Review 3238 : Beyond the Styx – DIVID

Beyond the Styx élève à nouveau la voix.

Créé en 2010, le groupe mené actuellement par Emile (chant), Adrien (batterie), Guillaume (guitare), David (guitare) et Yoann (basse) signe chez Innerstrength Records pour la sortie de son nouvel album, DIVID.

Le groupe attaque fort avec Dust Off, titre vindicatif par excellence où apparaît Okan Deniz (I Am Revenge) où cris virulents rencontrent des riffs efficaces à souhaits qui piochent allègrement dans toutes les influences du groupe, mais qui compte également sur les choeurs des musiciens, et qui sera assuré de provoquer mouvements de foule en tout genre lors des lives. L’invité permet de diversifier un peu l’assaut vocal, alors que la rythmique aligne moshpart sur moshpart avec Bystander, le morceau suivant ouvertement dédié à la scène de part sa lourdeur qui brisera plus d’une nuque, et qui ne nous laisse aucun temps mort avant d’enchaîner avec Never Ending War qui ajoute à sa rage pure une touche un peu dissonante grâce à des harmoniques criardes. Un très court sample nous permet de respirer avant que Chaosystem ne vienne nous molester à son tour, continuant de capitaliser sur ses éléments abrasifs pour assurer un assaut continu, tout comme sur Flowerviolence qui revient aux patterns dédiés au two-step en accueillant Delphine du groupe Sisterhood Issues qui va les aider à entretenir la violence brute à bonne allure. Le final ralentit un peu et s’alourdit avant qu’Anyøne ne nous offre une introduction étrangement mélodieuse d’une bonne minute avant de renouer avec le Hardcore belliqueux et les probables mouvements de foule, multipliant les palm-mutes efficaces. On enchaîne sans transition avec Graveyard FS, nouveau titre aux guitares cinglantes qui viennent rythmer la charge que les cinq tourangeaux mènent fièrement, s’autorisant même un court solo de guitare sur le final assez lent, puis la rage revient avec Kiss of the Cobra qui, sans surprise, sera également une nouvelle occasion de remuer tout son corps pendant que les décibels frappent sans ménagement. Le titre n’hésite pas à nous exploser au visage avant de passer à Deadlock V, nouvelle déclaration de guerre sonore aux patterns métalliques à souhaits qui passe comme une lettre à la poste, puis à Storm of Life qui va déjà clore le brûlot de Hardcore sans jamais faiblir, et même si par moments le titre semble ralentir, il s’embrase de nouveau plus intensément par la suite.

Impossible d’échapper à la vindicte de Beyond the Styx ! Si le groupe vous dit forcément quelque chose grâce à sa présence sur la scène hexagonale, il est loin de s’être reposé sur ses lauriers et délivre sur DIVID une performance de haut niveau que l’on a hâte de déguster en live !

85/100

English version?

Quelques questions au chanteur Emile Dupitie et au batteur Adrien Styx du groupe Beyond The Styx à propos de leur nouvel album, DIVID.

Déjà messieurs bonjour et merci d’être là avec moi. La première question va vous casser les couilles : sans utiliser les étiquettes de style comme Hardcore, Crossover et autres sous genre, comment est-ce que vous pourriez décrire Beyond the Styx ?
Emile Duputie (chant) : J’aime bien déjà la question là ! Sans utiliser les étiquettes… Moi, il y a un principe d’authenticité qui, je pense, est important à mettre en avant. Autant, c’est vrai que sur scène… il se passe quelque chose en dehors, autre chose, mais je pense qu’on est authentique autant sur scène qu’en dehors. Il n’y a pas de faux semblant à ce niveau-là. L’authenticité, la sincérité, c’est quelque chose. Et peut-être un peu brut quand même, il faut dire aussi les choses. Autant sur scène qu’en dehors, j’ai le même discours. Pas forcément de manière aussi tranchée, peut-être de manière plus pédagogique en dehors de scène, mais militant.
Adrien Styx (batterie) : Ouais, j’ai sans détour, sans fioriture.

