
Sortez les pics à glace, Frozen Soul est de retour.
Près de trois ans après sa dernière oeuvre, le groupe texan composé de Chad Green (chant), Samantha Mobley (basse), Michael Munday (guitare), Matt Dennard (batterie) et Chris Bonner (guitare) dévoile son troisième album, No Place of Warmth, en collaboration avec Century Media.
L’album s’ouvre avec No Place of Warmth, le titre éponyme, et son introduction assez angoissante façon slasher des années 80 avant que les premiers riffs n’arrivent pour nous rappeler à quel point le Death Old School teinté de Hardcore du groupe est violent. Les leads apportent la touche plus majestueuse, mais la vraie surprise viendra des parties vocales Black Metal de Gerard Way (My Chemical Romance) qui accompagne les rugissements de Chad Green avant de rejoindre Invoke War, composition suivante axée elle aussi sur une efficacité brutale et directe. Les riffs sont simples mais écrasants, jouant sur les accélérations maîtrisées avant d’accueillir Robb Flynn (Machine Head) qui vient renforcer les rangs du groupe pour la moshpart finale suivie par la courte et maintenant assez politisée Absolute Zero. Une minute à peine de son écrasant qui frappe aussi fort qu’une matraque, puis on passe à la massive Dreadnought où le groupe nous roule dessus en compagnie de Devin Swank (Sanguisugabogg) qui en profite pour rajouter une couche à ce morceau lent mais dévastateur. On accélère le pas avec Chaos Will Reign, titre qui profite ouvertement des racines Hardcore pour instaurer un groove menaçant, plaçant une double pédale quasi-continue pendant que la rythmique nous donne envie de nous fracasser la nuque alors qu’Eyes of Despair revient à une approche plus vive et plus agressive. Sans surprise, le titre nous donne tout autant envie de headbanguer, profitant des breaks pour mosher, mais nous allons aussi savourer le moment de répit que nous offre Ethereal Dreams, bien qu’il soit tout de même assez inquiétant. La violence refera bien entendu surface à bonne allure, profitant d’un bon rythme pour nous tenir en haleine, puis une voix samplée nous attend sur Skinned by the Wind, suivie de riffs lents et gras au possible, mais le titre est très court et cède vite sa place à DEATHWEAVER qui nous explose littéralement en pleine face. On sent parfaitement tout le poids de la rythmique qui nous moleste à chaque note, repartant toujours plus fort avant de nous lâcher sur Frost Forged qui prend plus ou moins la même approche et frappe en permanence jusqu’au final plus lent et encore plus étouffant. La fin de l’album se dessine déjà avec Killin Time (Until its Time to Kill), onzième et dernière composition qui nous relance à toute allure et profite sans ménagement des influences Old School furieuses pour nous offrir de quoi remuer une dernière fois et profiter des vagues d’agressivité continues jusqu’au tout dernier moment.
Avec ce troisième album à son actif, Frozen Soul s’impose comme l’une des nouvelles figures majeures du Death Metal Old School. J’ai toujours été très friand de ce genre brutal et sans compromis, mais il faut avouer que No Place of Warmth frappe très fort, et met la barre très haut pour la suite !
95/100
Quelques questions à Chad Green, chanteur du groupe de Death Metal texan Frozen Soul, à propos de la sortie de leur nouvel album, No Place of Warmth.
Bonjour et tout d’abord, merci beaucoup de prendre le temps de discuter avec moi. Comment vas-tu ?
Chad Green (chant) : Je me sens plutôt bien, mec. Et toi, comment vas-tu ?
Je vais bien aussi !
Chad : Génial.
La première question est déjà difficile : comment décrirais-tu la musique de Frozen Soul sans utiliser le mot “Death Metal” ni aucun autre terme lié au Metal ?
Chad : Une agressivité positive.
C’est génial ! Tu te souviens pourquoi vous avez choisi le nom Frozen Soul à la création du groupe et comment tu le relies encore à la musique du groupe aujourd’hui ?
