
Viamaer est venu au monde.
Créé entre les idées les plus personnelles du musicien polonais Krystian Jurkiewicz (tous instruments/chant), le projet se dévoile avec un premier album, In Luminae Lunae, début 2026.

Une première mélodie emporte notre esprit sur In excitatione terrae, le premier morceau, nous menant naturellement à l’arrivée de la saturation et des murmures brumeux, puis des hurlements viscéraux qui semblent eux aussi retenus derrière ce voile de froideur qui les rend distants. L’instrumentale ne manquera pas de s’emballer, dévoilant toute sa fureur avant de la mêler aux émotions omniprésentes qui tissent leur noirceur puis se brisent net pour laisser In lumine lunae prendre la suite et nous envelopper dans son cocon de quiétude sombre qui laisse certes passer des instants de violence, mais qui me marque aussi par son naturel et sa douceur. Le titre est très dissonant, presque angoissant par moments, alors que Dimensio mortis, plus court, nous propose une expérience plus vive entre les influences Post-Punk planantes qui rejoignent le Black Metal lancinant mais somme toute imprévisible qui s’offre parfois quelques moments de flottement. On retrouve ce même concept sur Ultra insaniam et ses débuts très lents qui nous laissent aisément nous perdre dans ces riffs apathiques et leurs harmoniques enivrantes, mais Liberum arbitrium va proposer une approche différente, troquant cette atonie pour une évolution plus pesante où les parties vocales sont bien plus présentes et différentes. La nostalgie nous gagne facilement lors des temps de repos, torturée par les éruptions plus viscérales qui vont finalement rejoindre Haec Vox et ses tonalités enjouées qui créent un contraste intéressant avec le reste de la composition, alternant toutes les nuances de ténèbres pour tisser sa toile alanguie. Magna paranoia nous emporte à son tour dans ses limbes impénétrables pour nous étouffer entre chant clair, hurlements et harmoniques pénétrantes pour développer cette nappe de brouillard d’où finiront par s’échapper des choeurs avant la glaciale Smaragdus somnium qui emprunte au Prog pour fermer l’album avec une touche plus complexe mais finalement tout aussi appréciable et qui laisse le Shoegaze s’évaporer peu à peu.
Si la douceur vous touche autant que la violence, Viamaer est votre prochain coup de coeur de 2026. Noirceur et tonalités brumeuses se mêlent à merveille sur In Luminae Lunae, premier album d’un projet inspiré et saisissant dont j’attends personnellement beaucoup.
90/100