Ça me va très bien ! Et du coup, la deuxième question est moins chiante : pourquoi vous avez choisi ce nom et comment est-ce que vous le relier à la musique que vous faites aujourd’hui?
Emile : Ah le nom a une longue histoire. Moi, je suis un grand fan de mythologie grecque, depuis tout petit, vraiment tout petit, il faut savoir que j’ai dû lire le dictionnaire de la mythologie gréco-romaine, je devais avoir 10 ans, 8-10 ans. Je le reprenais à la bibliothèque toutes les 3 semaines en fait. Donc vraiment, je suis un grand fan des Chevaliers du Zodiaque. Après, je ne pensais pas vraiment en faire un nom de groupe, mais on a un peu brainstormé à l’origine de Beyond the Styx, ce qui faisait pas véritablement du Hardcore à proprement parler au départ. Et moi ce que j’aimais beaucoup, c’est qu’en fait, j’aime beaucoup ce fleuve mythique qui est présent en fait dans tout un tas de religions, pas particulièrement que dans la mythologie gréco-romaine, on le retrouve sous différentes appellations dans tout un tas de religions et je suis quelqu’un… Je ne vais pas faire mon thème astral, mais je suis gémeaux donc je suis quelqu’un d’assez scindé et moi ce ce monde des morts et ce monde des vivants, c’est quelque chose qui m’a toujours particulièrement parlé de par mon histoire aussi parce que malheureusement j’en tire beaucoup trop de chant. Et je me suis dit “ça peut toucher tout à chacun”. Donc Beyond the Styx, c’est un peu né de là, mais “d’aller au-delà” et ce que j’aimais bien dans l’idée d’aller au-delà, c’est en fait on ne sait pas de quel côté de la berge on est, on ne sait pas si on est du côté d’Hadès ou finalement on est du côté des vivants et j’aimais bien ce de contraste qui peut nous laisser penser qu’on est des morts vivants, mais on ne sait pas véritablement de quel côté, on ne sait pas si on va plus vers les limbes ou si finalement on se dirige plus vers la sortie des des enfers. Même si là je pense savoir véritablement dans quelle direction on va l’origine du nom était là, et finalement, malgré les évolutions entre guillemets stylistiques, je trouve que ce nom nous colle toujours terriblement bien à la peau !
Quelque chose à ajouter?
Adrien : Bah non, il a tout dit ! (rires)

En même temps, c’est plutôt explicite en effet. Du coup, votre nouvel album DIVID sort le mois prochain, comment est-ce que vous vous sentez?
Emile : Moi un peu tendu Natacha.
Adrien : Si j’te dis que t’es tendu, t’es tendu !
T’es tendu, tendu comme une crampe !
Adrien : On rentre dans la phase, on est dans la phase où il y a plein de choses à faire en même temps, du coup un peu… je ne vais pas dire débordé, mais débordant, j’ai plein de trucs à faire et je veux faire plein de trucs, donc je dirais débordant, mais en même temps impatient, j’ai aussi envie que les gens l’écoutent, parce que nous, on se l’est pas mal bouffé depuis le début de la compo des titres jusqu’à aujourd’hui, où on a le produit fini. C’est le moment où t’as envie qu’il soit sorti, t’as envie de lâcher le bébé. Pas trop quand même, après tu le secoues un peu trop près du mur, mais c’est pas grave (rires).
Emile : Mais oui, il y a aussi une phase d’excitation, de tension que je tenais à souligner parce que c’est vrai qu’on est un groupe indépendant, on porte beaucoup de choses de nos seuls bras, et c’est vrai qu’il y a rarement d’accouchements qui se font sans douleur comme je disais, et c’est vrai que les contractions, on les sent.

Est-ce que vous avez déjà eu des retours, autres que ceux du label ? Potentiellement des amis, de votre famille?
Adrien : Ca reste un petit peu secret. Autre que le label… mais c’est quand même un label, en fait on a une connaissance amicale au sens large du terme, qui nous a proposé de faire un pressage cassette audio de l’album. Donc ça, c’est en dehors du label. Elle nous avait donné l’accord. Mais lui, il a eu la primeur de pouvoir l’écouter aussi puisqu’il a produit la cassette. Donc on a eu un retour où justement il nous a dit que son titre préféré de l’album, c’était pas du tout un titre qu’on auquel on pensait à la base et puis finalement il y a d’autres gens qui nous ont dit “ah c’est ce titre là qu’on retient”. C’est marrant ! Moi, ma conjointe l’a forcément entendu parce que comme la salle de répète est à la maison, elle vit à côté, elle meurt d’après. Donc elle l’a entendu, subi, elle a entendu les pré-prods, mais elle n’a pas entendu tout le produit fini, complet, parce que quand j’ai fait les, les écoutes, elle n’était pas. Et même, elle aime bien découvrir aussi le jour de la release, enfin du concert, découvrir les morceaux. Donc non, il y a très peu de gens qui l’ont finalement écouté.
Emile : A part les médias, moi j’ai pu partager des versions démo, c’est vrai, mais non très peu, même très bons amis. On aime bien qu’à chaque fois qu’un single sort, il fasse véritablement surprise et que quand l’album sort aussi dans son intégralité, il puisse surprendre, agréablement ou désagréablement, même si je pense que ceux qui nous suivent… J’ai du mal à imaginer qu’ils puissent être désagréablement surpris au vu de la satisfaction en tout cas partagée qu’on a à l’intérieur du groupe, on n’est peut-être pas les plus objectifs qui soient, mais moi à titre comparatif, j’ai jamais autant écouté un album que celui-ci par le passé sans me lasser, parce que c’est vrai qu’avec le temps… Moi pourtant, j’aime pas trop m’entendre, mais là, j’avoue que… Aussi bien pour bosser que pour écouter des détails, je ne me lasse pas, je ne me lasse vraiment pas.

