
Crystal Lake nous montre les fruits de son évolution.
Après le départ de son vocaliste iconique, le groupe mené par Yudai (guitare), T.J. (guitare, Her Name in Blood), Gaku (batterie) et Mitsuru (basse) recrute John Robert C (chant, ex-The Last Ten Seconds of Life, ex-My Bitter End), signe chez Century Media Records et dévoile son très attendu septième album, The Weight of Sound.

Everblack nous prend par surprise et attaque à toute allure, proposant immédiatement une rythmique puissante et saccadée doublée des hurlements de John, parfois doublé par un peu de chant clair qui colle naturellement aux racines Metalcore, mais il accueille également David Simonich (Signs of the Swarm) à ses côtés pour renforcer le côté lourd et assassin du morceau. Le groupe enchaîne après un dernier break par BlüdGod et ses tonalités fédératrices qui ne manqueront pas de faire mouche en live, accueillant cette fois Taylor Barber (Left to Suffer, Seven Hours After Violet) pour un nouveau duo tout aussi dévastateur sous la rythmique survoltée, puis Neversleep nous accorde quelques secondes pour reprendre notre souffle avant de nous asséner ses riffs. La recette ne change pas pour l’arrivée de Myke Terry (Volumes), proposant tout de même quelques touches Electro samplées pour temporiser ses moments tous plus fédérateurs les uns que les autres alors que King Down compte sur un groove Old School mais toujours bien accrocheur pour convaincre. L’alarme sonne l’arrivée du break, mais le titre passe finalement assez vite à The Undertow qui tisse des harmoniques plus mélodieuses, laissant la voix au premier plan pendant que Karl Schubach (Solace, ex-Misery Signals) se joint au chanteur pour les moments de violence, laissant finalement le titre sombrer dans la douceur. Nous pouvons également respirer avec The Weight of Sound qui nous accorde un temps de relâche grâce à une introduction assez longue et des touches lancinantes avant d’enfin proposer une rythmique plus vive tout en restant relativement accessible. Le chant clair participe également à cet apaisement avant que Crossing Nails ne renoue avec des tonalités explosives ou hurlements et riffing saccadé reprennent leurs droits, promettant toutes sortes de mouvements de foule en live. Une fois cette vague d’énergie brute passée, Dystopia prend sa place et nous en fournit une nouvelle à toute allure, bénéficiant des la voix de Jesse Leach (Killswitch Engage) pour un moment de calme intense après un nouveau break ravageur, puis on enchaîne sur Sinner qui va à son tour mettre l’accent sur les mélodies pour son introduction. La rythmique mouvementée n’est évidemment pas loin derrière, mais elle s’apaise vers la moitié du titre, prenant presque des airs de balade pour rejoindre Don’t Breathe ou l’on retrouve une fois de plus la fureur brute et la rythmique virulente couplés aux harmoniques entêtantes. Le groupe temporise une nouvelle fois avant l’éruption finale, puis une dernière mélodie nous mène à Coma Wave, onzième et ultime composition de l’album qui joue la carte de la douce et enivrante mélancolie sur la première moitié pour finalement laisser la saturation réapparaître et teinter le reste de la balade.
Loin de se laisser abattre par sa dernière épreuve, Crystal Lake s’est relevé avec brio et a franchi un pas décisif en signant sur l’un des plus gros labels européens. Les portes leurs sont déjà toutes ouvertes, et The Weight of Sound confirme que leur percée est méritée tout en les laissant s’ouvrir aux collaborations.
85/100