Chad : Ouais, Michael (Michael Munday, guitariste, ndlr) et moi, on essayait de trouver un nom qui soit différent, tu vois. On ne voulait pas choisir un nom qui… Quand tu l’entends, tu te dis “c’est un groupe de Death Metal”, ou “c’est ce genre de groupe”. On voulait un nom différent de celui des autres groupes, et il y a plein de noms qui sont vraiment agressifs et tout ça, mais on n’est pas des gens super agressifs. On est des gamers et on est souvent confrontés à la dépression et à des trucs dont on parle pas beaucoup, donc on tombait sur des choses différentes, on essayait de trouver des idées différentes, et on a toujours aimé les paroles de Trapped Under Ice de Metallica où ça dit “frozen soul, frozen down to the core”, et ça nous est resté. Tu vois ce que je veux dire ? C’était très différent. Ça nous a donné une impression différente, puis on est tombés sur cette démo d’un groupe appelé Mezzrow, qui s’appelait Frozen Soul ; c’était très à la Slayer, très à la Metallica, mais en associant les deux, on s’est dit : “OK, c’est un signe !”. Et on a juste choisi ce nom parce que ça ne ressemblait pas vraiment à un nom de groupe de Death Metal. Et on a eu l’impression que ça pourrait être un peu différent, nous permettre de nous démarquer.
Je comprends tout à fait. Frozen Soul va donc bientôt sortir son troisième album, intitulé No Place of Warmth. Qu’en penses-tu ?
Chad : Oh, eh bien, de mon point de vue, c’est le meilleur album qu’on ait jamais écrit. Je suis vraiment enthousiaste et fier de ce résultat. J’ai hâte que tout le monde puisse écouter l’album en entier. On a bossé super dur dessus et on n’a pas eu beaucoup de temps pour l’écrire et l’enregistrer. Compte tenu de tout ça et de la pression qu’on ressentait, je pense que c’était la bonne combinaison d’éléments pour vraiment nous motiver, et on est sortis du studio avec un album qu’on adore. Donc je suis super content. J’ai vraiment l’impression que c’est la meilleure étape de notre évolution jusqu’à présent.
Je suis tout à fait d’accord avec toi. Alors, question suivante : comment résumerais-tu l’identité de No Place of Warmth en seulement trois mots ? Je sais que c’est difficile.
Chad : J’en ai quatre.
C’est bon !
Chad : Droit au but (“straight to the point” en anglais), ndlr.
D’accord, je suis tout à fait d’accord. Donc, No Place of Warmth sort près de trois ans après le précédent album, pour lequel vous avez fait une putain de tournée. Avez-vous remarqué des changements dans le processus de composition ?
Chad : Ouais. Le fait de tourner autant et de ne pas vraiment se concentrer sur l’écriture musicale à cause de… La fatigue d’être tout le temps sur la route et de passer très peu de temps à la maison… C’est dur de se mettre dans le bon état d’esprit pour écrire, donc on n’avait pas beaucoup de matériel prêt. Je pense donc que quand on est allés en studio, on avait quelques objectifs principaux en tête, et l’un d’entre eux était de faire de notre mieux pour transmettre sur l’album l’énergie qu’on dégage en live. Et je pense vraiment qu’on a fait du mieux qu’on pouvait, parce que si on compare avec les autres albums, celui-ci est beaucoup plus dynamique. Le son est beaucoup plus ample, mais il garde quand même cette ambiance Old School avec de la réverbération de temps en temps. Mais oui, c’était l’aspect principal de la composition sur lequel nous voulions nous concentrer : comment faire un album qui soit à la hauteur des deux précédents, alors que lorsque nous les avions terminés, nous pensions que c’étaient les meilleurs albums que nous pouvions faire. Alors, comment faire mieux que ça ? Nous avons commencé à regarder les commentaires et tout ça, et nous avions entendu des amis et lu dans les sections de commentaires, par exemple quand quelqu’un disait qu’il ne nous aimait pas ou autre. Il y avait des gens qui intervenaient et disaient… “vous devriez voir ce groupe en concert quand même”. On a donc pris ça comme une critique constructive et on a vraiment décidé de se concentrer sur ce qui fait de nous Frozen Soul. Et ce qui fait vraiment de nous Frozen Soul, c’est l’aspect ludique et la nature positive de cette musique agressive, ainsi que l’impression d’explosivité et de puissance qu’on ressent en concert. On a donc simplement fait de notre mieux pour intégrer ça dans la composition globale de l’album.