Et comment est-ce que vous pourriez décrire cet album en trois mots seulement ?
Adrien : Tu vas y arriver Émile ou pas?
Emile : Moi, je joue à pyramide, j’aime bien ce jeu, mais pas dans ce sens-là en fait. Ah, ce ne sera peut-être pas les mêmes trois mêmes que toi. Ecorché, puissant et…
C’est toujours le dernier le plus dur.
Adrien : C’est bien, ça me laisse le temps de réfléchir. Vas-y cherche.
Emile : Mon troisième, je dirais… j’arrive pas à trouver, peut-être funèbre ? Je trouve qu’il y a quelque chose, il y a comme une odeur de soufre quand même.
Adrien : Moi, je dirais les mots expérience, organique… J’aime bien les mot expérience, organique et… J’ai pas le bon mot pour décrire ça, je l’ai, en fait, je sais ce que je veux dire, mais j’ai pas j’ai pas le vocabulaire.
On peut dire vocabulaire si tu veux !
Adrien : Dictionnaire, page 23. (rires) Satisfaisant.

Et du coup, comment s’est passé le processus de composition, et est-ce que vous avez remarqué des changements par rapport à l’album précédent?
Adrien : Alors, processus de compos, on a un peu utilisé la même recette qu’on utilisait auparavant. Je parle vraiment dans le processus, pas dans le contenu, à savoir David, le guitariste rythmique arrive avec une idée de riff ou deux, parfois trois, mais généralement quand il arrive avec trois riffs, il y en a un qui dégage. Mais c’est pour donner l’idée, on compose séparément ensemble ou ensemble séparément, je pourrais dire. Il y a des idées qui arrivent, puis on les essaye ensemble. Alors des fois David a déjà une idée rythmique, mais il y a d’autres choses qui se greffent et puis on remodifie le riff, on se dit “il faudrait essayer un peu plus comme ça”, on construit un peu autour, on jam un peu. On cherche une idée rythmique, qu’est-ce qu’on pourrait faire, qu’est-ce qu’on a envie, qu’est-ce que ce riff nous donne envie, si on joue en live, qu’est-ce que ça ferait… enfin plein de questionnements comme ça. Et on met longtemps à composer, mais parce que quand on valide un riff, on valide un riff et on construit comme ça, et puis on repart après, je répète, David recherche des trucs, revient… il y a un peu des allers-retours comme ça qui se font et se défont. Parce que des fois on déconstruit complètement, on avait avancé de trois riffs et puis on revient à trois riffs en disant “non, en fait, c’est autre chose, j’ai une autre idée”, on essaye l’autre idée, on est terrible, mais tout ce qu’on avait fait derrière, ça ne marche plus.
Emile : Je trouve que ça a été long et dur au lancement, mais qu’une fois que c’est parti…
Adrien : C’est un peu toujours pareil. On met toujours un peu de temps à écrire toujours deux trois titres, et après il y a un peu une vague molle tu vois, et puis ça y est, on prend les automatismes et là ça part, c’est la machine. Donc ça dans le processus puis Émile pose déjà sa voix sans avoir forcément de paroles, mais il pose déjà sa voix, essaye des choses rythmiques, commence déjà à avoir des idées, puis t’écris tes paroles une fois que la chanson est quasiment aboutie. Enfin, t’as déjà les idées en tête.
Emile : Parfois non, mais je me dis “on a fait des trucs sur cet album qu’on n’a jamais fait sur les autres où moi je suis là”, moi j’ai écrit en dernier parce que j’aime bien m’investir dans un morceau et j’ai un peu plus de mal peut-être que vous à supprimer des lignes, j’essaie de peser, surtout que sur cet album, j’ai essayé de pas trop écrire, parce que c’est en lien avec ma mémoire.
Adrien : Le prochain album, il va faire deux mots… (rires)
Emile : Disons que c’est vrai qu’il y a des titres où plus ça va, plus j’essaie de faire aussi vivre, laisser vivre la musique pour la musique, de placer le plus justement possible les mots. Enfin, tout ça pour dire qu’il y a eu aussi dans notre procédé, un petit brin de maturité, sans excès. En toute humilité. Et moi je l’ai en tout cas ressenti, du relancement et c’est vrai qu’une fois qu’il est parti, je trouve quand même que le passage en studio, ça a été au-delà d’une mise à jour, parce que je ne soupçonnais pas véritablement… Entre la démo et ce qui est sorti du studio, c’est pas Frankenstein, c’est c’est encore plus monstrueux, c’est un truc qui tenait !
Adrien : C’est là où par contre dans le procédé de composition il y a quelque chose qui ont changé, c’est effectivement l’expérience au studio où Dan a apporté des idées. On a recomposé des choses pendant le studio, il y a un morceau qui a été réécrit à plus de la moitié.
Emile : Et moi j’avais Maître Dan qui prenait la chanson, qui déchirait la feuille… J’avais fait la moitié de la chanson, j’ai mes paroles, je les oublies… des fois moi je les oublies en concert, mais là, je ne suis pas venu pour oublier mes paroles et on a même pris des fois des paroles d’un morceau regreffé sur un autre et c’est vrai que ça fait un peu jouer à Frankenstein, et par contre quand je distancie cette expérience qui a pu être des fois pas toujours simple, je fais “putain oui, merci !”, vraiment c’était un chirurgien ! C’était pas le docteur Frankenstein, c’était bien fait. Ça c’est cool.

