more impact. There was more positive feedback, except for one Italian webzine, which was quite funny. It was quite harsh, which was quite funny.
Have you already started working on the sequel?
Aleevok: Yes, I’ve started working on the next album. It’s difficult to find time between concerts and work—because it’s not my job, I have a full-time job like everyone else in the band, we all have pretty busy jobs with a lot of responsibilities—and on top of that, our personal lives, etc. But I think and hope that I’ll be able to make a little more progress on it after this summer’s concerts. In less than a week, we’ll be in Germany for two festival shows, so after that, I hope to be able to get back to it a little. And I’m not the only one. As soon as I finish composing, I share it, send the multitracks, and ask them if they have any ideas, things I wouldn’t have thought of because I’m in my own little world. So if they have ideas that don’t occur to me, especially on guitar because I’m not a guitarist, or on composition because I’m not a musician, I’ll let Charlie speak for that.
Charlie: You should know that when Alex sends us compositions—he usually sends them to me first—they’re almost finished. That is, he has ideas for riffs, he has things, he already has plans, and that’s pretty rare in a band because usually someone proposes something and then everyone adds their two cents, both in terms of structure and harmony. With Alex, most of the time, the harmony is almost finished, and we refine the structure a little bit to spice it up. And that’s quite rare, so he deserves credit for it.
Baptiste: Yes, that really completes what you’re saying, because I see you wince when he talks about it, but he’s the one who does all that. And we provide support and assistance where it’s really useful to contribute something, which is when we’ve really started rehearsing the old songs and we have a slightly different interpretation and arrangement. It’s enriched the performances. It’s also part of the stage show because it’s a little different from what’s strictly on the album, but as Charlie said, it helps us all progress, but when Aleevok sends a pre-production, it’s already really rich, and personally, when I listen to it, I don’t really see what to add. The only way is to start taking the track as he composed it, and then I can suggest different interpretations. So far, that’s really happened to us for live performances, because that’s how we’ve worked.
Raven: Okay, so it’s the artist’s touch, the personal touch. I was surprised because I’m impressed that someone can really multitask like that.
Baptiste: And rightly so! We support him, we try to make sure he doesn’t crack because he does a lot of things and we take on what we can, but he keeps going and that’s good.
Charlie: And you’re only talking about music. There’s the logistics of concerts, we’re everywhere, there’s the logistics of rehearsals, Once again, there aren’t many rehearsals, so we have to work ahead of time on the artwork and design, so the AD (artistic direction, editor’s note) and all the variations of the AD, community management…
Baptiste: You should see his notifications! *laughs*
Charlie: The guy is persistent.
Raven: I’m really impressed! I wonder, how much sleep do you get each night?
Aleevok: I force myself to get seven to eight hours of sleep each night. I have to, I want to work, I want to, but I tell myself no, that’s it, it’s time, I have to go to bed. I think if I didn’t force myself to do that, I would have burned out a long time ago.
Raven: Yeah, I’m the same, I’m a workaholic, so I totally understand.
Aleevok: But here’s the thing, I’m also lucky in my job, I’m a department manager, so I’m kind of my own boss, but in my team, I’m lucky to be able to work on certain things like social media, logistics, etc. in my job when I don’t have urgent tasks, because otherwise Belore is a second job, I work 40 hours a week for my personal work and I work the same amount for Belore.
How do you manage to balance your professional life and your musical life?
Matthieu: I already have a job where I work nights and weekends. I work in the railway industry in Switzerland, so I have irregular hours. I have several bands where I play several instruments as a session musician. So I have a full-time job.
Aleevok: One of the bands is Cân Bardd!
Matthieu: I didn’t want to say it to shamelessly do self-promotion, but I also play guitar in Cân Bardd, so it’s true that we tour, we have dates booked far in advance, so it’s not always easy to organize, but both Belore and Cân Bardd are bands that play on fairly big stages, which means we know the dates well in advance. For my job, it’s essential because I can organize myself well in advance. I can no longer do concerts where they tell me, “In two weeks, we’re going to play there.” For Hellfest, for example, I couldn’t do it because one colleague couldn’t swap shifts with me, because we got the information at the last minute. But I combine it as best I can, and for now, it works. It’s been like this for years, and I have days where I don’t get much sleep, but it works. In the end, the result is that I can do all these concerts with all these bands, with all these other musicians who are also on top form, and I think it’s worth doing all that.
