
Vesseles entame son retour.
Après un premier EP en 2024, le groupe mené par Valira Pietrangelo (guitare/claviers/chant, Mortal Filth, WarTroll, ex-Arcane Existence), accompagnée par Ron Graves (basse, Horrorborn) et Nick Brown (batterie, WarTroll) dévoile son premier album, Home, pour marquer 2026.
L’ancien vocaliste Joel Ferry (A Black Rose Burial) a également participé au chant sur cet album, ainsi qu’Antonio Giardina au piano.

L’album s’ouvre sur l’entêtante et majestueuse ??Flesh Throne dont la rythmique massive immédiatement accrocheuse le devient encore plus avec l’arrivée des hurlements de la banshee qui hantent les orchestrations. Les influences du groupe sont plus qu’évidentes autant dans les passages les plus furieux que dans les interludes gothiques planants avant le retour de la violence, puis Eternally Within Us nous dévoile des tonalités presque mélancoliques qui teintent naturellement la noirceur des riffs mélodieux. Le morceau est bien plus lancinant que le précédent, conservant toutefois la fureur dans les parties vocales mais également dans certains moments qui exploitent les racines Old School et leur blast qui ravive la flamme en rejoignant la théâtrale The Beneath et sa rage assumée qui fait la part belle aux riffs bruts et saccadés. Les rugissements macabres donnent au titre une touche encore plus angoissante malgré un piano assez épuré qui vient parfois perturber la rythmique ou l’embellir tout comme sur Home, le morceau éponyme, qu’il introduit avec une touche travaillée avant que le chant clair ne vienne nous mener aux riffs et autres hurlements. On se laisse aisément ballotter par la rythmique massive qui se plaît à accélérer de temps à autres, mais la fin abrupte nous laisse sur They Wither…, un interlude sombre mais apaisant qui précède Until They Are Dust ou la saturation est de nouveau en marche pour renforcer, accompagner et assombrir des parties vocales parfois terrifiantes. Le titre est assez court, tout comme Scriptures Etched Into the Mind’s Pillars qui nous expose sans attendre à sa marche guerrière surmontée d’orchestrations pesantes qui nous font remuer naturellement le crâne tant qu’elles durent, mais qui s’orientent vers des tonalités presque plaintives sur Perpetual Chasm of Black Mirrors qui lui emboîte le pas. Là encore, les influences glaciales et perçantes sont perceptibles dans les leads mais également dans ce moment dépouillé où piano, voix et batterie mènent la danse en attendant le retour évident de la saturation par vagues, profitant de sa longueur pour nous maintenir en haleine avant de répéter le processus avec This Is Not Home qui débute par une voix brumeuse avant de s’orienter vers des touches mystiques en duo avec la rage, donnant à ce dernier morceau une saveur toute particulière et un contraste des plus intéressants pour clore l’album.
Après quelques remaniements d’effectif, Vesseles propose une oeuvre évidemment marquée de ses influences majestueuses, mais surtout très brute, créant un contraste délicieux qui se réflète particulièrement bien sur Home. J’ai déjà hâte d’entendre la suite.
85/100