Vos deux premiers singles sont Dust Off et Never Ending War qui ont tous les deux un message politique très fort, très engagé. À quel point est-ce que c’est important pour vous de prendre position dans des morceaux?
Emile : Ah, pour moi, c’est indispensable en fait ! À la fin de notre premier album, Leviathanima, on s’est posé une question parce qu’on voulait vraiment aller sur des choses, la mort, on voulait vraiment avoir des titres plus courts, des plus impactant. Et moi dans ce cadre-là, j’ai aussi demandé aux gars si je pouvais écrire de manière moins métaphorique, si je pouvais vraiment pas tortiller du cul pour chier le droit en gros, clairement avoir un message et le tailler, telle autre musique, c’est-à-dire de manière beaucoup plus incisive. Les gars m’ont dit “oui, pas de souci, on te fait confiance”. Et là clairement, moi je continue à y aller et je ne fais pas semblant, mais sauf qu’on n’est plus au néolithique. On a un petit peu avancé, même si Donald tend à nous faire régresser, mais tout ça pour dire que ouais ce message me paraît indispensable. Chaque chanson a véritablement un message et s’il fallait que j’aie un message à chaque fin de chanson sur le titre en question, ben je pourrais le faire, je ferais chier le monde en concert parce que les gens ne viennent pas en conférence, ils viennent en concert, mais si on pouvait, je pourrais en tout cas un jour avoir une discussion sur telle chanson, telle chanson…
Adrien : Je pense que si on a envie d’être engagé, si on a envie de dire des choses et bien il ne faut pas s’interdire de le faire. J’ai eu cette discussion qui qui m’a ouvert les yeux, enfin pas ouvert les yeux mais qui m’a fait réfléchir avec… je suis enseignant avec une élève et qui me disait “aujourd’hui j’ai l’impression que l’art pour qu’il puisse exister, il faut qu’il soit engagé dans dans le monde contemporain dans le dans le 21e siècle, etc”. Et non, l’art n’a pas forcément, enfin tout type d’art, pas que l’art mainstream tout, il a besoin d’avoir un sens et moi du coup ça me dérange un peu, j’en j’ai aussi envie d’avoir des choses réfléchies mais pas forcément tout le temps engagé avec un un message derrière, et je trouvais ça intéressant de se dire “ah oui effectivement, il faut aussi se dire il faut aussi accepter qu’il puisse y avoir une part d’art pas engagé”. Par contre si t’as envie de le faire, ne te retiens pas parce qu’il y a trop d’artistes qui ont des choses à dire, mais par souci de “faudrait pas que je ne sois plus invité sur telle émission de télévision, j’en dis un petit peu puis je me retiens tout de suite”, tu sens que c’est maîtrisé et tabou, et ça par contre pour le coup je trouve ça dommage, donc je pense que c’est important de de d’être engagé si t’as envie d’être engagé. Mais t’es pas obligé, mais moi je le ressens comme ça.

