
Agenbite Misery a enfin franchi le pas.
Après deux démos et une multitude de singles, le trio composé de Sam Graff (guitare/chant/claviers), Cam Netland (basse/chant) et Adam Richards (batterie/chant) dévoilent en 2026 leur premier album, Remorse of Conscience.

Telemachean Echoes débute dans la dissonance et le chaos, mais nous offre rapidement une agressivité brute digne des plus grands noms du Grind avant de revenir à un son plus lourd et groovy, puis explose une dernière fois en rejoignant Cascara Sagrada, qui affiche fièrement ses touches Sludge sombres. On note également quelques passages plus aériens qui se transforment parfois en moments d’angoisse avant de revenir à la fureur, puis à des riffs inattendus et saccadés où les cris s’invitent parfois, accentuant le malaise grandissant avant de faire place à la très longue A Charitable View Of Temporary Sanity qui nous offre un moment de détente. La saturation revient toutefois proposer lourdeur et oppression, mais s’écarte pour faire place à un sample vocal pendant un temps de douceur qui ne dure heureusement pas et s’éteint pour que riffs abrasifs et cris refassent surface, alternant calme et rage tout au long du morceau avant de passer à Whatness Of Allhorse qui se montre étrangement très entraînantes du côté de la section rythmique, se parant de synthés rétro pendant que les grognements s’installent à leur tour. Le mélange s’épaissit progressivement et se transforme une fois de plus en nuage grésillant et vrombissant, devenant presque épique sur le final qui rejoint Bellwether And Swine où les racines Stoner fumantes s’expriment pleinement avant de laisser libre cours à un rythme effréné qui donnera naissance aux différents rugissements avant de ralentir à nouveau, dont certains particulièrement perçants. L’allure varie, mais l’oppression reste la même, changeant cependant pour Circe qui affiche des passages plus virulents qui contrebalancent avec les moments de lenteur lancinants et s’autorise quelques leads entêtants avant de se laisser corrompre par le Black Metal froid et brutal, nous accordant finalement un repos théâtral avec les deux minutes de The Twice-Charred Paths Of Musing Disciples où claviers et sons éthérés sont de mise. La transition avec Mnesterophonia est très naturelle, opérée par les claviers puis la basse, la batterie, la guitare, le sample vocal, et enfin l’éruption de tout ce petit monde qui se coordonne pour nous ensevelir sous sa saturation infernale qui régurgite ses harmoniques de temps à autres, alimentant l’imbroglio expérimental du trio jusqu’à atteindre la partie bruitiste qui dure encore et encore avant de nous accorder ses derniers riffs, puis s’éteindre lentement.
Je découvre Agenbite Misery avec Remorse of Conscience, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est ambitieux ! A la fois sombre, angoissant et extrêmement riche, il n’hésite pas à laisser les trois membres nous mener de force là où ils veulent, maîtrisant chaque bruit avec fracas.
80/100