Nature Morte n’a pas dit son dernier mot.
Toujours signé chez Frozen Records, le groupe composé de Chris Richard (basse/chant), Stevan Vasiljevic (guitare) et Vincent Bemer (batterie) dévoile en 2026 son quatrième album, Still Life.

On débute dans l’angoisse avec DRAMA…, une introduction assez calme, mais tout de même relativement mystérieuse qui emporte notre esprit jusqu’à …NOT HORROR et son explosion viscérale qui conserve tout de même quelques tonalités brumeuses. Hurlements et notes aériennes se complètent à merveille, chacun répondant à l’autre en permanence et créant un contraste fascinant où la rythmique progresse comme elle l’entend, que ce soit grâce au blast ou à ce passage bien plus lent et épuré avant le retour de flamme qui nous mène à DISGUST. Ce morceau aussi débute très calmement, se parant de son abrasive saturation tout en développant une touche enivrante en arrière-plan, profitant à la fois des racines Shoegaze vaporeuses tout en restant ancré dans sa noirceur ambiante qui corrompt chaque note alors que la basse se montre presque rassurante avant d’accueillir Amaya López-Carromero (Maud the Moth) BLUE, titre suivant. L’invitée occupe le rôle central sur les premiers moments de cette composition, assurant une douceur incomparable, mais lorsque les grognements de Chris apparaissent à nouveau, on sent que le groupe repart dans ses ténèbres, donnant une nouvelle place à la vocaliste qui expérimente à son tour, mais le morceau laisse assez vite place à LIBERTY (T.G.I.F.) où l’on retrouve cette violence sous-jacente à laquelle le groupe fait entièrement confiance. On retrouvera également quelques touches de lourdeur oppressante mais aussi ces interludes majestueux qui temporisent l’intensité, nous permettant de respirer avant qu’YRAMESOR ne vienne nous hypnotiser à son tour, changeant habilement de rythme et proposant même des tonalités presque joyeuses avant de s’éteindre naturellement. On enchaîne avec 66F, titre bien plus court mais également d’abord bien plus expérimental qui renoue finalement avec des racines Black virulentes, mais qui disparaissent à leur tour pour que CVLT ne mette le point final à l’album, distillant une fois de plus le mélange si opposé et complémentaire qui nous berce et nous violente tout son saoul tout en laissant ses harmoniques voler librement et enfin nous paver la voie vers le silence.
Tout en restant dans la continuité de ses précédents travaux, Nature Morte nous propose sur Still Life une touche de douceur encore plus marquée, accentuant avec intensité le contraste saisissant qui fait leur essence. Le groupe a définitivement trouvé sa voie.
90/100