D’accord ! Vous avez deux invités, je vais probablement très mal le prononcer : Okan Deniz d’I Am Revenge, et Delphine de Sisterhood Issue, comment est-ce que vous les avez contactés et invités?
Emile : Pour le coup, on ne voulait pas inviter n’importe qui, parce que comme tu parlais sur la question d’avant, on voulait encore rebondir. En fait, pour moi la musique est une contre-culture et également un contre-pouvoir et j’estime que nous à notre niveau musical, on a tout à fait le droit d’essayer à notre niveau d’être un contre-pouvoir parce que moi j’estime que la musique fédère et peut fédérer en tout cas les foules et qu’à ce niveau-là on peut faire de belles choses grâce à de la musique, en tout cas, il n’y a jamais eu de grande révolution. sans femme et sans musique, ça j’en suis persuadé. Sujet clos. Sur les deux invités, Delphine et Okan. Moi, j’ai tenu à l’inviter, bien sûr en associant les gars, Okan, on s’est rencontré en tournée. On a fait une tournée européenne avec I Am Revenge, et humainement ça collait. Moi artistiquement, c’était quelqu’un que je connaissais avant même de tourner avec lui, parce que j’ai écouté I Am Revenge un petit paquet de fois avant de jouer avec eux. Et ça a été un coup de cœur aussi bien artistique que humain , et donc je lui ai demandé de participer au titre de Dust Off, ça me paraissait presque aller de soi. Je lui ai même demandé d’écrire, de coécrire une partie du titre, parce que lui il m’avait demandé en live de chanter sur un titre qui s’appelle No Alternative d’I Am Revenge, et donc moi je me suis dit “si on devait avoir un autre hymne entre guillemets anti raciste, est-ce que tu voudrais participer ?”. Il m’a dit “mais bien sûr, tu peux compter sur moi”. Donc carte blanche, et je trouve qu’il s’est tout à fait adapté au titre et puis qui de mieux qu’un Allemand issu de l’immigration pour pouvoir partager ce titre ensemble ! C’est un véritable plaisir, et j’espère en tout cas pouvoir le faire vivre en live ensemble parce que bon j’ai espoir de rejouer à Hambourg un jour ! Et puis Delphine, c’est un tout autre titre où là par contre, elle n’a pas participé à l’écriture de Flowerviolence. C’est un titre qui a un message tout aussi grave, l’espérance de vie de notre planète terre et de notre propre responsabilité dans cette espérance de vie limitée, et Adrien, je t’ai posé la question, ça fait plusieurs années qu’on se pose la question, “mais est-ce que tu pourrais pas partager une chanson est-ce que enfin avec une femme mais qui” ? Et c’est toujours la question de “mais qui”, et moi j’ai partagé des karaoké, ça peut faire rire, mais j’ai partagé des karaokés avec Delphine et Delphine fait partie du groupe Sisterhood Issues, qui n’existe plus depuis un paquet de temps, mais qui était un groupe quand même très enfin notable sur notre ville de Tours et qui était en plus un groupe 100 % féminin, ce qui est relativement rare comme dit, à part les Spice Girls j’en connais pas beaucoup qui ait passé les années, et c’est vrai que ce groupe m’avait véritablement interpellé tant en live que en studio et j’ai proposé à Delphine, elle a accepté et c’est vrai que d’emblée – mais ce n’est vrai que pour moi – il y a quelque chose d’assez spontané. C’est peut-être un mot qu’on n’a pas mis en avant pour le pour le groupe, mais moi je pars du principe que si ça colle pas… j’ai pas pour principe d’aller demander à huit personnes “tu veux faire ce feat” si ça doit se faire, ça se fait. Et là, de toute l’histoire du groupe, j’ai demandé à une personne et pas ça a matché direct. Et je me suis dit que c’était véritablement très bon signe. 

Du coup, je voulais rebondir, parce que tout à l’heure, t’as dit que vous étiez un groupe indépendant, mais vous êtes épaulé par le label Innerstrength Records. Comment s’est passée la collaboration?
Adrien : Jason (Jason Curnow, fondateur du label, ndlr) nous suivait sur les réseaux, si je dis pas de bêtises, depuis l’album d’avant, et quand on a lancé le processus, etc… qu’on a eu les premiers pré-prods, on a commencé à démarcher des labels, et ben on lui a proposé puisqu’il nous suivait, enfin tout simplement, ça s’est fait comme ça, il a répondu très rapidement, on était en studio, je crois que le lendemain, on avait une réponse, ça a été très très vite en disant “écoutez les gars les pré prods me plaisent maintenant j’attends le master”. Mais c’était déjà un “je mets un premier coup de tampon”, c’était pas “je verrais au master”, donc on a avancé, on lui a envoyé les les mises à jour, c’était pas le master mais on lui a envoyé les mises à jour du mixage au fur et à mesure; et puis ça l’a fait, ils nous ont envoyé le contrat, on a papoté  business et puis ça s’est fait comme ça. Quand on dit qu’on est indépendant, c’est parce qu’effectivement on a ce label là qui nous apporte le soutien du pressage, mais tout le reste, on fait nous même.
Vous avez la liberté aussi !
Emile : On a une part de liberté. Disons qu’on est on est certainement moins accompagné qu’un groupe signé sur une major ou signé sur un très gros label, quand je dis qu’ on est indépendant, c’est qu’en vérité, on a on a un garage auto, mais qu’on doit collaborer avec tout un tas de personnes pour permettre à notre voiture de rouler. Et sans quoi, ça ne roulerait pas, et c’est vrai qu’à ce niveau-là on ne peut pas compter que sur Innerstrength Records, on ne peut pas compter que sur Jason, on est obligé de compter sur nous et sur notre réseau comme tout un tas de groupes indépendants. Il y a des côtés positifs et il y a des côtés un peu plus tendus.

