
Megadeth tire sa révérence.
2026 est l’année de sortie chez BLKIIBLK Records du sobrement nommé Megadeth, dix-septième et dernier album du groupe légendaire et membre du Big Four mené par Dave Mustaine (guitare/chant), entouré par Teemu Mäntysaari (guitares, Wintersun), James LoMenzo (basse, ex-Black Label Society, ex-Ozzy Osbourne) et Dirk Verbeuren (batterie, Bent Sea, Cadaver, Savage Lands, ex-Aborted, ex-Soilwork…).

L’album débute avec Tipping Point, une première composition qui nous rappelle que Dave et sa bande sont toujours au top niveau pour créer des riffs accrocheurs, puis le chant s’y ajoute sans réelle surprise. La voix du capitaine du navire a toujours divisé, et bien que je fasse partie des réfractaires, j’apprécie la rythmique et ses leads, en particulier lors des accélérations qui finiront par céder leur place à I Don’t Care et son esprit Old School, presque Punk et assez simple mais efficace. Si j’ai l’impression que le morceau sert surtout à encadrer les solos de manière un peu dansante, alors que Hey God! propose une touche légèrement plus chantante et infusée au Heavy Metal qui reste en tête, et servira sans doute entre deux morceaux légendaires pendant les lives. On continue avec Let There Be Shred, titre immédiatement plus vindicatif qui fait lui aussi la part belle aux leads du très inspiré Teemu, véritable valeur ajoutée pour le groupe qui n’hésite pas à faire ralentir ses collègues avant de proposer Puppet Parade et son approche elle aussi un peu simple comme Megadeth sait le faire. Le morceau sonne presque mid-tempo par moments, mais saura s’emballer un peu avant la fin, puis Another Bad Day prend une direction assez similaire tout en jouant sur sa lenteur pour placer des touches mélancoliques inattendues qui s’intègrent finalement plutôt bien, tout comme le refrain qui rentre en tête. Après une intro à la batterie, la rythmique reprend du poil de la bête avec Made To Kill, titre plus vif qui n’hésite pas à accélérer de temps à autre pour nous faire remuer le crâne en bonne et due forme comme il y a quarante ans, usant de patterns agressifs avant de revenir au calme sur Obey The Call, dont les premiers moments nous rappellent aisément une balade. Le titre se renforce, proposant une marche assez régulière sur laquelle guitares et chant se posent presque naturellement jusqu’à ce sursaut d’énergie pour le solo qui mène au dernier refrain, puis à I Am War où l’on retrouve cet entrain propre au groupe, une nouvelle fois infusé au Heavy que le public ne manquera pas de scander s’il est joué en live. On enchaîne avec la voix samplée de The Last Note, titre où les harmoniques dissonantes sont de sortie, mais également une guitare acoustique pour débuter la partie solo de cette dernière composition au nom évocateur, et à laquelle succèdera Ride The Lightning, titre que Mustaine a co-écrit avec les membres de Metallica à l’époque où il faisait partie du groupe, et qu’il a jugé logique de faire figurer en tant que bonus pour clore ce chapitre de sa vie.
Le nom de Megadeth a traversé les années en tant que pionnier et pointure du Thrash. Sa légende n’est plus à faire, et que l’on aime ou non sa musique, c’est avec une pointe d’amertume que l’on écoute Megadeth, dernier album qui contient certes de bons morceaux, mais qui met fin à l’aventure du groupe.
70/100