Je suis tout à fait d’accord avec toi. C’est très direct et c’est vraiment cool en live aussi ! Alors, question suivante : le son de Frozen Soul est bien sûr ancré dans le Death Metal Old School, comme tu l’as dit, et même dans certaines racines Hardcore, et même si j’ai personnellement une idée de ce que tu vas répondre, quels groupes citerais-tu comme tes principales influences personnelles ?
Chad : Nos principales influences ? Des groupes ? On essaie de ne pas se cantonner à une seule chose. On essaie vraiment d’intégrer tout ce qu’on aime vraiment dans tout ce qu’on fait, mais je dirais évidemment que Bolt Thrower est une énorme influence, c’est celle que tout le monde peut entendre parce que c’est mon groupe de Death Metal préféré. Et puis il y a des groupes comme Obituary et Cannibal Corpse, et du côté suédois, des groupes comme Entombed et Dismember, et des trucs dont Michael est un grand fan. Mais il y a aussi du Hardcore et du Punk. Par exemple, Chris (Chris Bonner, guitariste, ndlr) est fortement influencé par Burning Spirit, un groupe de Punk/Hardcore. Des groupes comme Judgment et Deathside, et d’autres du même genre. Et moi, je m’inspire beaucoup de la scène Hardcore new-yorkaise, comme Marauder et Cro-Mags, et d’autres groupes de ce genre. Donc nos influences couvrent un peu tous les horizons.
Tu as mentionné sur Instagram que tu étais vraiment fier de la chanson Invoke War, sur laquelle tu accueilles Rob Flynn de Machine Head. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette chanson ?
Chad : Oui, c’est une chanson vraiment importante. Elle a connu plusieurs versions différentes, et la version finale n’est certainement pas celle avec laquelle on a commencé. Mais c’est une suite de la chanson Arsenal of War, tirée de l’album Glacial Domination. Et je dirais qu’elle résume en quelque sorte toute la philosophie de notre groupe. En tant que personnes, nous grandissons et apprenons constamment, en essayant de nous adapter à de nouvelles expériences et à ce genre de choses. Et, tu sais, dans la vie, on est confronté à beaucoup de choses qui changent notre vie, pour le meilleur ou pour le pire. On a vécu pas mal de choses de ce genre au cours des trois dernières années de tournée et tout ça. On a eu des opportunités vraiment géniales, mais on a aussi connu des pertes dans nos familles et des moments où on n’était pas autant à la maison qu’on l’aurait souhaité parfois, et Arsenal of War… Et la plupart de Glacial Domination, on l’a écrit juste après le décès de mon frère. C’était donc une période très difficile. Et je pense que tout a en quelque sorte changé, du moins pour moi après ce moment-là. J’ai donc du mal à écrire de la musique juste pour être brutal ou juste pour être dur ou, tu sais, juste pour… Je ne sais pas, juste écrire du Metal pour le plaisir d’écrire du Metal. C’est difficile pour moi de faire ça maintenant. Quand on a commencé Frozen Soul, on avait des moments où les chansons avaient des nuances sombres, avec de la dépression et tout ça, mais ce n’était pas… C’était surtout juste pour s’amuser. Mais ensuite, à mesure que les choses se passent et qu’on vieillit, la vie devient plus dure, les pertes nous affectent davantage, on change en tant que personne et c’est plus difficile de ne pas exprimer ça dans ce qu’on fait. Du coup, le dernier album tournait entièrement autour de ça, et celui-ci a commencé par être, disons, clairement direct et puissant, juste destiné à s’amuser. Mais ensuite, je me suis retrouvé à penser sans arrêt à mon frère, à mon grand-père, à la mère de Chris, aux personnes qu’on a perdues, et à tout ce qu’on a sacrifié pour ce groupe, et à tout ce qu’on continue de sacrifier pour ce groupe. Et je pense qu’en écrivant cette chanson en particulier, ça a touché une corde sensible chez moi… J’étais tellement en colère contre la façon dont les choses s’étaient passées, avec la mort de mon frère. Ça m’a rendu fou de rage, rempli de haine, de reproches, et tu sais, ce sentiment de désespoir. De ne pas pouvoir aider. Et donc je pense qu’avec cette chanson, c’est devenu plus une sorte d’arme, une façon de transformer cette douleur en arme.