Concernant l’artwork, qui est quand même vachement travaillé, quelles ont été les guidelines .
Emile : Moi j’avais déjà tout. J’avais quasiment déjà tout en tête. Depuis un moment, j’ai des flashs et j’aime même l’artiste, c’est un Indonésien, il s’appelle Hafiz. C’est ce que j’aime bien dans cet album, c’est que c’est vraiment un album international. On a bossé avec le Bangladesh, on bosse avec l’Indonésie, on bosse avec les États-Unis, on n’a jamais bossé autant à l’international.
Adrien : Pour la cassette, on bosse avec Lille (rires).
Emile : C’est vrai ! On avait eu des pressages cassette qui venaient d’Indonésie, là pour le coup, il vient de France. Du coup Hafiz, moi je lui ai envoyé le projet, ce qui était particulier, c’est que ni lui ni moi ne parlons anglais de naissance. Je ne suis pas très doué en anglais, mais j’ai compris et je ne pense pas qu’il m’en voudra que l’anglais et lui, c’est vraiment pas ça non plus. Et expliquer un concept graphique artistique…
Adrien : A distance !
Emile : Sans parler un mot d’Indonésien, ça a pas toujours été simple, mais moi j’ai toujours eu cette image de l’Avalokiteshvara, c’est cette espèce de figure principalement bouddhiste du Bouddha rédempteur à 1000 bras qui est une figure androgyne. Alors je dis même féminine dans certaines cultures et masculine dans d’autres, mais je m’arrêtais au terme androgyne. Et j’avais cette image là et cette image du coup encore une fois scindée, c’est c’est mon côté encore une fois gémeaux qui s’exprime et je me disais “pourquoi est-ce qu’on ne ferait pas un artwork vraiment face A face B”. On en avait déjà parlé un peu…
Adrien : Non, c’est pas ça l’histoire, c’est encore plus subtil que ça ! T’avais cette idée là de ton côté, et tu m’en parles, je t’ai dit “putain Emile, t’as lu dans mes pensées”, j’avais eu la même idée quelques mois auparavant, je verrais bien un album où le recto et verso, c’est la moitié de l’un et la moitié de l’autre. Et quand il me raconte ça, je lui dis “écoute, j’ai la même idée”. On s’est dit “on a eu la même idée sans s’en parler du tout”, et quand ça a matché avec Hafiz, et avec les gars aussi enfin ça s’est fait comme ça ! Chacun de notre côté, et je suis pas gémeaux ! (rires)
Emile : Et et c’est vrai que je trouve qu’il y a un côté yin/yang dans dans cette pochette assez présent et bref j’en suis particulièrement fier, je trouve qu’il a vraiment fait un travail de fou furieux ! C’est vrai que c’est blindé de détails et j’aime bien, je trouve qu’il y a quelque chose d’assez contemplatif et en même temps drôlement triste. Mais il y a deux trois clins d’oeil, des des choses à droite à gauche. Bon, il y a des choses que je lui ai demandé de potentiellement rectifier, mais c’était vraiment de l’ordre du détail parce que sincèrement ses premiers retours ont été au-delà même de mes espérances !

Du coup, on va passer un petit peu au live moi comme je vous le disais, je vous avais vu à Mennecy. Comment ça se passe pour vous en live?
Emile : C’est-à-dire ?
Dans quel état d’esprit vous montez sur scène, comment est-ce que vous vous dites “OK, là je joue” ?
Emile : Moi, je monte sur une scène comme sur un ring, clairement. Il y a quelque chose d’assez rituel pour ma part. Alors bon, il y a bien sûr toute la balance, le line check et tout ça, mais c’est l’échauffement. Après il y a quelque chose de l’ordre du rituel où j’ai appris aussi avec le temps, à ne pas partir trop vite parce qu’un live, on est plus proche du marathon, même si nous on ne joue pas très longtemps, on est quand même plus proche du marathon que de la course de fond.
Adrien : C’est un marathon sprinté !
Emile : Voilà ! Et en vérité, le plus difficile pour moi, c’est de contenir mon émotion, parce que j’ai beaucoup d’émotions et quand on se fait déborder par l’émotion, véritablement, on peut laisser des points de vie, on peut laisser beaucoup d’oxygène et perdre… en qualité vocale. Et ça j’ai appris avec le temps à essayer de faire plus calme. Mais après, une fois que je suis sur scène, le but, c’est de transmettre le message, après il y a plusieurs moyens de le transmettre, soit j’ai un public qui est pas adhérent et là il y a des chances que les gars me disent “putain Emile, t’as été un peu un porc, t’y es pas allé de main morte”, je peux être provocateur. Après il y en a qui adhèrent et il y en a qui n’adhèrent pas. Une fois ça a vraiment bien marché à Paris (rires). Le message est passé !
Adrien : On s’est fait insulter (rires).
Emile : On a bien vendu et les gens ne sont pas tous partis, mais… il y a ce que je préfère faire vraiment, c’est essayer de… “de transcender la foule”, c’est pas toujours évident, c’est un véritable travail, on a tous notre part à jouer aussi là-dedans, mais je suis conscient que je suis un peu à la baguette, et qu’à ce niveau-là, le moindre mot, le moindre petit pic peut aussi à un moment donné pimenter le débat, pimenter le show et qu’il ne faut pas lâcher le lâcher public pour que cette rencontre, cette danse puisse être opérante. Voilà à peu près mon état d’esprit.
Adrien : Moi le live, je suis entièrement d’accord avec tout ce qu’il dit, parce que c’est pareil il y a plein de choses sur lesquelles on n’est pas d’accord ! Mais on ne va pas rentrer dans les détails, on va se fâcher (rires). Moi par contre, je rajouterai un truc en plus mais qui est de l’ordre du personnel, c’est que je monte sur scène aussi pour… la scène me donne, et c’est pour ça que j’ai dit le mot “satisfaisant” tout à l’heure pour l’album, il y a un truc qui m’anime sur scène qui me plaît en termes de sensation de jeu. C’est-à-dire que quand tu commences à jouer et que t’as le son qui est qui est là sur scène et que t’as ce son ronronnant… t’as un truc qui… je sais pas, c’est physique tu vois !
Sans mauvais jeu de mots : ça résonne ?
Adrien : Ouais, c’est ça, mais ça résonne en moi et il y a vraiment un truc… Mais putain, j’adore ce que je suis en train de faire ! Alors des fois je peux sortir de scène en disant “là j’ai painté, je suis pas content de moi”, mais c’est à côté, le côté sensation de la scène et de la musique, c’est très galvanisant.