Marty: For my part, I work in a design office where I provide quotes for solar panels. I have a typical office job, and in the evening, as soon as I have a little energy left, because the job is inevitably exhausting, I work hard on my songs. Of course, we all make certain sacrifices, especially when it comes to vacations. We have a lot of dates, so it requires a lot of presence, and it’s great that we have a lot of dates, but as a result, we sacrifice all our vacations for the band, and that’s also part of the game if we want to keep growing and improving like this.
Raven: I wish you all the best, you really impress me!
Charlie: Just a quick word, big up to all our wives who aren’t here, because they take care of everything else and support us. Yesterday, my little Julie carried us through the whole evening, she made sure we could rehearse in peace and she took care of everything while I had work to do on top of that. Your little woman is the same, she takes care of everything, it’s just as hard for Alexandre. And you, my Titou, you don’t just have a little woman, you have two little children too.
Aleevok: But indeed, we are all lucky to have support from our close circle, people who are very involved, even Marty‘s partner, who is the filmmaker who made the Battle for Therallas video, who filmed the live session in Tarare, etc. We are really well supported, and that’s also why it works.
On Eastern Tales, you had the help of flutist Ella Zlotos. Do you plan to call on her again, or other guests, for your next tracks?
Aleevok: For the next album, Ella is the flutist for Saor. At the time, we had just finished several dates with them and Cân Bardd, and it went very well, so I asked her, but we discussed it again directly with Ella, and for the next album, it will definitely be Matt, who joined the band as a live flutist much later. Basically, we brought her in because on the first two albums, I used software to play the flute, and even though I could play the flute because I learned how to play it, I didn’t have everything I needed. I don’t have the skill to play it live. I did it on one track, though, on The Whispering Mountain from the first album, where I added flute live, but it was difficult to do the flute, vocals, and bass at the same time on certain passages. But there was this idea of wanting to bring in a folk instrumentalist, which happened last summer. Matt arrived, and now it’s obvious that he’s an integral part of the project!
Raven: Congratulations!
Aleevok: Or my condolences *laughs*. Anyway, if you’re up for this, buddy!
Matthieu: Oh yeah, I want to!
Aleevok: But for Ella, Matt, as we were talking about before, has a very, very busy schedule with his bands, especially for the next two dates next week in Germany and the European tour in February, Matt is not available. So Ella will be coming and replacing him for those dates, as for Baptiste, who has family commitments, and we try to work around that. When you ask for schedules and vacation time, if someone can’t make it, we try to find a backup solution. If it can be done, great, if not, we don’t do it at all. But next week we have Nico and Ella, two members of Saor, who are coming to replace them, and it’s going to be great.
Thank you, that’s really impressive! How is the collaboration with your label, Northern Silence Productions, going?
Aleevok: Northern Silence is a label that fits our style perfectly. It was one of my primary goals, but a bit unattainable when I approached them. I didn’t think they would even respond. Even a no would have made me very happy! But it’s a label that fits my style perfectly and things are going well. It was a little complicated at first because Torsten, the label’s leader, had been completely on his own for 15 years, managing all the bands, handling all the shipments, all the orders, managing the signings, managing the deals… It was impossible, and so it was very complicated, and in the end it became impossible for him. And the COVID crisis did a lot of damage to that, but now he’s managed to surround himself with some very good people, and things are going very well with them, and the label is doing better now, and artist-wise, things are going much better. So, we’ve just finished our three-album contract with him, but I have no idea what will happen next. We’re not there yet, but it’s true that the big advantage is that it’s an international label with a huge reach in this scene, in the Epic and Atmospheric Black scene, etc. And right from the release of the first album, thanks to this label, we reached a very large and very interested target audience. I myself didn’t think it would be of such interest, so it’s really thanks to this label and the fanbase they have that it was able to develop so much.
Quick question for you, Aleevok: what about your other projects? On Encyclopaedia Metallum, it says that you play live with Continuum, DXS, Hamka, and Darkenhold.
Aleevok: Well, I think that page hasn’t been updated in 50 years! The only band I have that’s active is Darkenhold. I’ve been the bassist for Darkenhold since the band started in 2008. We just released our sixth album with Les Acteurs De L’Ombre, Le Fléau du Rocher, which is a concept album based on a medieval fantasy story that’s pretty exceptional.
Raven: Surprising *laughs*.
