Review 3234 : Cult of Occult – I Have No Name

Ressortez les canettes, Cult of Occult est revenu.

L’année 2026 est pour Jean Claude VanDoom (chant, Atomic Trip), Johnny KingDoom (guitare), Gary McDoom (basse, Atomic Trip), Rudy Alleyoopacid (batterie, Hiding Sun) et Henri Salvadoom (guitare) celle de leurs quinze ans, mais aussi celle de la sortie de leur cinquième album, I Have No Name.

On attaque directement dans le bourdonnement avec I Have No Heart, première composition qui nous rappelle à quel point le groupe peut être oppressant avant même sa première véritable note qui finira par nous exploser au visage avant de revenir à ce tant attendu Sludge crasseux et pesant, hanté par des cris malsains. L’extrême lenteur des riffs leur donne cette lourdeur même sur le break minimaliste qui rappelle les harmoniques inquiétantes avant la base épaisse, qui passera par plusieurs vagues abrasives, notamment la dernière plus imposante et infernale, nous menant finalement à I Have No Limbs, deuxième titre lui également très long qui débute cependant de manière bien plus sauvage. On retrouve là également une lenteur étouffante ainsi que des frappes pesantes, mais aussi des passages plus énergiques ouvertement faits pour nous matraquer l’existence alors que nous souffrons déjà de ces sonorités désagréablement enivrantes qui parasitent notre esprit un long moment avant de le libérer sur le break plus doux mais tout aussi sombre. Le son explose à nouveau, puis s’éteint de lui-même, cédant la place à un I Have No Companions assez épuré au début, mais qui conserve ses teintes ténébreuses qui résonnent en quasi-permanence, faisant écho à une voix calme dont le discours peu rassurant se propage tel une menace, bientôt complété par une autre encore plus angoissante qui corrompt la première et l’entraîne vers le fond. Le titre est probablement l’un des plus sinistres du groupe, qui fera d’un coup revenir l’agressivité sur I Have No Tongue et ses tonalités poisseuses nourries à l’atmosphère irrespirable doublée de râles d’angoisse, et bien que le morceau dure à peine la moitié des plus longs, il reste tout aussi punitif. On passe à I Have No Soul qui nous offre un nouveau quart d’heure de noirceur où la violence sporadique nous agresse, nous roulant dessus ou frappant sans prévenir, ajoutant des harmoniques à peine supportables qui invoquent une intensité supplémentaire dans le chant avant de nous accorder un moment de répit. Il ne va évidemment pas durer, revenant à ses touches de Doom occultes pour mieux tisser leur dissonance. Le final orienté Drone va s’embraser de nouveau lorsque I Have No End débute, et bien que le titre soit le plus long de l’album, il est également celui qui est le plus rythmé, avec un débit assez virulent pour nous briser la nuque sans oublier ses passages plus apathiques qui les renforcent, faisant des parties vocales centrales un véritablement moment de douleur palpable avant de revenir à une approche imposante qui se transformera en océan bruitiste.

J’avais oublié à quel point un album de Cult of Occult pouvait être épais et dérangeant. Pour peu que vous aimiez le Sludge, vous serez tout de même surpris par ce mélange brut, dissonant, bruitiste et pourtant parfois savoureux que peut offrir I Have No Name

75/100

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