On va continuer sur la scène. Vous avez prévu une release party le 9 mai avec Final Shodown, Six Grammes Eight et Scumbags. Comment avez-vous organisé la date?
Adrien : Et Fatal Move !
Ah, je ne l’avais pas celui-là…
Emile : La date, on fait partie d’une association, donc on aurait apprécié de pouvoir associer, sans aucun jugement contre le Nouvel Atrium que d’ailleurs, je remercie grandement. On n’avait pas forcément pensé la chose comme ça, on avait l’habitude de travailler avec une SMAC qui d’ordinaire avait pu nous soutenir par le passé et les emplois du temps des uns et je dirais la mémoire des autres, faisant qu’on a dû un petit peu se retrousser les manches pour pouvoir trouver une salle dans laquelle – moi j’en ai encore entendu parler le week-end dernier en concert où je me rends, il y a une personne il m’a dit “tu sais le truc le plus violent que j’ai vu dans cette salle, c’est Hilight Tribe”.
Ah oui, ça va déménager…
Adrien : Voilà ! Ça va déménager, mais le lieu est complètement okay il n’y a pas de souci là-dessus ! Ça va faire du bien aussi d’utiliser des nouveaux lieux dans la région Tourangelle, et de bousculer un peu tout.
Emile : Exactement ! Donc on a un réseau de partenaires et un réseau associatif en étant nous-mêmes membres d’une association qui font qu’on peut se permettre et aussi qu’on a la confiance de salles à qui on dit “nous on vous ramène un projet à cinq groupes, c’est presque un festival. Et on vous assure que ça va rouler, et on va faire le nécessaire pour que ça roule”.
Adrien : Pour l’affiche, des groupes de Tours qui font leurs dernier concert.
Emile : Ouais, on a deux groupes qui font leur concert d’adieu.
Adrien : Six Grammes Eight , c’est parce que ce sont aussi des gens qui nous ont fait jouer, qu’on a fait jouer…
Emile : Et dont certains sont des amis.
Adrien : Oui, donc qu’on connaît depuis plus long terme etc… donc quand on se dit “à qui on pense aussi” ? On se dit “ouais, ça paraît cohérent”. Enfin, je l’ai proposé à l’asso, ce nom-là et puis bon, c’était banco. Fatal Move pareil, on a tourné avec eux, on a fait quelques dates avec eux. Donc ça a été un peu un truc de…
Une réunion de copains donc ?
Emile : Pas que, parce que je trouve qu’il y a des groupes enfin qui ont quand même bien évolué, qui tirent leur épingle du jeu, je pense à Six Grammes Eight et Fatal Move et puis oui les copains, c’est vrai que Scumbags attendaient véritablement depuis un moment notre release pour faire leur dernier concert. Donc c’est bien, on fait baptême et enterrement en même temps, donc deux salles deux ambiance (rires). C’est vrai, et Final Showdown, ce n’était pas prévu à la base que ça soit leur dernier concert, mais le groupe part sur de… j’ai pas envie de spoiler mais part sur de nouvelles choses et c’est vrai que je dis “écoutez tant qu’à faire, autant marquer le coup ! Parce que nous avec l’association, on était là pour votre release, autant marquer le coup et clore le chapitre comme il se doit”. On ne fait déjà pas de la musique je dirais véritablement mise en avant, si au moins on peut mettre en avant le premier et le dernier concert, c’est c’est déjà ça !

Une question un petit peu plus générique, c’est quoi vos projets pour après la sortie de l’album, après la release party?
Adrien : Tourner l’album ! Le tourner, le défendre, enchaîner les dates…
Emile : Le vendre.
Adrien : Et pas qu’en Europe, continuer à aller se confronter à d’autres pays qui n’ont pas le même regard sur la musique extrême. Ça fait du bien aussi de rencontrer d’autres personnes, voir d’autres lieux. Ce sont de chouettes expériences, donc moi je dirai ça et je vais remettre le même mot, mais continuer l’expérience de l’aventure Beyond, faire vivre l’album.
Emile : Ouais, faire vivre l’album, je trouve que c’est assez bien résumé la chose. Et puis rencontrer de nouvelles personnes également, quand tu disais aller à l’étranger, c’est se tester, se mettre en difficulté, se challenger. Je crois que c’est le terme, parce que je sais que tout le monde n’aime pas ça dans le groupe, c’est beaucoup plus facile de jouer devant un public acquis à sa cause. Moi j’aime bien aussi, j’ai plus de satisfaction pour reprendre le terme d’Adrien après un concert où clairement, je n’ai pas attendu et où ça c’est hyper bien passé. qu’un concert où on était attendus et où ça s’est moyennement bien passé. Pour moi la la vraie satisfaction, je crois qu’elle est quand je sens qu’on a acquis ensemble un public à notre cause et qu’on reviendra mettre une seconde pièce parce que ce qui s’est passé ce jour-là à cet endroit, à ce moment, les gens vont parler autour d’eux et auront envie de le repartager ici ou ailleurs. Mais il y a toujours ça, l’idée de vraiment rencontrer, fédérer. Ça, c’est quelque chose d’important.

