
Doublé gagnant pour Invictus.
Après un moment de silence qui a suivi la sortie de son premier album, le trio venu de Nagano ressort deux démos en 2024, regroupées dans une compilation l’année suivante. En 2026, Takehitopsy Seki (chant/guitare), Haruki Tokutake (batterie) et Toshihiro Seki (basse) sont prêts à nous dévoiler Nocturnal Visions, leur deuxième album, avec l’aide de Me Saco un Ojo Records.

Courte mais angoissante, l’introduction donne le ton à cet album avant qu’un bruit angoissant ne nous pousse à rejoindre la violence sur Abyssal Earth Eradicates, premier morceau où les riffs pleuvent déjà à bonne allure, soutenus par des parties vocales brutes et brutales. Le groupe ne néglige cependant pas le groove grâce à une basse puissante et des parties accrocheuses, mais également des accélérations bien gérées et quelques leads perçants avant de rejoindre la dévastatrice Altar of Devoted Slaughter où le tempo s’emballe et permet aux trois musiciens de nous piétiner avec une rythmique massive. Même les passages plus lents deviennent vite imposants, alors que Lucid Dream Trauma s’axe sur ses harmoniques entêtantes pour créer des patterns hypnotiques grâce aux influences empruntées au Doom. Le son est dans un premier temps volontairement très lourd, mais on sent qu’il s’enflamme régulièrement, revenant au blast avant de nous laisser aux mélodies tranchantes de Persecution Madness qui accélère une fois de plus le pas et propose des parties plus complexes mais tout aussi ravageuses qui façonnent les assauts répétés. On enchaîne avec Dragged Beneath the Grave qui propose lui aussi un rythme rapide qui délivre ses vagues d’agressivité à bonne allure, mais aussi ce solo torturé assez court avant que les riffs ne reprennent le dessus, suivis par ceux de Wandering Ashdream qui nous donnent immédiatement envie de remuer le crâne. Le morceau est assez simple mais extrêmement entraînant, puis révèle un solo travaillé avant que Frozen Tomb ne nous tombe dessus à toute vitesse, assurant lui aussi sa dose de violence en autorisant un rapide lead cinglant avant de laisser place à la longue Nocturnal Visions, ultime composition de huit minutes au cours desquelles s’enchaînent fureur, complexité, patterns saccadés entêtants, harmoniques furieuses mais également moments pesants qui permettront d’aérer la composition tout en maintenant son intensité pour mieux relancer la machine jusqu’au final.
Loin d’être une redite de Death Old School, Nocturnal Visions propose une poignée de riffs efficaces au possible et bien ficelés qui ne manqueront pas de faire d’Invictus un challenger de choix pour la scène underground. Son seul défaut ? L’album est un peu court.
90/100