
Decipher nous présente son nouveau chapitre.
Mené par Kostas Gerochristos (chant/guitare, Lucifer’s Child, ex-Warhammer), Nodas Chatzopoulos (batterie, Absense) et Costas Ragiadakos (basse, Dephosphorus, ex-Abyssus) reste avec Transcending Obscurity Records pour la sortie de son deuxième album, Thelema.

Le groupe nous attend avec Return to Naught, premier titre majestueux qui n’attend pas avant de nous présenter sa force de frappe dissonante complétée par des parties vocales brutes qui amplifient l’oppression ambiante. Le morceau ralentit parfois mais revient toujours à sa vitesse de croisière avant de passer à la longue The Black March, composition assez similaire avec une approche un peu plus saccadée qui finit par devenir plus régulière tout en restant abrasive, s’offrant des harmoniques froides. Le mélange devient soudainement plus chaotique et mystérieux, puis disparaît dans le néant, faisant place à Seven Scars qui adopte une touche plus mélodieuse côté instrumentale, mais également plus macabre côté chant, affichant fièrement sa disparité qui, si elle sonne assez agressive au début, finit par nous sembler complémentaire. Chant et choeurs marchent également main dans la main pour nous mener à Bound to the Wheel, nouveau titre où on ressent également la touche grecque au nouveau des harmoniques entêtantes, qu’elles soient à bonne vitesse ou sur ce passage plus lancinant qui lance le solo. On passe ensuite à Hail Death, plus long des sept morceaux qui dispose de parties très lentes que j’estime relativement fédératrices en live, mais les passages plus vifs restent dans des tons plus froids, assurant une hétérogénéité intéressante à travers le rythme du titre. Towards Renaissance prend la relève après un dernier râle, ancrant le morceau dans les tonalités furieuses tout en conservant la dissonance mélodieuse avec ici encore, un rythme assez intéressant qui permet de captiver l’auditoire avec une pointe de Norvège dans le son. L’album atteint déjà son dernier titre avec Litany et sa complainte introductive à la guitare qui débouche sur un blast et nous prouve qu’elle porte parfaitement son nom, proposant des touches mystiques, des incantations en plusieurs langues, et enfin cette fin silencieuse.
Decipher prouve que son premier album n’était pas un pétard mouillé, et que le groupe cultive un son pesant entre Black et Death Metal avec un certain standard. Thelema va dores et déjà trouver sa place dans le rayon Black Metal hellénique.
85/100