
La menace est réelle chez Winterfylleth.
Deux années seulement après son précédent album, le groupe mené par Chris Naughton (chant/guitare, Atavist), Simon Lucas (batterie, ex-Atavist), Mark Deeks (claviers/choeurs, Ard), Russell Dobson (guitare/choeurs, Necronautical) et Mark Doyle (basse/choeurs, live pour Ard) nous dévoile The Unyielding Season, son neuvième album, avec l’aide de son nouveau label Napalm Records.

Le groupe attaque sans attendre avec Heroes of a Hundred Fields, un premier titre déjà très prenant ou la rythmique massive et les vociférations viscérales se mêlent avec fracas, nous emportant naturellement dans cette tornade de noirceur aussi majestueuse qu’agressive où cohabitent claviers et leads perçants. Le titre marque une courte pause avant de repartir, puis nous mène à Echoes in the After qui lui emboîte le pas avec une approche similaire, couplant tonalités imposantes et une maîtrise des mélodies épiques incomparable, comme sur ces envolées enivrantes qui se succèdent. La cadence ralentit pour passer à A Hollow Existence et à ses touches lancinantes qui se démarquent lors de l’introduction, et qui teinteront sans mal l’ensemble du morceau tout en le rendant plus sombre, créant un contraste avec le final très doux auquel succède la brutalité de Perdition’s Flame qui démarre d’un coup et nous emporte dans son tourbillon infernal. La rythmique est également plus pesante, déteignant sur les leads qui deviennent entêtants avant de rejoindre The Unyielding Season, le morceau éponyme, qui débute de manière bien plus modérée et fait revivre ces tonalités enivrantes et mélancoliques. Ce titre est de loin l’un des plus apaisants de l’album malgré les hurlements féroces, avec Unspoken Elegy qui propose une petite balade acoustique de près de quatre minutes ou la guitare et les claviers dansent ensemble jusqu’aux synthétiseurs d’In Ashen Wake. Si les premiers instants sont très doux, l’arrivée des guitares place une touche menaçante, qui se confirme lorsque la rythmique et les rugissements débutent, et le titre prend des airs de complainte douloureuse mais saisissante avant de revenir à de l’agressivité pour Towards Elysium. Le son est bien plus abrasif, que ce soit côté rythmique ou harmoniques dissonantes, profitant toutefois d’une pointe plus mélancolique aux claviers avant de finalement rejoindre Where Dreams Once Grew, autre interlude acoustique mené par la guitare qui débouche sur Enchantment, reprise de Paradise Lost ou le ton est bien plus planant, proposant également du chant clair pour compléter des riffs infusés au Doom pour clore l’album, prouvant que le groupe peut aussi s’adapter à la douceur.
J’ai toujours eu une très haute estime de Winterfylleth, car chaque album possède sa propre approche d’un Black Metal saisissant. The Unyielding Season ne fait pas exception, l’album m’a enchanté du début à la fin, et je n’ai pas senti cette heure passer !
95/100