Live Report : Napalm Death + Whiplash + Varkuers + Dopelord – Mondial du Tatouage

Pour sa dernière édition, le Mondial du Tatouage nous régale avec la venue de Napalm Death !

Il y avait si longtemps que je n’avais pas vu la légende du Grind/Death Napalm Death ! Désireux de poursuivre leur Campaign for Musical Destruction, ils embarquent avec eux les Thrasheux de Whiplash, les Punks de Varkuers et les Stoneheads de Dopelord pour une affiche plus que variée, et le tout entouré d’un milieu qui me parle énormément : le tatouage.

Cette année encore, j’arrive en avance, profitant de flâner au milieu des 550 tatoueurs venus de tous les continents, et qui en plus d’arborer eux-mêmes des pièces parfois plus qu’imposantes, présentent des styles incroyablement variés : dotwork, traditionnel, fantasy, horreur, réalisme… il y en a pour tous les goûts ! Tout au long de la journée, les aiguilles transpercent les peaux des plus courageux, certains étant déjà à l’œuvre depuis la veille ou d’autres aussi prévus pour le lendemain, et les plus belles créations sont même soumises au vote d’un jury composé de pointures du milieu ! Le son est au rendez-vous avec quelques classiques du Metal, notamment Tears Don’t Fall de Bullet For My Valentine que je chantonne dans la queue du bar avec cet inconnu, qui m’avouera avoir perdu sa virginité dessus, à sa sortie. Santé !

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On commence donc avec les polonais de Dopelord, dont le dernier album Songs for Satan m’avait plus que convaincu, et qui débute un set assez court mais dans les règles de l’art : leur Stoner est servi par une lumière bleue pesante, du fuzz à gogo, des images de films des années 70/80 en arrière-plan… il ne manque aucun cliché ! Côté son, les riffs sont lourds et efficaces, et même si j’apprécie personnellement un peu moins les solos, ils restent chaotiques à souhaits pour coller à cette atmosphère pesante complétée alternativement par le chant clair de Piotr Zin (basse/chant) et les grognements de Pawel Mioduchowski (guitare/chant). Les musiciens sont heureux d’être présents et n’hésitent pas à headbanguer en jouant, nous emportant sans mal dans leur marécage rythmique accrocheur, ou à nous inviter à les rejoindre par la suite au merch, avec ce conseil avisé : “Just don’t spend all your money on fucking tattoos”. Un dernier titre bien burné pour la route, et le groupe sera contraint de nous abandonner après seulement une demie-heure de son, mais sous les applaudissements.

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On enchaîne avec Varukers (ou The Varukers, je n’ai toujours pas réussi à savoir quelle dénomination était officielle), groupe de Punk Britannique qui va se charger de réveiller les plus aguerris (ou alcoolisés ?) avec leurs riffs rapides et énergiques aux racines évidentes. Dès que le show débute, les nuques remuent, les poings se lèvent, les titres s’enchaînent entre deux invitations à rejoindre le mouvement en annonçant la suite comme ce “Paris, we won’t die for a fucking government!”… et je semble le seul à rester de marbre, au vu du pit qui se forme. Pourtant, leurs titres sont brefs et incisifs, le mix est loin d’être mauvais, le vocaliste Anthony “Rat” Martin (ancien de Discharge) est plus que communicatif, nous incitant à remuer comme si sa vie en dépendait, et pour en avoir discuté avec quelques amateurs, le show est vraiment bon ! Je préfère tout de même rester en retrait, et laisser les véritables fans encaisser la rythmique basique mais ultra-efficace qui sévit pendant que le quatuor donne tout ce qu’il a, se laissant applaudir à l’issue de son temps de jeu.

