Review 3157 : Ennui – Qroba

Les berges de Tbilissi ont créé Ennui.

Bercé par le fleuve Koura, le groupe composé de David Unsaved (guitare/basse/chant), Serge Shengelia (guitare), Alexander Gongliashvili (batterie), Andrey Azatyan (guitare) et Kakhi Kiknadzr (guitare) revient en 2026 accompagné par Meuse Music Records pour son cinquième album, Qroba, mixé et masterisé par Greg Chandler (Esoteric).

Antinatalism se montre d’abord assez simple et majestueux, mais se transforme sans attente en véritable monument de lourdeur, constat qui se renforce encore plus avec l’arrivée des parties vocales caverneuses qui suivent le rythme de ce long fleuve tranquille et dissonant qui devient de plus en plus inquiétant. Le ton grave se poursuit jusqu’à laisser place à la douceur de l’introduction de ??Becoming Void, nous offrant quelques touches brumeuses qui nous enveloppent avant de faire à nouveau appel à la saturation pour enfoncer un peu plus le clou. Chaque note résonne dans tout notre corps, et chaque hurlement sent toujours un peu plus la mort, la longueur du titre aidant à accentuer cette sensation d’oppression et d’étouffement permanent qui nous gagne alors que Decima se montre plus cristalline, presque même plus douce, plus accessible, et charme notre esprit avec sa quiétude. Nous repartons finalement à la dérive dans toute cette saturation, guidés par les grognements de David, mais notre trajet s’apaise à nouveau un instant pour revenir à sa lourdeur tout en plaçant habilement un solo avant de laisser l’onirique Down to the Stars prendre la suite avec des patterns assez similaires, mais une toute autre approche pour l’introduction. Cette vague de claviers disparaît pour le retour de la saturation, et on sent que la rythmique s’excite un peu plus qu’à l’accoutumée, restant bien évidemment dans des patterns Doom saccadés, suivis par des tonalités imposantes jusqu’au break, repris avec froideur et parties vocales solennelles. Mokvda Mze prend finalement la suite, renouant plus rapidement avec la saturation après une touche folk originale, créant un contraste très appréciable entre les deux univers, jouant avec les spécificités de chacun pour nous envoûter non pas une, mais deux fois, et finir sur un dernier moment de calme intense.

Si vous aimez le Funeral Doom, vous serez instantanément conquis par Qroba. L’album nous prend par la main, nous rassure et nous expose ensuite à sa beauté, faisant d’Ennui un projet qui porte très mal son nom, tant l’heure de son passe naturellement.

85/100

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