Aleevok: But it’s a band that’s really more in line with the Black Metal clichés of the mid-90s and all that, it’s a much rawer, much more brutal sound. It’s a different vision, which is just as great. About DXS, no, it was an old Prog band I had before, Extreme Prog Metal, and Hamka, I just made a guest appearance in it. I’ve had a billion projects, but the only ones that are active, obviously, are Belore and Continuum, and that’s enough.
Raven: Okay. I’m still impressed though!
Aleevok: Oh yes, it’s true that Baptiste’s wife… I knew his wife before I knew Baptiste, because she was in a DXS music video in 2010! I knew your wife before I you, man! And I won’t say any more.
Raven: *laughs* You guys are exhausting!
Aleevok: If you watch the DXS music video called The Musical Box, you’ll see.
Raven: Okay, thanks, we’ll have to remember to update the page!
Aleevok: Well, that’s not my job, I don’t care.
Baptiste: That’s okay, you have time *laughs*.
You’ve been part of the French Black Metal scene for a while now. Have you seen any changes? Any notable developments or emerging bands you’d like to tell us about?
Charlie: Do you know the band Houle?
Raven: Yes, I interviewed them last year.
Charlie: They’re amazing, aren’t they?
Matthieu: Yeah, they’re our friends, it’s cool.
Baptiste: We met them, well, the guitarist came to talk to us, we didn’t meet them because we’d already seen them, of course. But we had a chat yesterday and he said, “You’re playing tomorrow, that’s great, I’ll see you there.” And just think, we played together, they had released their EP, we had two albums out, and now that we’re seeing each other again, they’ve released an album and they’re touring, they’ve gone to play in Germany, that’s some serious progress! So it’s working well, they’re getting noticed, and it’s starting to take off, they’re a band to watch.
Manegarm is coming up soon, I think you want to go see them?
Alevook: Yes, we see each other quite a bit on stage and we really want to have a few drinks, so we’re going to go see them!
Raven: Speaking of this, are there any other bands you want to see?
Aleevok: Yes, Dream Theater. Charlie and I come from a prog background; that’s how we met!
Raven: From Prog to Black metal… that was progressive! *laughs*
Aleevok: Yes, it was progressive. But Dream Theater, after that I don’t know. Oh, here’s the poster… Dream Theater is tomorrow, and Leprous is there too. It’s true that Leprous is followed by Dream Theater, so that’s a yes! And Persefone, I’m a big fan of them because I’ve been following them since I was 17. I discovered them on their very first album. I bought it in a record store in Nice because the cover was cool back when there was no internet. So we bought it, there was a disgusting old butterfly on Photoshop with lights, it was awesome. I bought it and was blown away, and then I saw that they were playing their first concert in France. It must have been in 2006 or 2005 in Perpignan. I went from Nice to Perpignan, even though I didn’t have a driver’s license, just to go see them. Then we became really good friends, and I’m very happy to see them again, 20 years later. Dethklok too! Gene Hoglan and Bryan Beller, the bassist from The Aristocrats!
Raven: I don’t know, my brain is melting.
Aleevok: The Aristocrats are a Prog Rock band, and they’re one of my favorite bands.
Charlie: You might like Freak Kitchen too. And The Ocean!
Raven: The Ocean, I approve. And Eisbrecher.
I have one last question and then I’ll let you go: what dish would you compare Belore‘s music to?
Baptiste: Pasta with tisisitou.
Aleevok: No, for me it’s pasta with pesto, I’m sorry but it’s my favorite dish of all time! But really, pasta with pesto has been my Sunday night meal for 20 years! It’s my comfort food. Before going back to work, you stuff yourself with a big plateful and that’s it. Okay, you can’t do much after that, but pasta with pesto, you know? Anyone else want to add their two cents?
Matthieu: Not a dish, but I’d say it’s a huge all-you-can-eat buffet. Because, in fact, everyone finds something nice to eat in this group. Whether it’s screaming or multi-voice choirs or slightly folk instruments or blasts, or atmospheres, and I think that’s what makes it cool and appeals to a lot of people. That’s it, and I think it’s a pretty good quality buffet where you don’t get terrible diarrhea afterwards, unlike pasta with Gutalax pesto, for example. So there you go, that’s kind of my view of the band and this kind of music when it’s well executed. I think that’s what it’s closest to.
Well, thank you very much, guys. That was my last question, and I’ll leave the final words to whoever wants them, for the audience!
Matthieu: Gutalax.
Aleevok: That’s the final word.
Raven: You tire me out, I love you.