Review 3097 : MØL – Dreamcrush

MØL nous ancre dans sa réalité.

Fier de sa signature chez Nuclear Blast, le groupe Danois créé en 2012 et composé de Ken Klejs (batterie, Intig, ex-Sunken), Nicolai Hansen (guitare), Frederik Lippert (guitare, ex-Sunken), Holger Rumph-Frost (basse) et Kim Song Sternkopf (chant, The Arcane Order) dévoile son troisième album, Dreamcrush.

Dream nous offre un premier son très planant pour capter notre attention avant que les instruments n’apparaissent, d’abord très calmes, puis utilisant toute la puissance de la saturation en coopération avec les cris viscéraux de Kim qui crée un contraste saisissant entre sa violence et leur lourde quiétude. Des patterns plus saccadés viendront troubler l’océan de noirceur en nous menant à Små forlis qui se montre immédiatement plus agressif et se nuance par moments avec une rythmique simple mais accrocheuse alimentée par une touche de voix claire avant d’exploser à nouveau et de nous emporter dans son flot chaotique. Young prend une direction plus douce à première vue, mais nous pouvons compter sur le groupe pour y ajouter son grain de folie et le transformer en ruée ravageuse coupée par des leads léchés, mais le titre passe à toute vitesse et Hud vient nous offrir un moment de répit avec des tonalités éthérées. D’abord majoritaire, le chant clair se change en cris pour mieux appuyer le groove accrocheur du morceau qui laissera place à Garland où l’on retrouve cette fausse quiétude qui ne demande qu’à s’embraser et qui y cède sans mal en temps voulu, ballotté par des vagues de saturation maîtrisées. Retour à l’apaisement pour Favour et ses riffs enchanteurs qui durent durant la première moitié, s’assombrissant en devenant bien plus lents et imposants par la suite, puis A Former Blueprint vient redynamiser l’atmosphère avec des tonalités guillerettes assez légères, à peine corrompues par la rage puis qui s’y mêlent complètement pour ses derniers moments. Infinity prend la suite en nous offrant un temps de flottement d’à peine une minute pour nous remettre de nos émotions en compagnie d’une guitare planante, puis Dissonance prend habilement sa place en restant dans la douceur, ne mettant le feu aux poudres qu’une fois les influence Prog remuantes déjà bien en place. On se dirige vers la fin de l’album avec la furieuse Mimic, composition à la rythmique virulente sur laquelle leads et rugissements se posent avec fracas et qui deviennent très rapidement communicatifs malgré le break, puis c’est Crush qui pose le point final avec ses soubresauts d’énergie communicatifs qui appellent des influences Screamo pour nous transcender une dernière fois.

En entendant les riffs vaporeux de MØL, il m’était impossible de ne pas succomber. Si je suis de loin le groupe depuis quelques années déjà, Dreamcrush m’a entièrement convaincu d’une chose : je dois absolument voir le groupe sur scène très prochainement.

95/100

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