Tu avais donc besoin d’une sorte de catharsis ?
Chad : Exactement. Et avec Arsenal, c’était plus une façon de me rappeler : “D’accord, cette personne est peut-être partie ou peu importe, mais tu peux toujours la garder avec toi”. Et celle-ci, c’était plus ou moins ma rage, donc la chanson parle du sentiment de responsabilité que j’éprouve face à la mort de mon frère. Mais elle est aussi dirigée vers l’intérieur, vers cette partie de moi qui me retient, qui m’empêche d’être heureux et d’aller de l’avant, ainsi que vers la culpabilité et les regrets de ne pas avoir passé plus de temps avec lui, de l’avoir pris pour acquis en tant que frère, et des choses comme ça. C’est donc une chanson qui se présente comme très agressive, mais c’est en réalité une véritable bataille intérieure, et la manière dont il faut détruire le doute et la négativité. Parfois, on a l’impression de mener une guerre brutale contre soi-même, tu vois, ce qu’au bout du compte, on finit par devoir faire la plupart du temps. Avec Rob, moi et mes frères, la plupart des membres de notre groupe sont de grands fans de Machine Head et j’ai personnellement piraté Davidian, je ne compte même plus le nombre de fois. Et c’est comme rencontrer Jared (Jared MacEachern, bassiste, ndlr) de Machine Head et faire la fête, rencontrer Rob aussi et qu’on nous présente à lui et faire la fête, passer un bon moment… on essaie toujours d’inclure dans nos albums des gens qu’on apprécie, qu’on admire ou avec qui on est amis. Et naturellement, on a quelques riffs sur cet album qui sont assez puissants, comme à l’époque de Burn My Eyes. Je suppose que c’était tout naturel pour nous de le contacter et de lui dire : “Hé, ça te dit de faire ça ?”. Une fois qu’on a pris contact et qu’on a eu une bonne conversation au téléphone, on s’est rendu compte qu’on avait beaucoup plus en commun sur le sujet qu’on ne l’aurait cru. On a donc tous les deux traversé pas mal de choses et vécu des situations familiales similaires, alors il s’est vraiment approprié la chanson, en a pris la responsabilité, a écrit toutes les paroles, y a mis tout son cœur et a tenu à apparaître dans le clip et tout le reste. C’était donc vraiment, vraiment génial, on a super bien bossé ensemble, et ouais, on est ravis de cette chanson.
Alors, Invoke War est ta chanson préférée de l’album ?
Chad : Je ne dirais pas que c’est ma chanson préférée de l’album. C’est sans aucun doute l’une de mes chansons préférées de l’album, ça c’est sûr.
Il y a deux autres invités sur No Place on Warmth. Devin Swank de Sanguisugabogg, et Gerard Way de My Chemical Romance. Même si Devin est évidemment un excellent choix pour le Death Metal, c’était vraiment inattendu d’entendre Gerard Way se déchaîner. Comment toutes ces collaborations se sont-elles mises en place ?
