
Inferi est de retour au front.
Cinq années ont passé depuis son dernier album, mais le groupe mené par Stevie Boiser (chant, Equipoise, ex-Ashen Horde, ex-Vale of Pnath), Malcolm Pugh (guitare/basse/chant/orchestrations, ex-Demon King, ex-Entheos), Sanjay Kumar (guitare/orchestrations, Equipoise, Wormhole) et Spencer Moore (batterie, Arkaik) est de retour avec son septième album, Heaven Wept, chez Artisan Era.

L’album démarre à toute allure avec The Rapture of Dead Light, première composition déjà ravageuse qui mêle avec brio la touche furieuse, la technicité et les éléments plus mélodieux sous les vociférations d’un Stevie en très grande forme, alternant growl monstrueux et scream démoniaques, s’adaptant aux déferlantes parfois soutenu par son acolyte Malcolm. On notera également des leads travaillés à souhaits qui apparaissent de temps à autres, puis le groupe enchaîne avec l’inquiétante Feed Me Your Fear qui combine son atmosphère pesante avec une rythmique massive mais changeante, n’hésitant pas à opter pour une touche plus dissonante ou explosive qui reste toujours ancré dans ses racines violentes, comme sur cette moshpart finale. Master of Nothing prend le relai et nous projette à pleine vitesse dans ses harmoniques entêtantes qui prennent souvent la place d’honneur, mais elles savent également la laisser au vocaliste pendant que la rythmique relance la machine, puis Eternally Lie va à son tour nous ballotter entre ses riffs tous plus virulents les uns que les autres sans chercher à nous ménager un seul instant, à part sur le break mystérieux. La violence reprendra le dessus avant de nous assommer sur Heaven Wept, titre éponyme qui frappe fort dès ses premiers instants et n’hésite pas à s’appuyer les orchestrations pour renforcer sa puissance, nous clouant toujours plus profondément au sol avec une facilité déconcertante. Là aussi, les leads sont impressionnants, faisant appel à toujours plus de ressources avant que les racines Deathcore ne refassent surface, suivies par la nouvelle vague de fureur majestueuse nommée Atonement Denied, accélérant sans mal pour nous emporter avec elle, oeuvrant elle aussi entre double pédale, riffs acérés et hurlements surpuissants. Le rythme effréné aura les plus récalcitrants à l’usure, et toutes les nuques bougeront pour le final, puis c’est avec Of Rotted Wombs que les musiciens font semblant de nous offrir du répit, enchaînant après une seconde de claviers avec leur tornade de riffs et de maîtrise sans précédent qui nous brisera une fois de plus la nuque, nous laissant sans voix. Le titre passe cependant assez vite, laissant place à Godless Sky qui nous accorde un véritable moment de flottement avant de s’embraser à son tour, continuant sur la même lancée que ses prédécesseurs sans avoir à rougir, mêlant tout le savoir-faire de ses créateurs pour en faire un monument de contraste avant un final en apothéose.
Les compositions d’Inferi sont toujours aussi dévastatrices, que ce soit sur album ou en live ! Certains des nouveaux morceaux d’Heaven Wept ont déjà fait leur preuves en live, et le groupe continue son ascension pour notre plus grand bonheur !
95/100
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