
Akem Manah célèbre son retour avec un deuxième album.
Actif en Belgique entre 2007 et 2014, le groupe prend une pause jusqu’en 2023. Aujourd’hui composé de XDS (chant/guitare/basse/claviers, Hangman’s Hymn, Plagueland, The Dead Dirt, ex-Nyrak, ex-Saille…), JT (guitare), RD (basse) et GVC (guitare, Hangman’s Hymn, Splendidula, Wound Collector, Xiphactinus, ex-Nyrak…), il sort Threnodies via Black Lion Records.
On retrouve également German Dmitriev (Eternal Recurrence) au violon et Fabio Alessandrini (Annihilator, Bonfire…) à la batterie.

Nous sommes accueillis par la majestueuse introduction nommée The Inevitable Fate of Francis Cobb où des claviers mystérieux nous attendent, parfois même très imposants à la manière d’un orgue, et nous mène à la plaintive The End of Earnest Hollow qui démarre de manière très douce, mais qui nous explose sans prévenir au visage et nous envoûte immédiatement. Entre Doom et Metal Gothique, le chant clair nous hypnotise, aidé par des violons grinçants ainsi que par les longs leads qui rencontrent parfois quelques growls menaçants mais également ce final riche et grandiose avant d’affronter The Mystery of Mosef Mehul qui se montre immédiatement bien plus pesante. Même les leads ont cette aura ténébreuse malsaine, mais le vocaliste sait parfaitement mener la barque et nous enrôler naturellement dans leur univers captivant qui s’épaissit encore plus avec The Burning of John Briggs, composition suivante à l’atmosphère faussement mélancolique et étouffante. Les grognements sont encore bien plus sauvages que sur les titres précédents, alimentant une fois de plus le contraste qui sombre peu à peu dans la folie avant que The Journey of Nathaniel Johnson ne vienne nous offrir un temps d’apaisement, qui deviendra bien plus massif tout en restant assez calme. Les harmoniques nous hantent toujours aussi efficacement, et bien qu’elle soit toujours assez douce, la progression est assez rythmée, explosant finalement dans la lourdeur et la dissonance avant de faire appel aux instruments exotiques de Justin Bruce sur l’interlude enivrante nommée The Undoing of an Unknown. Le dépaysement est total pendant ces cinq minutes, et l’invité nous permet de ressourcer notre âme avant qu’elle ne soit une fois de plus assombrie par The Fall of Maximillian Montagne et son rythme lancinant qui laisse notre esprit naviguer de note en note, ballotté par la puissance de la rythmique pendant que le vocaliste nous conte son histoire. Des bruits angoissants apparaissent et assombrissent une fois de plus la composition avant de rejoindre The Sleep of Eve Saldana qui nous offre une progression intense faite de vagues de douceur, de brutalité, d’apaisement et de rage, nous rendant presque curieux de ce que sera la prochaine partie, puis c’est avec une certaine touche plus solennelle que The Demise of John Dunn prend la suite, nous offrant toujours plus de paysages désolés. Mais bien que le groupe ne tienne sa mélancolie jusqu’à la dernière note, elle finira par céder sa place à The Hanging of Edward Hope, outro au nom hautement symbolique qui nous fait comprendre une chose : la tristesse a gagné, et plus rien ne compte.
Je ne pensais pas en découvrant Threnodies avoir affaire à une œuvre aussi riche et saisissante ! Akem Manah m’était totalement inconnu, mais le groupe propose une intensité palpable à chaque instant, et une heure d’écoute semble presque trop peu tant cet album est dense !
95/100
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