Du coup, je vais encore vous casser les couilles avec ma dernière question !
Emile : Vas-y, casse-nous les couilles, on est là pour ça !
Non mais t’es pas prêt ! À quel plat est-ce que vous pourriez comparer la musique de Beyond the Styx ? J’avais dit que vous n’étiez pas prêts !
Adrien : Ca va, c’est cool, ça casse pas les couilles, il faut juste réfléchir ! Quel plat… Je dirais un, un bo-bun. Faut que j’explique ? Parce que il y a plein de choses différentes, il y a du croquant, du moelleux, de la sauce, du piquant… il y a plein de choses, ce qui fait que tu peux avoir une énorme assiette et tu manges tout quand même.
Alors par contre là je suis vraiment très curieux de savoir à quel instrument tu compares la sauce !
Adrien : A quel instrument je compare la sauce ?
Là, je te casse les couilles !
Adrien : Non, en fait, il n’y a pas forcément un instrument pour la sauce, je dirais que si t’enlèves la sauce du bo-bun, c’est cool, mais c’est une salade de crudité. Je vais le dire comme ça. Il le faut, mais ce n’est pas forcément un instrument.
La petite touche.
Adrien : Ouais, je mettrai ça comme ça. Mais pour le côté où il y a plein de choses et c’est cool !
Emile : Moi, j’aurais pensé plutôt aux mezzé, parce qu’au final, ça finit au même endroit, même si ça ne part pas du même endroit. Et puis aussi pour… les effets indésirables ! (rires)
Ça va devenir philosophique… (rires)
Emile : Non, le hoummous ça fait péter !
Adrien : Pas de philo là dedans ! (rires)
Emile : Et disons qu’il y a ce qui se passe pendant le concert, et il y en a qui envoient des messages après en disant “ouais putain, j’ai pris un coup dans la gueule, j’ai fait n’importe quoi” et tout ça. Et c’est dans cet esprit là un peu. “ah ouais, c’était vraiment bon le hoummous hier soir, mais par contre j’ai pourri l’ambiance au repas de famille…”, je fais “ah ouais d’accord” (rires). C’est plutôt dans cet aspect là, et par contre je rejoins tout à fait Adrien dans l’aspect mélange, mélange des goûts, des saveurs, des textures. C’est marrant de parler gastronomie… enfin pas trop, ça va me refiler la datte !
Adrien : Vous remarquerez qu’on n’a pas du tout utilisé de plats français.
Emile : Ouais, c’est vrai, mais en même temps, c’est comme ça, la France aussi, c’est un carrefour.
Adrien : Tu penses que si David (guitariste rythmique) avait été là, il aurait dit un buffet à volonté.
Emile : Mais il aurait fait une razzia, c’est ça le problème, c’est une catastrophe !

Du coup, c’était ma dernière question, je vous laisse le mot de la fin, et je vous remercie !
Emile : Moi le mot de la fin, c’est toujours le même, moi je remercie, je suis très gratifiant… ça se dit ? Enfin, je remercie en tout cas…
Adrien : Ouais, prends des mots plus simples (rires).
Emile : Je remercie en fait tout simplement toutes celles et ceux qui nous font confiance, ça va de la programmation, aux médias, au public, l’humilité fait partie de mes valeurs et comme je dis, on n’est pas grand chose, mais en tout cas merci aux gens de nous permettre de devenir, d’essayer de devenir quelque chose et à notre petit niveau, d’essayer de bouger des petites choses, mais c’est en bougeant des petites choses que un jour peut-être des grandes choses se passeront. Je tiens vraiment à remercier toutes celles et ceux qui nous permettent d’être, et d’exprimer l’ensemble de notre art, parce que sans elles, et sans leur confiance, on ne serait pas grand-chose. Et je pense qu’on vivrait beaucoup plus mal ce que l’on vit et supporte déjà sur cette planète.
Adrien : Je rajouterai de continuer à soutenir le local, quel qu’il soit. Pas que la musique, mais continuez à soutenir des choses qui font votre quotidien, et donc dans la musique aussi. Les petites scènes, les moyennes scènes, les grosses scènes, mais il faut vivre et sortir de chez soi ! On peut rester chez soi aussi hein, mais juste continuer à vivre.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.