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Nouveau groupe, nouveau changement sonore, c’est le Speed/Thrash américain de Whiplash qui s’annonce… eh bien pour le moins original. Même si le groupe est connu comme une véritable référence dans le milieu (on me conseillera vivement et à plusieurs reprises le premier album, Power and Pain, dont le groupe jouera ce soir six titres, soit la moitié de sa setlist !), ce sont des visuels pour le moins assez cheap qui accompagnent la bande à Tony Portaro (guitare/chant)… Mais la déception laisse vite place à la rage, et l’homme au Stetson va vite nous montrer en compagnie de Will Winton (basse) et Mitch Hull (batterie) qu’il a toujours la forme, que ce soit au chant ou à la guitare, emportant avec lui bon nombre de spectateurs qui se rentrent joyeusement dedans en hurlant les paroles des morceaux, dont certains fêtent déjà leurs quarante ans. Rare dans nos contrées, le groupe est bien évidemment acclamé entre deux “Now you got some Thrash Metal, you motherfuckers!”.

Setlist: Last Man Alive – Killing on Monroe Street – Spit on Your Grave – Red Bomb – The Burning of Atlanta – Walk the Plank – Sword Meet Skull, Skull Meet Sword – War Monger – Spiral of Violence – Thrashquake – Nailed to the Cross – Power Thrashing Death

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Il est déjà bien tard lorsque la tornade Napalm Death monte enfin sur scène, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les anglais étaient attendus ! En quelques secondes à peine, Mark « Barney » Greenway (chant) commence son footing sur scène en se frottant la tête, Danny Herrera (batterie) matraque ses fûts en grimaçant, John Cooke (guitare/chant) tabasse ses cordes en headbanguant sous ses dreads, se rapprochant parfois du micro pour aider le vocaliste tout Adam Clarkson (basse). La recette du groupe est connue, simple mais bien ficelée, et le show prend rapidement des allures d’ouragan de violence sous les riffs et autres vociférations, ce qui ne manquera pas de motiver le public, déjà bien enhardi par les concerts précédents. Entre deux “Thank you, merci beaucoup”, Barney ne se prive pas pour délivrer son message ouvertement révolté, antifasciste et militant, mais aussi pour présenter le bassiste qui les accompagne, remplaçant Shane, et ces petites parenthèses nous permettent de reprendre notre souffle pour mieux mosher ou slammer par la suite. Côté setlist, on retrouvera bien évidemment les classiques Smash a Single Digit, Suffer the Children, Scum ou encore You Suffer, mais aussi des titres plus rares comme Inside the Torn Apart, justifié par un “Every year we try to move the set list to prove we’re not lazy bastards ». Et c’est aussi ça que l’on aime chez Napalm Death, ce contraste entre l’humour anglais lorsqu’un énième gobelet en plastique ne vole, accompagné d’un “Oh here is another plastic glass”, suivi de “This song perhaps, like other Napalm Death songs, has a little bit of energy too”, ou lorsque Barney dédie Nazi Punks Fuck Off à notre très (peu) cher Front National avant de se faire offrir un serre-tête oreilles de chat par une slammeuse. Une heure, et c’était bien trop court !

Setlist: Instinct of Survival – Strong-Arm – I Abstain – Smash a Single Digit – Contagion – Work to Rule – Inside the Torn Apart – Throes of Joy in the Jaws of Defeatism – Continuing War on Stupidity – Amoral – Suffer the Children – How the Years Condemn – Unchallenged Hate – Lucid Fairytale – Dead – Politicians (Raw Power cover) – Thanks for Nothing – Diatribes – Scum – C.S. – You Suffer – Nazi Punks Fuck Off (Dead Kennedys cover) – Adversarial/Copulating Snakes

Les allées du Mondial du Tatouage sont bien vides lorsque le son cesse, mais une chose est sûre : les groupes ont largement marqué le salon ! Si Napalm Death s’est montré à la hauteur de sa légende de violence, Whiplash m’a surpris par sa vélocité, Varukers par ses racines Old School, et Dopelord par ses riffs enivrants. Merci encore à Simon pour m’avoir permis d’immortaliser cette soirée de rage au Mondial du Tatouage 2026, qui vit malheureusement sa dernière édition !

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