Chad : Eh bien, avec Devin, on est amis depuis longtemps. Nos groupes ont en quelque sorte émergé en même temps et ça faisait un moment qu’on voulait que Devin participe à une chanson, mais on n’avait pas vraiment de morceau qui, selon nous, rendrait justice à son style jusqu’à cet album. On s’est dit de cette chanson : “OK, Devin peut chanter là-dessus, il va tout déchirer”. Donc oui, ça a été facile. Je l’ai juste contacté, on est amis. Je l’ai donc contacté et il m’a répondu : “Ouais, d’accord, on le fait”. Et puis, pour Gerard, on l’a rencontré il y a quelques années quand on a été invités à le voir jouer à Dallas lors d’un grand concert dans une arène. On a pu le rencontrer, il était vraiment cool, et son garde du corps m’a donné son numéro, et on a échangé nos numéros. On est restés en contact, on a parlé de nos centres d’intérêt communs et de choses comme ça. Pour faire court, il est venu nous voir quand on jouait avec Napalm Death à LA, on est restés en contact, mais pas tous les jours. Et puis on finissait l’album et c’était un peu une blague en quelque sorte, je ne pensais pas vraiment qu’un gars aussi talentueux et occupé que lui accepterait de chanter sur notre petit album de Death Metal, mais quand je lui ai envoyé un texto pour lui demander, il était tout à fait partant. Et il a été super cool, il ne nous a pas fait payer ni rien. Donc ouais, c’était vraiment cool. On a enregistré plein de trucs en plus pour ça et il était carrément partant. En fait, il voulait être dans le clip, mais on avait notre planning pour le tournage et comme il était en Amérique du Sud, je pense que ça ne collait pas vraiment, donc on n’a finalement pas pu l’avoir dans le clip.
Penses-tu que tu t’es personnellement amélioré en tant que chanteur avec ce nouvel album ?
Chad : Oui, je le pense. Je n’ai pas vraiment été fier de moi au niveau du chant, j’ai l’impression de ne pas vraiment savoir ce que je fais, tu vois. Beaucoup de gars ont des techniques de dingue et arrivent à faire des sons complètement fous, alors que moi, j’ai vraiment l’impression de me ruiner la gorge à chaque fois que je monte sur scène. J’ai mal et je ne sais pas ce que je fais. Et peu importe les efforts que je fais, je n’arrive pas à comprendre comment ça marche. Du coup, sur cet album, j’ai vraiment essayé de faire des choses différentes. Et j’ai ma gamme. Je sais comment faire, mais je pense que compte tenu de ce que je sais faire, j’ai vraiment essayé de ne pas tout faire de manière monotone, de porter un peu ma voix avec les notes de guitare, je ne faisais pas vraiment ça avant, j’ai juste essayé d’être globalement un chanteur un peu plus dynamique.
Donc ouais, juste crier et suivre des trucs ?
Chad : Ouais.
Frozen Soul vient de rentrer d’une tournée européenne avec, euh, Heaven Shall Burn, The Halo Effect et The Black Dahlia Murder. Comment s’est passée cette tournée pour vous ?
Chad : Oh, c’était génial ! On adore aller en Europe et c’était vraiment cool de jouer devant des salles aussi grandes. On ne se rendait pas vraiment compte de l’importance de Heaven Shall Burn en Europe. C’est un groupe énorme.
C’est un groupe énorme parce qu’ils sont allemands, donc c’est bien sûr européens.
Chad : Ouais, c’est comme s’ils avaient une fanbase incroyable et il y avait très peu de gens là-bas qui savaient qui on était. Et on a déjà fait des têtes d’affiche et tout ça là-bas, mais rien de comparable. Donc, c’était génial. Tout le monde s’est bien amusé et je pense qu’on s’est fait beaucoup de nouveaux fans là-bas, donc c’était super !
