
Orchid Throne vient de fleurir.
Créé par le multi-instrumentiste Marylandais Nicholas Bonsanto (Barren, Empress, Helianthus, Lör…), le projet naît avec un premier album nommé Buried in Black, qu’il sort indépendamment.

L’homme démarre avec Dreamworld et un piano aussi enjoué que mélancolique, puis ce sont les riffs imposants qui rejoignent la douceur pour imposer leur lourdeur, suivie de ces éclats de voix oniriques qui vivent paisiblement dans l’instrumentale, bientôt hantée par quelques hurlements plus déchirants. La longueur du morceau lui permet de prendre plusieurs formes, dont une claire épurée particulièrement apaisante qui lui permet de temporiser avant de laisser l’agressivité de la saturation assombrir à nouveau le chemin pour finalement le corrompre entièrement et laisser libre cours à ses racines Death Metal furieuses entre deux vagues de Doom massives qui nous laissent espérer un semblant de répit. Le mélange contrasté mais mélodieux suit son court jusqu’à Ephemerality qui nous enveloppe immédiatement dans ses tonalités lancinantes qui s’abandonnent à une quiétude enivrante et minimaliste où harmoniques et basse se coordonnent pour nous émerveiller pendant que la voix flotte avant que le tout ne soit une fois de plus happé par la violence tout en conservant une approche assez planante malgré la rythmique furieuse. Les deux univers s’entrechoquent et dansent jusqu’à What Defines Us ou les ténèbres resurgissent de manière entraînante grâce à des leads particulièrement enjoués qui servent de berceau à des parties vocales brutes et viscérales qui s’adaptent naturellement au pas saccadée de la composition, explorant parfois des moments très lumineux. Moonlight Revelry vient apporter une touche tribale presque ritualistique avec ses percussions et instruments à vent, puis la rythmique change à nouveau pour une touche plus épaisse, laissant les parties vocales apparaître et se relayer tout en laissant un espace libre pour un solo de guitare avant un final plus lent qui mène finalement à Guilt. Le titre est étrangement doux, laissant les harmoniques résonner avec le chant clair sur la première moitié, puis la saturation revient embraser la rythmique, autorisant à nouveau la guitare à s’exprimer via des leads transcendants avant de s’éteindre à nouveau, permettant un final éthéré avant que Breath of Autumn ne dévoile des influences Folk acoustiques pour un break qui devient de plus en plus mystérieux. L’interlude prend fin et laisse la longue With Promise adopter des influences Black qui s’infiltrent naturellement dans l’instrumentale, mais également dans les cris qui apparaissent à nouveau dans ce paysage oppressant qui profite de quelques ralentissements pour nous faire reprendre notre souffle, puis qui nous fait à nouveau plonger tête la première dans sa noirceur, ne nous libérant que sur les derniers moments de calme qui signent la fin de l’album.
Bien que son créateur n’en soit évidemment pas à sa première oeuvre, Orchid Throne est un projet mélancolique à souhaits qui n’hésite pas à se parer de violence pour donner corps à son message. Le premier album est très prometteur.
90/100
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