J’étais au concert de Paris en tant que photographe, tu as peut-être des souvenirs particuliers de ce concert ? (galerie photo)
Chad : Notre journée de repos à Paris était plutôt géniale. Je dirais que le concert de Paris était très énergique, même s’il n’y avait pas une foule immense. C’était un super moment. Tout le monde semblait vraiment apprécier notre set et on a reçu plein de compliments, par exemple au stand de merchandising, donc c’était génial. Mais oui, on a pu se balader, manger, aller à la salle de sport et tout ça à Paris. C’est plutôt cool de pouvoir traîner là-bas pendant une journée, la veille de notre concert… Pas la veille, deux jours avant notre concert, parce qu’on avait un jour de repos et qu’ensuite on jouait à Lyon, en France, donc on a eu une petite journée de repos à Paris. C’était génial.
Le groupe s’apprête donc aussi à partir en tournée aux États-Unis avec Avatar pour Fleshgod Apocalypse. Qu’en penses-tu et comment t’es-tu préparé pour la tournée ?
Chad : Rien que le fait d’être en tournée, on est déjà bien calés, parce qu’on vit ça… depuis 10 jours ou quelque chose comme ça. Donc, en gros, on est déjà un peu pris par la dernière tournée, mais on est super excités. C’est comme une autre tournée où personne ne va savoir qui on est, ce qui est génial. On essaie d’atteindre de nouveaux publics sans abandonner ceux qu’on a déjà, mais juste de s’étendre et de montrer, de donner à d’autres personnes la chance de voir un groupe comme nous jouer, et on est super excités. On a d’ailleurs rencontré certains des gars d’Avatar en Europe. On a joué dans la même salle qu’eux, mais on avait un jour de repos la veille de notre concert, et eux jouaient dans cette même salle. On a donc pu discuter avec quelques-uns d’entre eux, et ils ont l’air d’être des gars super sympas. J’ai donc très hâte de passer plus de temps avec eux, mais bon, on n’a pas beaucoup de temps à la maison, mais moi et notre batteur Matt (Matt Dennard, ndlr), on s’entraîne assez intensément. On est à la salle de sport presque tous les jours, donc on essaie de rester en forme autant que possible pour être prêts pour ces tournées et tout ça, on travaille dur sur nous-mêmes pour être prêts.
Comment avez-vous construit l’identité visuelle du groupe autour de thèmes comme la glace, le pied de micro en chaîne sur les produits BC Rich ?
Chad : On fait juste ce qu’on trouve cool et ce qu’on aime… Tous les membres du groupe aiment les bons concerts. On aime les films, on aime le côté théâtral des choses, donc naturellement, quand on va voir un groupe jouer, on est toujours plus enthousiastes s’ils font un concert vraiment cool, avec des accessoires de scène et tout ça. Du coup, on a juste commencé à faire des trucs qu’on trouvait cool, et on s’est retrouvés avec ce thème parce que, vu qu’on a le mot “frozen” dans notre nom, on serait bêtes de ne pas en tirer un peu parti, mais ouais, je fabrique nos accessoires de scène et des trucs comme ça. C’est juste une autre façon d’aimer ce qu’on fait !
Et j’ai aussi remarqué qu’il y a des affiches de films d’horreur derrière toi, tu es fan d’horreur ?
Chad : Oui, je le suis. Je dirais que je ne vis pas et ne meurs pas pour les films d’horreur, mais j’en suis un grand fan. Je les adore.
Quand la chanson Absolute Zero est sortie, vous en avez profité pour intégrer les messages “fuck ice” et “icebreaker” dans le clip. C’est bien sûr tout à fait cohérent avec la chanson, mais c’est aussi un message politique aux États-Unis. Était-ce important pour vous, en tant que groupe, d’affirmer clairement vos opinions politiques ?
Chad : Oui, on devait le faire. On avait vraiment l’impression qu’il était temps pour nous de prendre la parole. On a beaucoup d’amis et de proches qui traversent des moments difficiles à cause de ce qui se passe ici. Et en plus de ça, on a un groupe sur Facebook, un peu comme un groupe de fans, que quelqu’un a créé pour nous, et où quelqu’un collectait des fonds pour sa famille ou ses amis touchés par l’ICE et le climat qui règne dans notre pays, et ces gens se faisaient un peu descendre par les autres. On a donc dû prendre la parole pour qu’ils la ferment et dire : “ce n’est pas le genre de groupe qu’on est”. On n’est pas ça. Si quelqu’un a besoin d’aide, on est un groupe qui prône l’amitié, la famille et le plaisir ; on n’est pas un lieu de haine, pas du tout. Ce n’est pas qui on est en tant que personnes. Ce n’est pas ce qu’on défend. On est pour l’amour et la protection, et on a juste dû faire connaître notre position parce que dans le Metal, tu sais, il y a une ligne où certaines personnes n’aiment pas la politique, ne veulent pas s’impliquer dans ces choses-là. Et pour être honnête, peu importe que tu aimes la politique ou pas. La politique fait partie de la vie de tout le monde parce qu’on doit survivre et vivre dans le pays où l’on se trouve, où les choses nous affectent au quotidien. Et si tu regardes tous les meilleurs groupes de metal, ils ont tous quelque chose de politique à dire. Comme tout le monde, le Metal, le Hardcore et le Punk, c’est une contre-culture, c’est une question de se lever et de ne pas se taire, de défendre quelque chose. On a senti que c’était le bon moment pour le faire, mais on ne voulait pas non plus lier ça à l’album, genre lancer notre précommande et tout ça en même temps, parce que ce n’était pas de ça qu’il s’agissait, donc on a attendu pour le faire un peu plus tard et tout ça. Mais ouais, c’était pour le moins intéressant parce qu’on a reçu des tonnes de haine, mais on a aussi eu des tonnes de soutien et tout ça, donc c’était cool de faire savoir aux fans où on se situait.
Je suis tout à fait d’accord. Alors question suivante, tu as peut-être entendu parler de la scène metal française, y a-t-il des groupes que tu connais et que tu aimes ?
Chad : Non, je sais qu’il y a un groupe qui me vient à l’esprit, mais je n’y arrive pas. Je les écoutais il y a quelques mois et je ne me souviens plus de leur nom pour l’instant. Désolé, je ne suis pas en grande forme. Je suis un peu malade depuis quelques jours. Mes allergies et tout ça me rendent dingue. Ça ne me vient pas spontanément à l’esprit pour l’instant !
C’est pas grave, t’en fais pas ! Y a-t-il des groupes avec lesquels tu aimerais jouer ?
Chad: Ouais, Metallica ! Honnêtement, j’y pense plus vraiment. Je veux jouer avec tout le monde, on est partants pour jouer avec n’importe qui. On a pas de line-up de rêve ou quoi que ce soit, juste avec nos potes, les groupes de nos potes. Sanguisugabogg, 200 Stab Wounds, Tribal Gaze, Creeping Death, Devourment, tous ces groupes qu’on adore, tous ceux avec qui on a tourné et tout ça… Je pourrais jouer sans fin avec eux ! Et j’en serais super content, putain !
Je suis tout à fait d’accord, c’est vraiment important de jouer avec des amis ! Bon, dernière question, un peu marrante : à quel plat comparerais-tu Frozen Soul ?
Chad : Je dirais un énorme pot de glace Blue Bell (marque américaine qui fabrique et vend de la glace, ndlr).
C’est inattendu, mais j’adore cette réponse ! Bon, j’avais dit que c’était ma dernière question, alors merci beaucoup pour ton temps, c’est à toi de conclure, mec !
Chad : Merci beaucoup pour cette interview, mec. Passe une bonne soirée, à plus !